A tous les membres du Comité des droits humains et syndicaux
A tous les Secrétariats professionnels internationaux
A d’autres organisations intéressées

Prière de citer dans la réponse: HTUR 1/2000



De: Bill Jordan, Secrétaire général

Le 18 janvier 2000

Chers / chères camarades,

Venezuela et Equateur

La détérioration subite du climat social au Venezuela et en Equateur requiert à nouveau une réaction déterminée du mouvement syndical international. Je vous écris afin d’inviter votre organisation à se joindre à notre campagne concernant ces deux pays, comme suit :

1. Venezuela

Comme vous vous en souviendrez certainement, les nouvelles autorités de ce pays ont, en août dernier, menacé le mouvement syndical vénézuélien de procéder d’autorité à une réforme en profondeur de ses structures et de son organisation. La réaction déterminée du BIT et de nos organisations affiliées, des SPI et de la CISL elle-même avait contraint le gouvernement à retirer ce projet. Il y a quelques jours cependant, la nouvelle Assemblée Nationale Constituante (ANC) a renouvelé sa menace et son Président a personnellement porté des accusations extrêmement graves contre les dirigeants syndicaux et l’ensemble de leurs organisations.

Face à cette situation, et après consultation tant de notre affiliée, la Confederación de Trabajadores de Venezuela (CTV), que de notre organisation régionale (CISL-ORIT), j’ai ce jour même demandé au Directeur général du BIT de dépêcher d’urgence une mission sur place, afin d’exposer aux nouvelles autorités les principes fondamentaux de l’OIT en matière de Liberté syndicale. Vous trouverez en annexe une copie de cette lettre. Puis-je vous inviter à écrire d’urgence au gouvernement vénézuélien en exigeant qu’il s’abstienne d’intervenir dans les affaires internes des organisations syndicales et notamment dans l’organisation de leurs élections.

Vous trouverez en fin de lettre l’adresse exacte des autorités.

2. Equateur

Je viens de protester en termes énergiques auprès du Président de l’Equateur contre l’arrestation à Quito, samedi 15 janvier 2000, de José Chávez Chávez, Président de notre affiliée, la CEOSL, et Membre (suppléant) du Conseil d’Administration du BIT. Selon nos informations, notre ami Pepe Chávez a été arrêté chez lui par des hommes en uniforme et masqués, et incarcéré sous couvert de l’état d’urgence. Celui-ci a été imposé par le Président équatorien Mahuad en réaction à un vaste mouvement populaire qui s’oppose à la dollarisation de leur économie et ses désastreuses conséquences sur leur déjà maigre pouvoir d’achat.

D’après la CEOSL, notre collègue risque d’être traduit devant la justice militaire, sous l’accusation de subversion contre l’ordre constitutionnel et de conspiration en vue de renverser le gouvernement. J’ai immédiatement écrit au Directeur général du BIT en le priant d’intervenir personnellement auprès du gouvernement équatorien en exigeant la libération de Pepe Chávez et d’autres dirigeants de mouvements sociaux arrêtés en même temps que lui.

Comme je vous le disais, j’ai également protesté auprès des autorités équatoriennes. Vous trouverez en annexe une copie de cette lettre ; je vous saurais gré d’écrire d’urgence en des termes similaires aux autorités de ce pays en appuyant notre démarche.

N’hésitez pas à entrer en contact avec le secrétariat pour obtenir de plus amples informations si nécessaire. Permettez moi par ailleurs d’insister une nouvelle fois sur l’importance de nous communiquer sans délai une copie de toutes actions entreprises dans ces deux affaires.

Nous vous prions d’agréer, chers/chères camarades, l’expression de nos bien sincères et fraternelles salutations.

Hugo Rafael Chavez Frias
President
Oficina del Presidente
Palacio de Miraflores
Caracas
Venezuela
Fax 58-2-806.31.02

Copie de la lettre adressée à
M. Jamil Muhuad Witt, Président de l’Equateur,
Palacio Nacional, Garcia Moreno 1043, Quito, Ecuador
telefax 593-2-580-735

Excelentísimo Señor Presidente :

La Confederación Internacional de Organizaciones Sindicales Libres (CIOSL) que representa a 125 millones de trabajadoras y trabajadores en el mundo, a través de sus 215 organizaciones afiliadas en 145 países y territorios, entre los cuales se halla Ecuador, acaba de recibir inquietantes noticias y se dirige a usted para expresarle su profunda preocupación por la detención y arresto de un sindicalista varios dirigentes de movimientos sociales.

Según nos informa la Confederación Ecuatoriana de Organizaciones Sindicales Libres (CEOSL), afiliada a la CIOSL, nuestro compañero José Chávez Chávez, Presidente de la CEOSL y miembro suplente del Consejo de Administración de la OIT, ha sido detenido en su domicilio por policías enmascarados y armados que según los testigos presentes profirieron amenazas de muerte y le golpearon en varias ocasiones. Otros dos dirigentes del Frente Patriótico fueron detenidos al mismo tiempo y en las mismas circunstancias.

Los tres dirigentes están acusados de subversión y de amenazas contra la seguridad del Estado y serán juzgados por un tribunal militar, en el contexto del estado de emergencia decretado por su Gobierno frente a las protestas y manifestaciones populares.

Señor Presidente, ante la gravedad de estos acontecimientos, que constituyen una violación de los derechos humanos, la CIOSL no puede sino expresarle su más profunda indignación respecto al trato infligido al movimiento sindical de su país y le insta a que libere inmediata e incondicionalmente a los sindicalistas detenidos y a que -mediante el diálogo con los representantes de los sectores populares- recurra a métodos más democráticos para resolver el conflicto que les opone actualmente.

Asimismo, cabe señalar que la CIOSL acaba de escribirle al Director general de la Oficina Internacional del Trabajo instándole a intervenir personalmente ante el Gobierno de Ecuador para exigir la liberación de José Chávez y de los dirigentes de los movimientos sociales arrestados en las mismas circunstancias.

Sin otro particular, le saluda atentamente,

Bill Jordan
Secrétaire général



Confédération Internationale des Syndicats Libres
Boulevard du Roi Albert II, 5, Bte 1, B - 1210 Bruxelles, Belgique.

Pour tous renseignements, veuillez contacter le Département des Droits Syndicaux
Tél. 32-2-224.02.03 Fax: 32-2-224.02.97
E-mail:
turights@icftu.org