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Rapport
annuel sur les violations des droits syndicaux.
Asie Introduction L'Asie était encore sous le coup des effets de la crise financière en 1998. Une augmentation rapide du nombre de faillites et de licenciements collectifs a entraîné une hausse massive du chômage et de la pauvreté. En Thaïlande, les pertes d'emploi se comptaient par centaines de milliers et pendant que le chômage doublait pour atteindre 8 pour cent aux Philippines, la Corée du Sud voyait son taux de chômage multiplié par trois avec 9 pour cent, contre un niveau record de 16 pour cent en Indonésie. A Hong Kong également, de nombreux travailleurs ont été licenciés sans indemnité. En Chine, des millions de travailleurs ont été licenciés dans les entreprises d'Etat. Ces licenciements ont provoqué de nombreuses manifestations et donné lieu à des confrontations avec la police. Les travailleurs ont peu de moyens de se défendre car la ACFTU (All China Federation of Trade Unions) fait partie de l'appareil du parti au pouvoir et a pour mission de mettre en oeuvre sa politique. Les syndicats indépendants sont toujours interdits dans le pays et le nombre de militants syndicaux emprisonnés durant l'année est en augmentation. Parmi les personnes arrêtées les années précédentes, nombreuses sont celles qui sont restées en prison ou dans des camps de travail et qui ont subi des mauvais traitements et des violences physiques. La situation n'a guère changé en Birmanie. Aucune activité syndicale n'est tolérée et les syndicalistes emprisonnés sont restés en détention. La FTUB maintient ses structures clandestines et ses militants sous constante surveillance, lesquels vivent dans la crainte permanente d'être arrêtés et torturés. L'exclusion des syndicats indépendants reste également en vigueur en Corée du Nord. La principale amélioration survenue au cours de l'année concerne l'Indonésie, suite à la démission, en mai, du Président Suharto. La Convention N° 87 de l'OIT fut ratifiée, les syndicats indépendants reconnus et les militants syndicaux, y compris Muchtar Pakpahan, libérés de prison. Toutefois, il est certain que les attitudes ne changent pas du jour au lendemain. L'armée et la police continuent à intervenir lors des grèves et des manifestations. Des troupes ont utilisé des balles en caoutchouc pour disperser une manifestation et ailleurs des policiers ont fait usage de bâtons en rotin pour tabasser des travailleurs du textile récemment licenciés. En Corée du Sud, les syndicats ont vécu une année pleine de bouleversements. Bien que des accords aient été conclus en vue de modifier la législation de manière à accorder certains droits syndicaux aux travailleurs du secteur public et aux enseignants, près de 500 syndicalistes ont été arrêtés ou recherchés pour être arrêtés. En Turquie, les violations des droits syndicaux ont continué et le problème de la négociation en faveur des travailleurs du secteur public n'était toujours pas résolu. Il existe toujours de nombreuses limitations, en particulier dans le secteur public, au droit de l'individu d'adhérer au syndicat de son choix. En Thaïlande, aucun travailleur de l'Etat ne peut appartenir à un syndicat. On estime que le gouvernement a délibérément fait échouer un projet de réforme des entreprises d'Etat, lequel aurait abouti à rétablir les droits syndicaux. Au Bangladesh également, de nombreux travailleurs du secteur public n'ont pas le droit de se syndiquer. Au Pakistan, le gouvernement a déclaré au titre de "service essentiel" le projet de centrale électrique Ghazi Barotha, imposant ainsi une restriction sévère des droits syndicaux vis-à-vis du projet. En fin d'année, il a investi l'armée de la responsabilité de gérer l'entreprise publique de distribution d'eau et d'électricité WAPDA et a décidé d'en exclure le syndicat. Les droits d'organisation et de négociation collective sont extrêmement limités dans les zones franches d'exportation. Au Bangladesh, les syndicats y sont même interdits par la loi. Aux Philippines, ces zones sont pratiquement interdites aux syndicats, tandis qu'au Sri Lanka, la législation du travail n'y est guère respectée. Au Pakistan les travailleurs de ces zones n'ont pas le droit de négocier collectivement, ni de faire grève. Population: 18.100.000/ Capitale: Canberra/ Conventions de loit ratifiées: 29-105-87-98-100-111 Le gouvernement a violemment réprimé les droits syndicaux en adoptant la loi sur les relations professionnelles de 1996 et en soutenant des pratiques antisyndicales dans les ports australiens La loi sape le rôle des syndicats En 1996, le gouvernement a introduit la loi sur les relations professionnelles qui entrave sérieusement la capacité des syndicats à protéger leurs membres et à améliorer leurs salaires et conditions de travail.
LOIT a critiqué cette loi en raison de sa longueur et de sa complexité et a demandé au gouvernement de mettre un résumé à la disposition des syndicats et des employeurs. Préférence accordée à des accords individuels plutôt quaux conventions collectives La loi privilégie les relations directes entre les employeurs et les employés sur le lieu de travail. Elle encourage, en particulier, les contrats individuels, appelés « Australian Workplace Agreements » (AWA), au détriment des conventions collectives. Le contenu des AWA est confidentiel, ce qui exclut toute possibilité de contrôle des infractions aux règles sur le salaire minimum et les conditions de travail.
Les AWA ont la suprématie sur les accords fédéraux et nationaux (relatifs au salaire minimum) et sur les conventions collectives enregistrées à moins que la convention ne soit déjà en vigueur au moment de leur adoption. Lorsquun AWA est entré en vigueur, il ne peut pas être remplacé par une convention enregistrée et il est plus simple de donner force légale à un AWA quà une convention collective. La multinationale Rio Tinto, qui avait participé à la rédaction du texte législatif, est lune des entreprises qui a eu recours à cette loi pour tenter de détruire les syndicats en imposant le contrat individuel sur ses sites. Préférence accordée à la négociation à léchelon de lentreprise La loi place les conventions collectives syndicales et non syndicales sur un pied dégalité et accorde la préférence à la négociation sur le lieu de travail ou à léchelon de lentreprise. La loi impose à la commission des relations professionnelles, dont le rôle est limité, dencourager les accords au niveau de lentreprise plutôt que les accords multipatronaux et stipule que les accords multientreprises ne peuvent être enregistrés que sils sont dans « lintérêt public ».
Les allocations aux grévistes ne peuvent pas faire lobjet de négociations et la majorité de la population active doit approuver une convention collective.
La loi semble autoriser un employeur qui ouvre une nouvelle entreprise à choisir le syndicat avec lequel il souhaite négocier avant dembaucher du personnel.
Bien que la loi protège en général les travailleurs contre les actes de discrimination antisyndicale, certains groupes demployés peuvent être exclus de la protection contre un licenciement abusif. Des amendements proposés en 1997 privent notamment les nouveaux employés des petites entreprises dune telle protection. Réduction des possibilités de grèves légales La loi a réduit léventail des possibilités de grèves légales et a augmenté les sanctions pour infraction à la loi. La loi supprime effectivement le droit de grève dans la négociation daccords multipatronaux, dans les accords à léchelle de lentreprise ou à léchelle nationale; interdit les grèves destinées à faire pression sur les employeurs pour quils paient des allocations de grève, ainsi que les grèves concernant un conflit dattributions.
La loi interdit également les grèves de solidarité et les boycotts secondaires, ainsi que les grèves « susceptibles de porter un grave préjudice à léconomie australienne ou à une partie importante de celle-ci ».
Lenregistrement dun syndicat peut être annulé si, ou lorsque, ses membres entreprennent une action syndicale qui perturbe les échanges, le commerce ou la fourniture dun service public quel quil soit. Autres lois Les amendements apportés à la loi sur les pratiques commerciales par la loi sur les relations professionnelles de 1997 et dautres lois amendant la législation en vigueur maintiennent les interdictions relatives à un large éventail de boycotts secondaires passibles damendes très élevées.
La loi pénale de 1914 peut être utilisée pour interdire des grèves « qui portent préjudice ou nuisent aux échanges ou au commerce avec dautres pays ou entre les régions » et pour interdire les boycotts « qui entravent ou perturbent la fourniture de services par le gouvernement australien ou le transport de marchandises ou de personnes dans le cadre du commerce international ». Législation nationale A léchelon de lEtat, la législation introduite dans le Queensland en 1997 est similaire à la loi fédérale sur les relations professionnelles et a encouragé les accords du Queensland conclus sur les lieux de travail.
En Nouvelle-Galles du Sud, la loi de 1996 sur les relations du travail exclut certains groupes demployés des dispositions en matière de licenciement abusif. Cette loi est ambiguë en ce qui concerne la protection des travailleurs contre les actes de discrimination antisyndicale. Elle prévoit un système daccords au niveau de lentreprise sans spécifier si une négociation collective peut avoir lieu à un autre niveau. Un accord conclu à léchelle de lentreprise doit être approuvé par 65 pour cent des travailleurs de celle-ci.
En Australie méridionale, des amendements à la loi de 1994 sur les relations professionnelles prévoient un système daccords à léchelon de lentreprise et ne spécifient pas si les négociations collectives peuvent avoir lieu à un autre niveau. Les dispositions relatives aux boycotts secondaires dans la loi fédérale de 1996 sont considérées comme une législation à léchelon de lEtat.
En Australie occidentale, de nouvelles dispositions apportées à la loi de 1997 amendant la législation sur les relations professionnelles ont privé les travailleurs dune protection contre les mesures de discrimination en raison dactivités syndicales, bien que ces travailleurs ne puissent pas encore être licenciés pour le simple fait dappartenir à un syndicat. La loi instaure un système de contrats demploi entre un employeur et un employé ou un groupe demployés, mais permet que les accords individuels aient la suprématie sur les conventions collectives et le système des AWAs. Lorsquil existe un accord avec un groupe demployés, les syndicats ont un rôle très limité et ne peuvent pas déterminer le contenu de laccord.
Les nouveaux amendements contiennent également dautres infractions aux droits syndicaux, notamment la limitation du droit des travailleurs à former un syndicat ou à y adhérer, lingérence dans les affaires syndicales, la limitation de laccès des responsables syndicaux aux lieux de travail, des restrictions importantes au droit de grève, y compris aux moyens de mettre fin à une grève, linterdiction de grèves de solidarité et une réglementation longue et compliquée de vote avant une grève.
La loi de 1996 est la principale législation en vigueur dans les territoires du nord et à Victoria. Dans les dispositions relatives à son extension à Victoria, elle stipule que lorsquune convention collective a cessé dêtre appliquée, elle est remplacée par un contrat demploi individuel assorti des mêmes conditions. Pratiques antisyndicales soutenues par le gouvernement A partir du mois de septembre 1997, le gouvernement a lancé plusieurs tentatives afin dintroduire de la main-doeuvre non syndiquée dans les ports australiens pour remplacer le syndicat australien des gens de mer (MUA). Il a déjà dépensé plus dun million de dollars en rapports de consultants qui ont planché sur les moyens de briser le MUA qui avait fait grève pour sopposer à lintroduction de la législation interdisant les actions de boycotts secondaires.
La pression organisée par la Fédération internationale des ouvriers du transport (FIOT) a engendré lannulation dun contrat non syndical à Cairns après quune nouvelle société de dockers eut tenté de remplacer les membres du MUA par des dockers non syndiqués. Le gouvernement a reconnu quil avait soutenu cette tentative. Ancien personnel de larmée engagé pour briser les syndicats En décembre, alors que le MUA discutait avec les autorités de la productivité et des coûts dans les ports australiens, il a eu vent dun plan secret, soutenu par le gouvernement, pour embaucher et former du personnel militaire pour travailler sur les docks. Le système était organisé par danciens membres de larmée ayant fait partie dune unité militaire australienne spécialement entraînée, la SAS. Des annonces pour le recrutement de mercenaires ont été publiées dans le journal du personnel militaire, « The Army ».
Une formation de 60 recrues, dont 18 membres actifs en fonction dans les forces australiennes de la défense, a été organisée au port de Rashid, à Dubaï, lun des Emirats arabes unis, où les syndicats sont interdits. Les mercenaires devaient recevoir dimportantes gratifications à la fin de chaque cycle de formation. Une formation complémentaire devait avoir lieu en Australie. A la suite de protestations syndicales nationales et internationales, en particulier à linitiative de la Fédération internationale des ouvriers du transport, les Emirats arabes unis ont annulé les visas des mercenaires, ainsi que leurs contrats avec les autorités portuaires de Dubaï. 1998-Importante action contre le syndicat des gens de mer En janvier 1998, il était clair que ces opérations précédaient une importante action organisée par la Fédération nationale des agriculteurs (NFF), une organisation de producteurs agricoles de droite, avec le soutien du gouvernement, contre les conditions syndicales dans les ports. Le NFF avait conclu un accord avec lune des deux principales sociétés de dockers en vertu duquel il louait une partie du terminal de Melbourne où il utiliserait ses propres travailleurs non-membres du MUA. Le NFF et le gouvernement avaient émis des menaces à légard du MUA et de la FIT parce quils continuaient à organiser la pression syndicale internationale.
Le 7 avril, le conflit a connu une violente escalade. Tous les dockers, soit quelque 2000 employés, de lentreprise Patrick Stevedores, une filiale de Lang Corporation, ont été licenciés. Des gardes de la sécurité, accompagnés de chiens, ont pénétré sur le site pour évacuer les travailleurs par la force. Plusieurs ont été blessés. Des travailleurs non syndiqués, formés par la NFF à Melbourne au cours des dernières semaines, ont été chargés de les remplacer sur les quais. Le ministre se félicite des licenciements Linitiative a été prise par la société Patrick Stevedores, mais avec le soutien total du gouvernement. Le ministre des Relations professionnelles sest félicité des licenciements. Le gouvernement a mis des fonds importants à disposition pour payer les indemnités aux travailleurs.
Le MUA a entrepris une action en justice et a obtenu une injonction des tribunaux fédéraux qui ont déclaré ces licenciements illégaux. La société Patrick Stevedores a indiqué que larrêt des tribunaux était inapplicable. Action en justice contre lInternationale des travailleurs du transport Le 10 avril, une action a été intentée contre la FIT au Royaume-Uni mettant en cause son droit à exercer sa fonction principale de coordination de la solidarité syndicale internationale. Patrick Stevedores, avec le soutien du gouvernement australien, a obtenu une injonction temporaire de sept jours à la Cour suprême pour empêcher la FIT de prendre toute action contre les intérêts financiers de la société.
Le 17 avril, la Cour suprême a levé linjonction temporaire contre la FIT en déclarant quelle était « manifestement injuste ». Arrêt du tribunal en faveur du syndicat Dautres arrêts ont été prononcés ultérieurement en faveur du MUA. Le 21 avril, le tribunal fédéral a maintenu linjonction ordonnant à la société Patrick Stevedores de réintégrer les travailleurs licenciés. La société a été deux fois en appel, y compris devant la Cour suprême, mais la réintégration a finalement été ordonnée le 4 mai. Trois jours plus tard, ils ont repris le travail. Les actions contre les syndicats se poursuivent Les actions contre les syndicats se sont poursuivies. Le 23 mai, la commission australienne de la concurrence et des consommateurs (ACCC), la gardienne de la concurrence, a annoncé quelle sefforçait dobtenir une injonction contre le MUA afin dempêcher tout embargo international sur les navires ou tout boycott national. La société Patrick Stevedores a demandé au tribunal fédéral dannuler lenregistrement du syndicat. LACCC a essayé dobtenir des dommages et intérêts auprès du MUA en alléguant la loi sur les pratiques commerciales.
La pression syndicale internationale a été maintenue. Les navires chargés par les travailleurs non syndiqués de la société Patrick Stevedores ont été retardés, détournés et boycottés dans le monde entier. Accord Finalement, un accord a été dégagé entre le MUA et la société Patrick Stevedores au début du mois de septembre. La société a payé les garanties financières que la Commission australienne de la concurrence et des consommateurs réclamait au syndicat. Les travailleurs désireux de quitter lentreprise ont obtenu une bonne indemnité de départ volontaire et les conventions syndicales ont été maintenues. Les poursuites judiciaires en cours entamées par Patrick Stevedores contre la FIT à Londres ont été abandonnées et lentreprise a accepté de payer une partie des frais juridiques de la FIT. Population: 7.594.000/ Capitale: Bakou/ Conventions de loit ratifiées: 29-87-98-100-111-138 On enregistre une certaine amélioration cette année depuis que la législation héritée de lex-URSS a été amendée. Néanmoins, la privatisation a permis linstallation de sociétés multinationales qui ont cherché à entraver lorganisation syndicale. Les restrictions légales à lactivité syndicale La législation syndicale de 1994 interdit aux syndicats de sengager dans une activité politique, de s'associer avec des partis politiques, de réaliser des activités conjointes ou dapporter une assistance ou des dons aux partis et vice et versa. Cela garantit le droit dorganisation syndicale et de négociation collective. En pratique, le code pénal interdit les grèves dans le secteur des transports, ainsi que dans les institutions et entreprises dEtat et publiques prévoyant des peines pouvant aller jusquà 3 ans de prison. Les amendements La nouvelle législation sur le règlement des conflits a finalement été adoptée en 1998. Elle amende en partie celle de 1991, datant du régime dURSS, qui interdisait les grèves dans les chemins de fer et les transports municipaux, ce qui inclut le métro et laviation civile ainsi que dans les secteurs de la communication et de la production délectricité. 1998 - Les multinationales entravent lorganisation syndicale En 1998, la privatisation a été introduite. Les sociétés multinationales ont investi de largent dans différents secteurs de léconomie. Les syndicats rapportent quelles ont entravé lorganisation syndicale et congédié des responsables syndicaux. Certaines sociétés ont obligé des employés à signer des contrats dans lesquels ils acceptaient de ne pas adhérer à un syndicat ou de ne pas en créer un. Les procédures judiciaires intentées dans le cas de plaintes relatives à des licenciements abusifs ont été entravées et les décisions prises lont rarement été en faveur des syndicats. Les autorités se sont peu mobilisées pour tenter de faire observer la loi. Population: 120.100.000/ Capitale: Dhaka/ Conventions de loit ratifiées: 29-105-87-98-100-111 Il est interdit à la plupart des travailleurs du secteur public de se syndicaliser, et ceux du secteur privé qui tentent de le faire sont souvent menacés ou intimidés pour les dissuader de créer des syndicats. Des signes laissent croire que le gouvernement prépare une répression de lactivité syndicale dans le secteur bancaire. Restrictions radicales des droits syndicaux Parmi les travailleurs qui nont pas le droit dadhérer à un syndicat, citons les employés du secteur public (à lexception des travailleurs des chemins de fer et des postes et télécommunications), les enseignants, les infirmiers, les cadres et le personnel technique ainsi que les travailleurs des zones franches dexportation. Certains de ces travailleurs ont créé des associations ou des syndicats non enregistrés, mais ils nont pas le droit de procéder à une négociation collective.
Les salaires et les conditions de travail du secteur public sont généralement fixés par des comités salariaux désignés par le gouvernement.
Lenregistrement des syndicats est obligatoire, et les travailleurs peuvent être sanctionnés pour ne pas avoir enregistré leur syndicat ou pour avoir exercé des activités syndicales sans enregistrement préalable.
Il faut que trente pour cent des travailleurs de tout lieu de travail soient membres dun syndicat pour que celui-ci puisse être enregistré, et le syndicat peut être dissous si le taux daffiliation passe en dessous de ce pourcentage. Seuls les syndicats enregistrés conformément aux dispositions législatives peuvent devenir des agents de négociation collective. Syndicalisation découragée dans le secteur privé Dans le secteur privé, la négociation collective est rarement exercée en toute liberté et lobjectif est de dissuader les travailleurs de se syndiquer. La législation interdit la négociation collective dans les petites entreprises.
Dans lindustrie vestimentaire en particulier, les travailleurs qui essaient de créer des syndicats ont reçu des menaces et des intimidations, et les autorités ont agi de connivence avec les employeurs pour empêcher la création et lenregistrement de syndicats. Dans les 2.600 fabriques de Dhaka, Narayanganj et Chittagong, qui exportent principalement vers lEurope et les Etats-Unis, les femmes constituent 90% de la main-duvre. Restrictions additionnelles Le registre des syndicats dispose dun droit dingérence considérable dans les affaires internes des syndicats. Il peut notamment accéder aux locaux et consulter des documents. Les syndicats affirment également que leurs activités sont entravées par certaines décisions de ladministration.
Les syndicats ne sont pas protégés contre lingérence des employeurs.
La protection juridique contre la discrimination antisyndicale est insuffisante. Les travailleurs soupçonnés dexercer des activités syndicales sont harcelés et peuvent être transférés arbitrairement.
Les candidats à un poste syndical doivent être ou avoir été employés par une entreprise ou un groupe dentreprises. Restrictions au droit de grève Une grève doit être approuvée par les trois-quarts des adhérents dun syndicat. Lorsquune grève dure plus de trente jours, le gouvernement peut linterdire et saisir la juridiction du travail pour un règlement. Une grève peut être interdite à tout moment si elles est considérée comme une menace aux intérêts de la nation ou si elle concerne un service dutilité publique. Les travailleurs qui participent à une grève illicite sont passibles de peines demprisonnement. Pouvoirs spéciaux Les autorités peuvent invoquer la loi de 1974 sur les pouvoirs spéciaux pour mettre en prison des syndicalistes sans les avoir inculpés. Révision de la législation en retard En 1992, une Commission nationale tripartite sur le droit du travail a été créée en vue de réviser la législation du travail en vigueur, et un nouveau projet de code a été rédigé. Toutefois, le gouvernement a indiqué à lOIT quil en est encore au réexamen des recommandations de la Commission. Zones franches dexportation Le gouvernement a annoncé à la fin de 1997 la création de trois nouvelles zones franches dexportation, lesquelles viendront sajouter à celles de Chittagong et Dhaka. Le nombre de travailleurs employés dans ces zones passera ainsi de 60.000 à 106.000. Activités syndicales interdites dans la banque centrale En mai 1997, la Banque Mondiale a évoqué pour le Bangladesh la nécessité de réformer son secteur bancaire, y compris par linterdiction de certaines pratiques syndicales « outrageuses » dans les banques. Le 29 juillet 1997, le gouvernement a désigné les 5 membres dun groupe de travail chargé de rédiger une plan daction visant à freiner « lingérence des syndicats dans ladministration de la banque centrale et dautres banques tant du secteur public que du privé, et à proposer des solutions ». Ceci faisait apparemment référence à lingérence dans la gestion bancaire de la part de syndicats alignés sur des partis politiques.
En février 1998 le groupe de travail a présenté son rapport et formulé une série de recommandations, y compris linterdiction des activités syndicales dans la banque centrale du Bangladesh et dans les banques commerciales pour une durée de trois ans minimum.
Le 22 janvier 1998 les activités syndicales ont été interdites à la banque centrale du Bangladesh suite à une agression dun de ses directeurs généraux par des syndicalistes, et à leur attaque dun syndicat rival. Huit dirigeants syndicaux ont été suspendus. Victoire pour lagent de négociation Un autre syndicat (lagent de négociation collective de la banque) a saisi la Haute Cour de cette affaire, qui a statué en faveur du syndicat. A la fin du mois de juin lagent de négociation de la banque centrale du Bangladesh a pu reprendre ses activités et rouvrir ses locaux. Menace de répression Il a été signalé en janvier 1999 que le gouvernement envisage dinterdire les syndicats de la banque centrale du Bangladesh, de les empêcher davoir leurs bureaux et dexercer leurs activités dans toute antenne, bureau régional, ou banque commerciale. Seul lagent de négociation collective pourra avoir un bureau dans le siège central de la banque. Les militants syndicaux nauront plus le droit dutiliser le téléphone, les moyens de transport ou tout autre bien appartenant à la banque. Toute violation aux dispositions législatives envisagées entraînerait une peine maximale de deux ans de prison et une amende. Travailleurs qui protestent blessés par la police En mars 1998, les travailleurs du textile et de la jute ont perturbé la circulation entre Dhaka et Chittagong en vue dexiger une augmentation de salaires et le paiement dune prime avant les jours fériés religieux. La police a utilisé des matraques pour disperser les travailleurs. Bon nombre dentre eux ont été blessés. Population: 45.922.000/ Capitale: Rangoon/ Conventions de loit ratifiées: 29-87 Tous les droits syndicaux fondamentaux sont réprimés. La dictature militaire birmane punit toute personne participant à une activité syndicale indépendante, y compris à une grève. Ce type dactivité peut entraîner une arrestation, des tortures et lemprisonnement. Pas de droits syndicaux Il nexiste aucun syndicat officiellement reconnu dans le pays, il ny a pas de législation syndicale ni aucune structure légale destinée à protéger les droits syndicaux.
Il nexiste aucun cadre légal protégeant les négociations collectives ou protégeant les travailleurs contre des actes de discrimination antisyndicale. Les autorités nencouragent pas les négociations collectives et aucune preuve nindique quelles ont lieu. Le syndicat en exil La Fédération des syndicats de Birmanie (FTUB) est contrainte de travailler en exil. La FTUB a été fondée en 1991 par danciens dirigeants et membres syndicaux qui furent licenciés et persécutés par le régime du SLORC en raison de leurs activités syndicales.
La FTUB coordonne ses activités avec la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), qui a remporté les élections en 1990, mais que le régime du SLORC a empêché de sinstaller au pouvoir. La dirigeante de la NLD, Aung San Suu Kyi, a exprimé son soutien à la FTUB et au syndicalisme indépendant en Birmanie. La surveillance militaire La FTUB maintient des structures clandestines qui sont en liaison avec des lieux de travail à lintérieur du pays. Ses militants sont constamment surveillés par la police et les services secrets de larmée, et vivent dans la crainte permanente dune arrestation ou de tortures. La FTUB poursuit également ses activités avec des groupes ethniques des régions frontalières, dont certains disposent de leurs propres structures syndicales, en particulier dans les secteurs de la santé et de léducation. Lintimidation des marins Le syndicat des marins de Birmanie, qui fait partie de la FTUB, travaille en exil pour aider les marins birmans. Le régime contrôle lemploi des marins par lintermédiaire de la division de contrôle de lemploi des marins, et on a dénombré de nombreux cas dexploitation et dintimidation des marins qui se sont plaints de salaires trop bas et de conditions de travail déplorables sur les navires étrangers. Arrestation, emprisonnement et torture Les deux membres du comité exécutif de la FTUB arrêtés en juin 1997 par des responsables du Bureau national des renseignements sont toujours en prison.
U Myo Aung Thant, un membre du Syndicat national des entreprises pétrochimiques de Birmanie, son épouse et ses enfants, ont été arrêtés. Après un procès à huit clos, il a été condamné à lemprisonnement à vie pour « haute trahison » et à dix ans de prison supplémentaires pour dautres chefs dinculpation en août 1997. Il était accusé davoir essayé de passer des explosifs en fraude en Birmanie. Il a été incarcéré dans une cellule isolée à la prison dInsein.
U Khin Kyaw, un responsable du Syndicat des marins de Birmanie, et son épouse ont été arrêtés. Il avait déjà été inculpé pour des activités syndicales en 1993 et avait été torturé en détention. On ignore tout de son sort, mais il na pas été jugé par un tribunal. Population: 10.273.000/ Capitale: Phnom Penh/ Convention de loit ratifiée: 29 Le ministre du Travail et les employeurs ont agi de concert pour arriver à la création de syndicats contrôlés par les entreprises, tout particulièrement dans le secteur du textile. Les syndicats indépendants ont rencontré de lourds obstacles à lobtention de leur enregistrement. Code du travail Le nouveau code du travail, entré en vigueur en mars 1997, octroie aux travailleurs du secteur privé la liberté syndicale, le droit à la négociation collective et le droit de faire grève, même si les procédures avant une grève sont longues et fastidieuses.
Enregistrement des syndicats Pour être légalement enregistré, un syndicat doit présenter aux autorités une lettre de demande, une liste de responsables syndicaux et une copie de ses statuts. Lenregistrement est automatique au bout de 60 jours.
Une autre disposition de la loi stipule que les personnes chargées de la gestion et de ladministration des syndicats doivent « ne jamais avoir été reconnues coupables dun délit devant les tribunaux ». Le ministre du Travail a invoqué cette clause pour exiger des 10 membres du comité exécutif fondateur dun nouveau syndicat quils obtiennent des certificats de bonne conduite de la police, approuvés et tamponnés par le ministère de la Justice, avant daccepter lenregistrement.
Ces certificats sont difficiles à obtenir, et coûteux. Pour obtenir un certificat, il faut présenter une carte didentité nationale. Or, il ny a pas de système national de cartes didentité. La rumeur indique que la seule façon dobtenir ladite carte didentité est de donner un pot-de-vin assez considérable à la police. Elections de délégués syndicaux Daprès la loi, des délégués syndicaux doivent être élus dans toute entreprise comptant un minimum de huit employés, à partir dune liste de candidats désignés par les représentants syndicaux. Le ministère du travail a publié une ordonnance juste après, indiquant que dans lattente de la formation dun syndicat, le délégué syndical doit être élu parmi les travailleurs. Syndicats parrainés par le gouvernement Des responsables gouvernementaux ont encouragé les travailleurs dans des entreprises où des syndicats avaient déjà été créés à établir et à enregistrer des syndicats parrainés par le gouvernement. Des rapports indiquent que des élections syndicales forcées ont eu lieu dans plusieurs entreprises où les directeurs dusine ont veillé à ce que leurs candidats soient élus. Il y a également eu collaboration entre les autorités et les employeurs lors de la désignation des délégués syndicaux dans certaines entreprises. Application inadéquate Les autorités ont souvent fermé les yeux devant des plaintes dabus présentées par les travailleurs. Les mécanismes pour mettre en application le code du travail sont inadéquats et les inspecteurs du travail, qui ne sont déjà pas très nombreux, sont souvent maintenus à lécart des usines, parfois par des gardes armés. Abus dans lindustrie vestimentaire Une vague de grèves ayant débuté à la fin de 1996 et sétant poursuivie au début de 1997 dans lindustrie vestimentaire naissante, principalement à capitaux étrangers dAsie, a été brutalement réprimée et les dirigeants de syndicats nouvellement établis ont souvent été licenciés. La plupart des usines se trouvent dans la capitale, Phnom Penh, et leur production est destinée au marché des Etats-Unis. En 1998 le secteur vestimentaire a subi un ralentissement de sa croissance en raison de la crise économique asiatique.
Les travailleurs de lindustrie vestimentaire sont principalement des jeunes femmes inexpérimentées. Elles sont soumises à des horaires de travail extensifs (dont des heures supplémentaires obligatoires) pour de bas salaires et sont victimes de brutalités, dinsultes, de tabassages et de fouilles corporelles en public. Elles nobtiennent aucun congé de maternité, et les femmes enceintes sont licenciées sans préavis ou compensation, tout comme les travailleuses qui sont malades, qui se plaignent, ou celles qui organisent les autres travailleurs. Enregistrements refusés Le Syndicat libre indépendant et démocratique des travailleurs du vêtement et du textile (FIDU) à la fabrique de vêtements coréenne Sam Ham a été officiellement constitué en mars 1997. Les demandes denregistrement de mars 1997 et de juin 1997 ont été rejetées par les autorités sous prétexte que certaines conditions nétaient pas remplies. Les autorités nont jamais procédé à lenregistrement du syndicat. Le trésorier du syndicat a été licencié en octobre 1997, et les autres dirigeants en février 1998. En mars un autre syndicat a été enregistré. Aucun des travailleurs nen avait entendu parler. Un autre syndicat libre, dans la fabrique de Ming Cheong, sest lui aussi vu refuser lenregistrement.
Le Syndicat libre des travailleurs du royaume du Cambodge (FTUWKC) qui est présent dans plusieurs fabriques du textile a demandé son enregistrement en janvier 1997. Les autorités ont déclaré que les responsables syndicaux ne remplissaient pas les conditions requises parce quils navaient pas joint à leur demande les certificats de police approuvés et tamponnés par le ministère de la justice. Finalement, suite à la pression syndicale internationale, le syndicat a été enregistré le 25 décembre 1998. Ingérence de la direction Un syndicat a été enregistré en 1997 pour lentreprise du vêtement PPS Garment. Les travailleurs ont déclaré que les formulaires dadhésion étaient distribués par la direction ou les gardes de sécurité, et quils étaient obligés de les remplir. Les cartes daffilié ont été remises aux travailleurs par la même voie.
A la fabrique Cambodia Sports Wear Garment, aucune élection syndicale na eu lieu; cest la direction qui a annoncé quels seraient les dirigeants syndicaux. Les travailleurs ont été contraints de remplir les formulaires dadhésion et de payer des cotisations. La même situation sest présentée dans la fabrique Jyidis Garments. Grève des travailleurs du textile en 1998 Le 19 janvier 1998 une grève a commencé dans la fabrique de vêtements Sin La Ho, aux capitaux de Taiwan, provoquée par un règlement intérieur que des travailleurs avaient été obligés de signer à lembauche. Ce règlement, en violation du code du travail, stipulait que lorsque les biens étaient destinés à lexportation les travailleurs devaient travailler toute la nuit, quun certain montant serait déduit de leur salaire pour chaque minute de retard, et quils ne pouvaient avoir quun dimanche ou deux de congé par mois.
Le 26 janvier, lentreprise a produit un nouveau règlement intérieur qui était censé avoir été approuvé par le ministère du Travail le 13 janvier. Les travailleurs ont organisé une manifestation en face de lambassade des Etats-Unis et de la représentation de lUnion Européenne pour demander la suspension des privilèges commerciaux. Intervention de la police anti-émeutes Le 16 février, des syndicalistes de Sin La Ho ont rejoint à environ 500 travailleurs de lindustrie vestimentaire de diverses fabriques, membres des syndicats du FTUWKC, dans une manifestation à lambassade des Etats-Unis priant instamment ce pays de révoquer les privilèges commerciaux du Cambodge. Les autorités ont fait appel au déploiement des forces de police anti-émeutes. Rerésailles contre les travailleurs de Sin La Ho Le 31 décembre, la cour municipale de Pnom Penh a rejeté une plainte présentée en mars par six travailleuses chez Sin La Ho selon laquelle lentreprise les aurait forcées, en toute illégalité, à effectuer du travail manuel en tant que sanction pour avoir participé à la grève. Après le règlement de ce différend, Sin La Ho refusa de rendre leur poste de travail aux ouvrières qui avaient protesté. Elles étaient obligées de nettoyer les toilettes, de biner le sol et de casser des pierres. Les travailleuses ont orchestré une protestation et huit dentre elles, qui au cours de la protestation avaient été élues en tant que représentantes syndicales temporaires, ont été licenciées.
La cour a au départ refusé daccepter la plainte contre le directeur de la fabrique. Dans une lettre expliquant pourquoi il ny aurait pas de poursuites contre le directeur, le règlement de lentreprise a eu la préséance sur le code du travail. Or, ce règlement navait pas été approuvé par le ministère du Travail. Collusion entre le ministère et un employeur pour les élections des délégués syndicaux Le Syndicat des travailleurs pour le développement économique, chez British American Tobacco, a été enregistré en février 1998. Des responsables du ministère du Travail ont refusé dautoriser les travailleurs à faire leurs propres propositions de candidatures pour les délégués syndicaux.
Le 11 mars, les responsables du ministère du travail ont agi en complicité avec la direction de lentreprise lors des élections de délégués syndicaux chez Quality Garment. La direction a appelé certains travailleurs, y compris des surveillants, pour quils tiennent une élection des délégués syndicaux. Les autres travailleurs nont pas été informés à lavance, et nont pas pu participer aux élections. Lemployeur avait mis dix noms sur le bulletin de vote, parmi ceux des travailleurs choisis par lui pour remplir les cinq postes de délégué syndical. Les bulletins de vote ont été comptés par des responsables du ministère du Travail. Les délégués ainsi élus nont jamais tenu de réunions avec les travailleurs et ont refusé de recevoir leurs plaintes. Deux travailleurs qui se sont plaints directement auprès de lemployeur au sujet des heures supplémentaires ont été licenciés. Par ailleurs lemployeur a fait remplir aux travailleurs des formulaires dadhésion syndicale vierges et signer des propositions volontaires de faire des heures supplémentaires. Ils étaient licenciés sils refusaient. Droits des travailleurs bafoués Les travailleurs de la United Faith company ont dit être contraints de travailler le dimanche et les jours fériés sous peine de licenciement. Dans la fabrique Wing Hwa, les travailleurs ont dit quils reçoivent un salaire inférieur au salaire minimum, que des licenciements de travailleurs ont lieu très régulièrement et que les travailleurs sont parfois enfermés dans la fabrique. Une travailleuse a signalé quil y avait eu une retenue sur son salaire parce quelle avait passé plus de cinq minutes aux toilettes. Promesse du ministre A la fin de lannée, pour contourner les quotas dimportation des Etats-Unis, le ministre du Commerce a dit que les conditions de travail dans lindustrie vestimentaire respecteraient les normes internationales. Il a indiqué que les autorités allaient surveiller le respect des conditions de travail et que toute entreprise qui agirait en violation du code du travail ferait face à lannulation de ses licences et au retrait de ses visas. Population: 1.232.100.000/ Capitale: Pékin (Beijing)/ Convention de loit ratifiée: 100 Les syndicats indépendants sont illégaux en Chine. Ils sont supprimés et leurs dirigeants sont mis en prison. Le syndicat officiel All China Federation of Trade Unions (ACFTU) fait partie de lappareil dEtat du régime et nexiste que pour exécuter sa politique et servir les intérêts de lEtat et non pas ceux des travailleurs. Différents militants syndicaux ont été arrêtés en 1998. La législation Système monosyndical La loi sur les syndicats de 1992 empêche la création de syndicats indépendants par rapport aux autorités publiques et au parti au pouvoir, et qui existeraient pour défendre les intérêts de ses membres.
La loi définit lobjectif des syndicats: réglementer le travail afin daméliorer la productivité et le rendement économique et jour un rôle actif dans la modernisation socialiste sous les auspices du Parti Communiste chinois. Les syndicats doivent agir en tant quintermédiaires entre les travailleurs et les employeurs lorsquun différend éclate.
La loi prévoit lexistence dun monopole syndical: lACFTU, qui fait partie de lappareil dEtat du régime et nexiste que pour exécuter sa politique.
La loi stipule que la création de syndicats, à tous les niveaux, est soumise à lapprobation de lACFTU. Tous les syndicats sont sous la direction de lACFTU. Pour tous les niveaux dorganisation, seul un syndicat est autorisé. Statuts de lACFTU Les statuts de lACFTU ont été révisés en 1993. Ils définissent les syndicats comme étant « le lien et le pont entre le Parti Communiste chinois et les masses ouvrières, ainsi que les représentants des intérêts des membres syndicaux et des non-membres » . LACFTU a tenu son treizième Congrès en octobre 1998. Le Peoples Daily, organe de presse du parti communiste au pouvoir, a rappelé dans un éditorial adressé aux syndicats quils devaient accepter la direction du parti tout en travaillant de manière indépendante tel que prévu par la loi et par leurs statuts.
Un haut responsable de la branche politique de larmée populaire de libération (Chinese Peoples Liberation Army, PLA) a prononcé un discours au Congrès. Il a affirmé que la PLA, la police armée et la classe ouvrière étaient « liés de manière inséparable comme la chair et le sang ». Il a ajouté quau cours des dernières années les syndicats à tous les niveaux sétaient unis et mobilisaient les travailleurs pour quils se consacrent aux réformes économiques et au maintien de la stabilité, en mettant en application léducation nationale à la défense, en encourageant les travailleurs à prendre part aux activités des milices et à la formation militaire de réserve, en organisant des activités destinées à encourager la coopération et le soutien des forces armées et de la police. Instructions données à lACFTU: créer des syndicats dans le secteur privé LACFTU doit mettre en place des syndicats dans les entreprises à capitaux étrangers ou dans les entreprises mixtes. A la fin de 1997, des rapports indiquaient que 153.000 syndicats avaient été créés dans le secteur privé, dans les entreprises rurales et dans les entreprises à capitaux étrangers et entreprises mixtes. Un ensemble de Règlements dapplication a été adopté récemment demandant à lACFTU daccélérer le processus de création de tels syndicats.
Les syndicats sont largement symboliques, se limitant parfois à la simple ouverture dun bureau de lACFTU dans un district industriel. Ces syndicats sont contrôlés soit par le Parti communiste soit par les directeurs de lusine, qui dailleurs siègent simultanément à la tête du syndicat. Les membres des syndicats sont à la fois les travailleurs et les membres de la direction. Un grand nombre de ces syndicats se transforment en clubs sociaux et souvent les travailleurs ne sont même pas au courant de leur existence.
Dans presque tous les cas, les membres des comités des syndicats locaux ont été désignés par le Parti communiste ou par les échelons plus élevés de lACFTU. Les sessions tenues par les comités peuvent être vues comme nétant quune formalité destinée à réaffirmer les projets de lentreprise ou du parti. Les membres syndicaux bénéficient généralement de prestations sociales importantes. Code du travail de 1995 Cest en 1995 quest entré en vigueur le tout premier code du travail chinois. Le gouvernement a déclaré quil avait introduit cette loi pour empêcher les violations des droits des travailleurs dans les entreprises à capitaux étrangers et les entreprises mixtes. Ce code visait à normaliser les principes et les exigences en matière demploi dans tous les types dentreprise. Néanmoins, ce code est encore souvent ignoré par les gérants et patrons dentreprises, et les actions des autorités visant à veiller à son application sont minimales.
Le code comporte quatre principes nouveaux:
En théorie, des contrat collectifs consultatifs peuvent être conclus par voie de négociation entre la direction de lentreprise et ses responsables syndicaux ou, à défaut des syndicats, avec des représentants élus des travailleurs. Ces contrats prévoient les dispositions légales minimales inscrites dans la loi, avec de légères améliorations en matière de durée du travail, de congé maladie, de congés annuels, de sécurité sur le lieu de travail, dhygiène et de prestations sociales. Dans la pratique, les contrats demploi qui ne sont pas déterminés par la loi sont établis par les employeurs.
Il ny a pratiquement pas de véritable négociation collective. Le code restreint la négociation collective libre en exigeant que tout contrat collectif consultatif reçoive lapprobation des autorités locales sous quinzaine. Grèves La loi sur les syndicats ne mentionne pas le droit de grève. Ce droit a été retiré de la constitution chinoise en 1982 sous prétexte que le système politique avait « éradiqué les problèmes entre le prolétariat et les propriétaires dentreprise ». Le code du travail de 1995 prévoit un système de règlement des différends qui inclut la médiation, larbitrage et un Tribunal du travail, mais tout ceci ne permet pas la possibilité dune action de grève. Un arbitrage contraignant peut être imposé unilatéralement pour mettre fin à un différend.
Les grèves dans les entreprises sont généralement spontanées et fréquemment réprimées. Les syndicats affiliés à lACFTU norganisent jamais de grève; en réalité, les employeurs et les autorités locales font souvent appel à eux pour obtenir que les grévistes reviennent au travail. Lors dune médiation sur un litige du travail, le comité darbitrage des différends du travail accorde généralement un traitement préférentiel aux employeurs, car il y a souvent une superposition des tâches entre la direction de lentreprise, le parti local et les employés du gouvernement.
La plupart des grèves éclatent au sujet de questions telles que la non-application de la législation du travail, le non-paiement des salaires et les bas salaires, les piètres conditions de travail, les mauvaises normes de santé et de sécurité, les longues heures de travail et les heures supplémentaires obligatoires, une discipline exagérée de la part de la direction, les insultes et les agressions physiques chaque fois plus nombreuses infligées par la direction aux travailleurs.
Le nombre de conflits du travail a augmenté de façon constante depuis 1992, avec une hausse annuelle avoisinant les 50 pour cent à lexception de 1995 où laugmentation a été de 73 pour cent. Selon des sources officielles, le nombre de grèves en 1997 a été de 71.000, deux fois plus quen 1995.
Une politique en matière de grève adoptée en 1994 par le bureau provincial de lemploi de la province méridionale de Guangdong stipulant que toute grève impliquant 30 participants ou davantage doit être signalée dans les quatre heures au bureau provincial de lemploi par ses branches locales, et doit faire lobjet dun rapport détaillé dans un délai de huit heures. Dans des « cas graves et lorsque se présentent des menaces à la stabilité », des responsables des administrations locales doivent être sur place dans les deux heures pour empêcher une escalade de la grève. Si nécessaire, les autorités peuvent recourir à la force ou à des menaces pour mettre fin à la grève. Bureau de la Sécurité Publique Au début 1997, un document publié par le comité central du PCC a noté une augmentation des manifestations organisées, des émeutes et des pétitions contre les autorités locales. Par la suite le Bureau de la sécurité publique (PSB) a publié des directives à lintention des syndicats pour le maintien de lordre social, qui stipulaient que durant des conflits de travail le syndicat doit aider la direction de lentreprise et les dirigeants du parti et du gouvernement afin de promouvoir la sécurité publique. Les directives rappelaient que les syndicats devaient mener avec le PSB une action coordonnée.
Dans certaines grandes usines, des comités du travail composés des branches locales de lACFTU, des autorités locales du bureau du travail et du Bureau de la sécurité publique (PSB) ont été établis pour contrôler et prévenir toute action des travailleurs. Dans de nombreuses moyennes et grandes entreprises, il existe des lieux de détention et les responsables de la sécurité peuvent détenir les travailleurs qui protestent et les condamner à trois ans de travaux forcés dans un camp de travail (laojiao). Rééducation par le travail La loi sur la sécurité nationale, la réglementation sur la rééducation par le travail et la réglementation sur la réforme par le travail autorisent la détention et lincarcération de militants qui essaient dorganiser une action syndicale indépendante. La rééducation par le travail (laojiao) est utilisée en tant que forme de détention administrative parce quelle évite la nécessité dun jugement et permet à la police locale de condamner des travailleurs à une peine allant jusquà trois ans dans un camp de travaux forcés. Les condamnations peuvent être prolongées de un an, et cest souvent le cas, pour indiscipline ou pour dautres raisons. Événements de 1998 Licenciements Des millions de travailleurs ont été licenciés dusines dEtat en 1998, à mesure que le gouvernement avançait dans ses réformes. Bon nombre de ces usines étaient en faillite, et dans de nombreux cas elles devaient aux travailleurs des arriérés de salaires, des indemnités de subsistance, des primes de licenciement ou des retraites. Des protestations et des manifestations de petite envergure ont eu lieu de plus en plus fréquemment dans tout le territoire national à mesure que les nouveaux chômeurs prenaient conscience que ce sont eux qui pâtissent des réformes du marché.
Les responsables du gouvernement central et des administrations locales ont généralement toléré des protestations isolées de travailleurs licenciés, même si des mesures répressives sont parfois utilisées de manière périodique. La plupart des manifestations se tiennent devant les bureaux des administrations locales ou en blocage des principaux axes autoroutiers. La police essaie généralement de disperser pacifiquement les manifestations en servant darbitre entre les travailleurs et leurs employeurs, et souvent les manifestants acceptent de se disperser dès quun responsable du gouvernement local annonce quil va traiter leurs griefs. Réponse de lACFTU aux licenciements La rhétorique employée par lACFTU en 1998 a changé, puisquelle a commencé à clamer quelle représente les intérêts des travailleurs. En mars, le président de lACFTU a donné des instructions à lorganisation pour quelle protège mieux les droits et les intérêts des travailleurs. Il leur a dit de donner la priorité à la réaffectation et au bien-être des travailleurs licenciés de façon à faciliter la réforme des entreprises dEtat. Le China Daily, anglophone, a lancé un appel à lACFTU pour quelle défende les droits des travailleurs lorsque surviennent des violations à la loi dans un grand nombre dentreprises. Daprès ses colonnes, de nombreux salariés étaient victimes de mauvais traitements, y compris dans des entreprises étrangères.
En avril, lACFTU a critiqué des licenciements abusifs de travailleurs, tout en demandant instamment aux travailleurs de soutenir le processus de réforme.
Les discours de lACFTU lors de la Fête du Travail et au cours de la période y menant ont semblé indiquer une tentative dévolution de ses fonctions, cessant de recommander aux travailleurs de mieux travailler pour augmenter la productivité de lEtat et commençant à veiller à la protection des droits et des intérêts des travailleurs. « Le devoir impérieux des syndicats devrait être la protection des travailleurs, qui sont à la fois les fondateurs et les membres des syndicats. »
Peu de temps auparavant, un éditorial du Workers Daily avait averti: « Le plus grand danger qui menace actuellement le développement et même la survie des syndicats est la perte du lien étroit qui doit les relier aux larges masses de travailleurs ». Protestations Le 16 juin, plus de 2.000 retraités et travailleurs licenciés de la première entreprise de construction métallurgique chinoise ont fait une manifestation dans la ville de Wuhan, province de Hubei dans le centre de la Chine, au sujet du non-paiement par lentreprise dEtat des prestations de chômage et de retraite. Cétait la quatrième fois en cinq jours que les manifestants remplissaient les rues de la ville. Au cours des cinq jours précédants, en effet, trois autres manifestations ont eu lieu pour des griefs similaires à lusine de Wuhan Boiler, dans le grand magasin Wuhan Qingshan et à lusine Wuhan Textile Machinery.
Le 14 octobre, près de 1.200 ouvriers ont protesté en face du bureau gouvernemental à Shiyan, dans la province de Hubei dans le centre de la Chine, suite à la faillite dune entreprise locale qui avait détourné lépargne des travailleurs pour linvestir dans lentreprise. La manifestation a paralysé la circulation et des centaines de policiers ont été dépêchés afin de disperser la manifestation. Trois manifestants ont été arrêtés.
Le 21 octobre, près de 500 travailleurs dont presque tous étaient des licenciés de lusine publique Peijang de fer et dacier à Jiangyou, province de Sichuan, ont eu un affrontement violent avec une centaine de policiers intervenus pour briser la protestation qui réclamait le paiement de trois mois de salaires impayés. Les travailleurs avaient occupé une gare de la ligne ferroviaire de Baocheng pendant quatre heures, perturbant 10 trains au moins.
Au moins 15 travailleurs ont été arrêtés dans cet affrontement, et au moins 10 dentre eux ont été blessés, dont quatre grièvement. Il a été exigé des autres quils rédigent des lettres « dautocritique » avant dêtre libérés.
Environ 30 travailleurs licenciés par lhôtel Minzu à Pékin, entreprise dEtat, ont organisé un « sit-in » le 3 novembre sur lescalier principal de limmeuble, situé près de la place Tienanmen. Près dune douzaine de policiers en civil étaient stationnés sur lescalier, dans le hall de lhôtel et dans la rampe daccès automobile. De nombreux actes de protestation similaires ont eu lieu à Pékin par des travailleurs dentreprises publiques qui avaient perdu leur emploi. Des travailleurs licenciés qui sétaient réunis dans les parcs et les zones entourant la Cité Interdite à Pékin ont été dispersés par la police.
Le 9 novembre, 600 travailleurs dune cimenterie dEtat à Luoyang, dans le centre de la Chine, ont encerclé les bureaux du gouvernement pendant 5 jours pour protester contre un projet de privatisation de leur usine. Les protestataires se sont dispersés suite à la promesse du gouvernement de soccuper de leur cas.
Le 16 novembre, plus de 200 travailleurs ont bloqué la circulation dans la ville de Changsha en Chine centrale, parce quils navaient pas été payés depuis plus de six mois. Les travailleurs de Laiteer Co. portaient des pancartes. Les manifestations ont pris fin lorsque le gouvernement municipal a annoncé aux manifestants quil allait examiner leur demande daide et quil y répondrait sous deux jours. Une femme policier a dit avoir été envoyée pour couvrir la manifestation avec des douzaines dautres policiers, avec pour ordre de maintenir la fluidité de la circulation et dobserver la manifestation, mais de ne pas intervenir.
Militants syndicalistes incarcérés en 1998 Répression contre les militants A la fin de 1997, suite à la signature par la Chine du Pacte des Nations Unies relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (quelle na toujours pas ratifié en raison dune réserve émise au sujet de larticle 8 sur le droit dorganiser des syndicats et le droit de grève), tout comme au début de lannée 1998, les militants syndicalistes et les dissidents ont lancé des appels publics aux travailleurs pour quils établissent des syndicats indépendants afin de défendre leurs droits face aux licenciements. Le gouvernement a lancé la répression contre eux, ce qui exprimait clairement quil na aucune intention de tolérer des tentatives dorganisations de syndicats ou de groupes daction représentant les chômeurs. Condamnations à la "rééducation par le travail" Le 16 janvier 1998, Li Qingxi a été arrêté par la police de la ville de Datong de la province de Shanxi après quune déclaration lançant un appel pour la création de syndicats libres et indépendants, appelée la « Déclaration de fondation de syndicats libres » eut été rendue publique. La déclaration accusait également les responsables syndicaux actuels de corruption. Trois jours plus tard, les responsables du PSB ont nié son arrestation, même si le même jour son fils a reçu lordre dapporter quelques affaires appartenant à son père au centre de détention n°4 de la ville de Datong. Il a été condamné à un an de rééducation par le travail, mais des rapports indiquent quil purge sa peine chez lui.
Le 13 janvier, Zhao Changqing, un travailleur de Hanzhong dans la province de Shaanxi qui avait revendiqué son droit légitime à se présenter à une élection législative, a été assigné à résidence. Il avait également exigé le droit de disposer de syndicats indépendants. Lusine où il travaillait a bloqué sa candidature en disant que seuls les cadres dun certain rang du Parti Communiste pouvaient être nommés. Le 23 janvier il a été formellement arrêté et emmené vers une destination inconnue. Au début du mois de septembre il a été condamné à une peine de prison dune durée indéterminée. Les chefs dinculpation tout comme le lieu de détention ont été gardés secrets.
En février, Yang Qinheng a été arrêté à Shanghai. En avril il a été condamné à trois ans de rééducation par le travail pour avoir accordé des entretiens radiophoniques dans des émissions étrangères au sujet du chômage.
Le 6 février, Tan Li a été détenu à Guangzhou pour avoir envisagé de tenir une manifestation de travailleurs et dorganiser un syndicat indépendant, lAlliance Chinoise pour le Travail (China Labour Alliance).
Le 19 février, Tu Guangwen a été condamné à trois ans de rééducation par le travail pour avoir organisé une protestation publique des travailleurs licenciés à Jiangxi en 1997. Fausses accusations Un vétéran de la campagne en faveur de la démocratie, Li Bifeng, a rejoint la clandestinité en juillet 1997 après avoir rendu compte à la presse étrangère dun mouvement massif de protestation des travailleurs de Mianyang, dans la province de Sichuan, et de la répression par les forces armées. Il avait également organisé des études sur les effets des privatisations et la pauvreté qui en découle. Sa femme a été interrogée à plusieurs reprises.
Il a été arrêté le 8 mars 1998. Le 14 août, le tribunal populaire de Mianyang dans la province de Sichuan la condamné à sept ans de prison pour fraude. Aucune preuve na été apportée par laccusation qui justifie de ce chef dinculpation et il ny avait aucun témoin. Traitement médical refusé Zhang Shanguang, militant des droits de lhomme, a été arrêté le 21 juillet dans le district de Xupu de la province de Hunan. Le 6 août il a été battu par les milices de la police parce quil refusait de répondre aux questions relatives à sa tentative de créer une Association de protection des droits des travailleurs licenciés ou ayant trait à ses contacts à létranger. Il a été arrêté formellement le 28 août. Il a fait une rechute de tuberculose alors quil était en prison, probablement en raison des mauvais traitements. On lui a refusé des soins médicaux.
Le 27 décembre, il a été condamné à dix ans de prison pour avoir mis en danger la sécurité de lEtat. Il avait déjà purgé une peine de prison en 1989 en raison de sa participation au sein de la Fédération autonome des travailleurs de la province de Hunan, et à sa libération il navait pas pu trouver de travail.
Militants syndicalistes condamnés avant 1998 Choisis pour subir les pires traitements Des militants en faveur de syndicats indépendants sont restés incarcérés tout au long de lannée. Ils sont fréquemment désignés pour subir les pires traitements au cours de leur détention, y compris une violence physique directe.
Zhou Guoqiang, un militant et avocat syndical, a été relâché le 20 janvier 1998 du camp de travail de Shuanghe dans la province de Heilongjiang dans le nord-est de la Chine. Il a de nouveau été détenu le 30 avril brièvement. Il avait été arrêté en 1994 et condamné à trois ans de rééducation par le travail pour avoir participé à la Ligue pour la protection des droits des travailleurs (LPRWP). La LPRWP avait demandé son homologation officielle et publié une charte fondatrice et un mémorandum quelle a envoyés aux autorités. En 1995, Zhou Guoqiang avait été condamné à une année supplémentaire demprisonnement pour avoir prétendument essayé de séchapper. Tortures et tabassages Le militant de la LPRWP Liu Nianchun a été libéré pour des raisons médicales le 20 décembre. Il a quitté la Chine avec sa famille pour les Etats-Unis. Il avait été condamné à trois ans de rééducation par le travail en 1995, année de son arrestation dans le cadre dune série de détentions pour empêcher les commémorations du massacre de la place Tienanmen. Sa peine nincluait pas lannée quil avait déjà purgée. Il a dabord été détenu au camp de travail agricole de Shuanghe dans le nord-est du pays puis a été transféré à la ferme de rééducation par le travail de Tuanghe près de Pékin. Sa santé sest fortement détériorée. En 1997 il avait une tumeur à la mâchoire mais les soins médicaux lui ont été refusés. Il avait entamé une grève de la faim en mai 1997 et fut par la suite torturé au moyen de décharges électriques, privé deau et jeté au cachot.
Chu Hailian et Wu Huifen, respectivement épouse et mère de Liu Nianchun, ont été détenues plusieurs heures pour avoir organisé une protestation silencieuse sur la place Tienanmen en mai et avoir exigé des autorités quelles fournissent les soins médicaux nécessaires à Liu.
Le 9 septembre, Chu Hailian a été emmenée par trois policiers en civil alors quelle attendait devant lhôtel Hilton à Pékin pour rencontrer Mary Robinson, Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de lhomme. Ils lont tirée par les cheveux, traînée par terre et lui ont donné des coups de pied au ventre. Elle est restée en détention pendant dix heures et a dû aller à lhôpital dès sa libération. Militants libérés Il semblerait que tous les militants syndicalistes arrêtés en mai 1994 pour avoir créé une organisation indépendante de travailleurs dans la zone franche dexportation de Shenzen et avoir publié un bulletin intitulé « Workers Forum » (Forum des travailleurs) qui critiquait les conditions de travail dans les usines, aient été libérés. Les "16 de Pékin" Plusieurs militants des droits syndicaux et humains connus comme les « 16 de Pékin » purgeaient des peines de prison en 1998 après avoir été arrêtés en 1992 et condamnés en 1994 pour leur participation à lorganisation « Free Labour Union of China » (FLUC). Hu Shigen se trouvait dans un établissement de travaux forcés après sa condamnation à 20 ans pour avoir pris part à la fondation du comité préparatoire du FLUC et à la rédaction dun pamphlet intitulé « On free Trade Unions » (A propos des syndicats libres).
Kang Yuchun, Liu Jingsheng et Wang Guoqi ont été condamnés respectivement à 17, 15 et 11 ans de prison pour avoir organisé le FLUC. On savait que Liu Jingsheng était incarcéré à la prison N° 2 de Pékin et quil avait des problèmes de santé. Wang Guoqi se trouvait dans la même prison. Les visites des membres de sa famille ont été suspendues en mai 1997 parce quil navait pas mémorisé le règlement de la prison. Fondateurs du WAF En 1998, de nombreux militants syndicaux se trouvaient toujours en prison ou dans des camps de travaux forcés pour avoir participé à la création des Fédérations autonomes des travailleurs (Workers Autonomous Federation, WAF) au cours du mouvement de 1989 en faveur de la démocratie. Il sagissait de la première tentative ouverte dorganisation de syndicats indépendants depuis 1949 et ce mouvement fut violemment réprimé.
Han Dongfang, un co-fondateur des WAF, est resté à Hong Kong avec un visa de travail temporaire après avoir été déporté de Chine en 1993. Il était en théorie apatride après lannonce par les autorités chinoises que son passeport avait été invalidé. Il avait été accusé davoir « prononcé des discours antigouvernementaux et antichinois » lors de la Conférence de 1993 de lOrganisation Internationale du Travail.
Wang Miaogen, de la Fédération autonome des travailleurs de Shanghai, était toujours emprisonné dans un hôpital psychiatrique à Shanghai géré par le Bureau de la sécurité publique, après y avoir été interné de force en 1993. Il avait été également détenu en 1989 et avait purgé une peine de trois ans de prison. Yao Guisheng, de la fédération autonome des travailleurs de Changsa, purgeait une peine de 15 ans à la prison de Hunan Longxi.
Les militants Chen Gang, Peng Shi et Liu Zhihua de Hunan purgent leurs peines à la prison de Hunan Longxi. Ils ont été condamnés à lemprisonnement à perpétuité après avoir prétendument mis le feu au bureau de la sécurité de leur usine pour protester contre le tabassage détudiants en 1989. Les condamnations de Chen Gang et de Liu Zhihua ont été commuées en appel de la peine de mort à onze ans de prison, et celle de Peng Shi à dix ans de prison.
Des membres de la Fédération autonome des travailleurs de Hunan se trouvaient toujours en prison en 1998. Wang Changhuai purgeait une peine de treize ans; Mao Yuejin, une peine de 15 ans et Wang Zhaobo, Huang Fan, Huan Lixin, Pan Qiubao et Yuan Shuzhu, des peines allant de sept à quinze ans de prison. Guo Yunqiao a été condamné à mort en 1989 mais a obtenu un sursis de deux ans à lexécution du jugement. Par la suite il fut condamné à une peine minimale de 15 ans de prison, quil purge à la prison de la ville de Yuanjiang.
Hu Min et Wan Yuewang de la Fédération autonome des travailleurs de Yueyang servent des peines de 15 ans et de 7 à 15 ans de prison respectivement à la prison N° 2 de Hengyang.
Li Xiaodong et Li Wangyang de la Fédération autonome des travailleurs de Shaoyang purgent des peines de prison de 13 ans. Le gouvernement nie que Li Xiaodong ait été détenu. Zhu Fangming de la Fédération autonome des travailleurs de Hengyang purge une peine demprisonnement à vie. Marins Les marins chinois recrutés par lEtat pour travailler sur des navires détenus par des étrangers, souvent battant pavillon de complaisance, sont passibles de prison sils se plaignent de leurs conditions de travail ou sils contactent la Fédération internationale des ouvriers du transport (ITF). Le marin Miao Qihai a été emprisonné en 1993 puis maintenu sous surveillance et menacé de poursuites judiciaires pour avoir révélé des secrets dEtat, parce quil avait informé lITF des conditions salariales et de travail des 150.000 marins chinois. Conditions dans les usines qui produisent pour des entreprises transnationales En mars des rapports ont signalé que 21 usines qui produisent des vêtements pour des entreprises telles que Adidas, Liz Claiborne, Esprit, Ralph Lauren, Kathie Lee, J.C. Penney, Ann Taylor, K-mart et Wal-Mart, imposaient des heures supplémentaires obligatoires, des journées de travail allant de 10 à 15 heures six ou sept jours par semaine pour des salaires extrêmement bas, et quelles logeaient leurs travailleurs dans des dortoirs.
Des rapports font toujours état de conditions épouvantables dans le secteur des jouets chinois, situé dans les zones franches dexportation de la province de Guandong, comprenant Shenzen, Dongguan et Zhongshan. La plupart des usines produisent pour des entreprises transnationales, y compris des poupées Barbie pour Mattel, des Mickey pour Disney, des Teletubbies pour Hasbro, des jouets pour les surprises du Happy Meal de McDonalds, et divers jouets pour Chicco, Tyco, Tomy et V-tech.
Les conditions comportent notamment des journées de travail dune durée de 10 à 16 heures, six ou sept jours par semaine pendant la haute saison, des heures supplémentaires obligatoires qui peuvent aller jusquà la fin de la nuit, et une période de repos nocturne limitée à quatre heures par nuit. Des grèves ont eu lieu chez Zhongsan International qui produit pour Tony et chez Laxo qui produit pour Disney. Zhongsan International a licencié les travailleurs qui avaient fait grève, et Laxo a retenu les salaires et obligé les grévistes à signer une lettre de repentir.
Le 19 février, la travailleuse Gou Zaifeng a fait une dépression nerveuse après avoir été battue sauvagement par des gardes de sécurité dans lusine hongkongaise de jouets City Toys Ltd, à Shenzen. Cette usine produit par sous-traitance des jouets pour le Happy Meal de McDonalds. Cette travailleuse essayait de rendre visite à sa sur dans le dortoir des travailleurs de City Toys. Les gardes de sécurité lui ont nié laccès au dortoir et lont frappée jusquà lévanouissement. Par la suite elle a été internée dans un hôpital psychiatrique. Dautres travailleurs de City Toys ont dit que les gardes de sécurité les frappent souvent sans quil y ait provocation de leur part ou dans les cas où par exemple ils se montrent réticents à effectuer des heures supplémentaires à lusine. Population: 22.466.000/ Capitale: Pyongyang/ Conventions de loit ratifiées: Les droits syndicaux sont réprimés en Corée du Nord. La Fédération générale des syndicats est contrôlée par lEtat Contrôle de lEtat La Fédération générale des syndicats, fédération étatisée, sert à mobiliser les travailleurs pour atteindre les objectifs de production et pour garantir les prestations en matière de santé, déducation, de culture et dassistance sociale.
Il nexiste pas de syndicats indépendants. Les négociations collectives et les grèves sont interdites. LEtat se réserve le droit dattribuer tous les emplois et de fixer les salaires. Les sociétés en participation et les entreprises à capitaux étrangers sont tenues dengager leur personnel à partir des listes établies par le parti au pouvoir, comprenant les noms des travailleurs dont la pureté idéologique a pu être démontrée. Zone franche dexportation La Corée du Nord a établi une zone franche dexportation dans le nord du pays. Population: 45.314.000/ Capitale: Séoul/ Conventions de loit ratifiées: 100-111-138 La centrale nationale syndicale KCTU est demeurée non enregistrée tout au long de 1998. Son enregistrement devrait intervenir en juillet 1999, moment où le gouvernement a dit quil légaliserait le syndicat des enseignants, CHUNKYOJO. En 1998, un total de 488 membres du KCTU ont été détenus, arrêtés, ou recherchés en vue de leur arrestation. La loi dajustement sur les relations du travail et les syndicats Des législations adoptées en décembre 1996 avaient déjà limité les droits syndicaux tout en enlevant la protection de lemploi. Ces législations ont été amendées en mars 1997 par la loi dajustement sur les relations du travail et les syndicats (Trade Union and Labour Relations Adjustment Act, TULRAA), suite à une grève générale lancée par les centrales syndicales nationales KCTU et FKTU.
La Corée du Sud avait été admise au sein de lOCDE au cours de lannée 1996, après son engagement de conformer la législation du travail aux normes internationales. Le pays avait fait la même promesse lors de son adhésion à lOIT en 1991.
Restrictions demeurées identiques
Refus denregistrer la KCTU Suite aux changements de la loi en mars 1997, la KCTU a remis au ministère du Travail un avis détablissement. Le ministère a rejeté cet avis en disant que les responsables élus de la KCTU, dont le président Kwon Young-kil, nétaient pas éligibles selon la loi parce quils avaient été licenciés.
En outre, le ministère a dit que des organisations syndicales qui sont des éléments constitutifs de la KCTU, notamment la Fédération coréenne des syndicats des métallurgistes, CHUNKYOJO, et la fédération syndicale du groupe Hyundai, ne sont pas enregistrées officiellement comme des organisations syndicales.
Néanmoins, en septembre 1997, huit fédérations dorganisations syndicales auparavant non enregistrées qui étaient affiliées à la KCTU ont fini par être enregistrées, à lexception de CHUNKYOJO. Militants de la KCTU en prison Au début de 1998, 29 responsables syndicaux et militants demeuraient en prison pour avoir exercé leurs activités syndicales. Deux dentre eux purgeaient leur condamnation, les 27 autres attendaient que le jugement soit prononcé. Le ministère de la Justice avait des enquêtes en cours au sujet de 152 autres membres de la KCTU. Evénements de 1998 Crise économique La Corée du Sud a commencé lannée en affrontant une crise économique et financière de plus en plus grave. A la fin de 1997, un prêt massif du F.M.I. a été signé. Parmi les conditions rattachées à ce prêt, le F.M.I. a imposé lintroduction de mesures de « flexibilité » du marché du travail. La crise a frappé durement les travailleurs et lon pouvait prévoir une aggravation des privations économiques Commission tripartite sur les réformes économiques et du travail Le nouveau président, élu à la fin de lannée 1997, a mis en place une commission tripartite le 15 janvier 1998 pour traiter des réformes économiques et du travail, y compris de la liberté syndicale. Les deux centrales KCTU et FKTU ont rejoint la commission.
Le 6 février, la Commission est arrivée à un accord. Cet accord facilitait les licenciements mais allait très loin pour ce qui est des traditionnelles violations aux droits syndicaux.
Laccord a été rejeté trois jours plus tard par le congrès national de la KCTU qui a demandé de nouvelles négociations sur la question des licenciements. Le gouvernement a refusé. La KCTU a menacé dune grève générale. Les procureurs publics ont dit que la grève serait illégale et que les dirigeants syndicaux seraient sévèrement sanctionnés. La grève a été annulée. Un travailleur sest suicidé par le feu sur un chantier naval pour protester, dans le chantier naval de Daewoo Heavy Industries. Adoption dune loi qui autorise les licenciements massifs Le 15 février, lAssemblée Nationale a adopté en première lecture une loi autorisant des renvois massifs de travailleurs dans les cas de restructurations dentreprises. A la fin du mois davril le chômage déclaré ou caché était estimé officiellement à 20 pour cent. Accord pour que les travailleurs licenciés puissent adhérer à un syndicat La Commission a accepté que des travailleurs au chômage ou licenciés deviennent ou restent membres dune structure syndicale industrielle ou régionale, mais pas dun syndicat au niveau de lentreprise. LAssemblée Nationale aurait dû adopter cette disposition dès le mois de février, mais elle reste en suspens. Fonctionnaires détat Le 24 février, lAssemblée Nationale a adopté une loi qui avait reçu laval de la Commission, autorisant les fonctionnaires dEtat à former des associations à partir du premier janvier 1999, à lexclusion des procureurs dEtat, des enseignants, des pompiers et des policiers.
Cette proposition signifie quils pourront mettre en place des conseils sur leur lieu de travail, dotés dune capacité consultative en matière de conditions de travail mais qui nauront pas le droit de négocier collectivement ou de faire grève. Lors dune visite dune mission de lOIT en Corée du Sud en février, le gouvernement a fait part de son intention daccorder ultérieurement aux fonctionnaires le droit de former des syndicats. Enseignants La Commission a également convenu de la légalisation du syndicat des enseignants en date de juillet 1999. Un projet de loi a été rédigé par lorgane tripartite mais na pas été présenté à lAssemblée Nationale en 1998. Cette mesure permettrait par la même occasion de légaliser la KCTU. Libération de syndicalistes Le nouveau président est entré en fonction en février. En mars, il a fait libérer des syndicalistes qui étaient en prison pour avoir exercé des activités syndicales. Leur inculpation na pas été retirée pour autant. Des arrestations suivent une protestation contre des licenciements Le 16 avril, des employés en grève de la South Koreas Kia Motors Corp. et leurs sympathisants ont affronté la police anti-émeutes au cours d'une manifestation dans le cadre dune grève de Kia Motors qui, quelques jours auparavant et en compagnie de lentreprise « sur » Asia Motors Corp. avait été mise en règlement judiciaire. Le syndicat a vu cette action comme un premier pas vers une reprise de lentreprise et des licenciements. Le 17 avril le procureur général a déclaré que la grève était illégale et a menacé denvoyer la police mettre fin à la grève. Le 20 mai la production a repris.
Le 1er mai, des manifestations ont été organisées pour protester contre les licenciements et des affrontements avec la police se sont produits. La police a envoyé des bombes de gaz lacrymogène dans la foule. Six travailleurs ont été arrêtés. Trois dentre eux ont été libérés par la suite mais les autres, Park Kyung-woo, Kim Hoo-young et Park Kil-young, ont été jetés en prison. Sept autres ont été arrêtés et détenus ultérieurement, après avoir été identifiés sur des photographies. La police a mis sous surveillance les domiciles et les lieux de travail de 20 autres syndicalistes qui avaient pris part aux manifestations du premier mai pour tenter de les arrêter. Nouveau refus denregistrer la KCTU La KCTU a présenté une nouvelle demande denregistrement en mai, qui a été refusée. Grève générale au sujet de licenciements massifs La KCTU a demandé un dialogue avec le gouvernement. Des milliers de travailleurs ont perdu leur emploi sans recevoir de primes de licenciement et pratiquement sans avoir droit à des allocations sociales. La KCTU a dit que si le gouvernement ne répondait pas à son appel elle lancerait un appel à la grève pour le 27 mai, suivie par une nouvelle action le 10 juin.
Un rassemblement sest tenu le 23 mai préalablement à la grève générale des 27 et 28 mai. Les procureurs généraux, dans une surprenante déclaration publique, ont demandé instamment aux employeurs de pratiquer un lock-out contre les employés si la grève se prolongeait trop longtemps, et dadopter une politique de retenue de salaires contre les grévistes ("no work, no pay").
La grève a eu lieu avec cinq revendications principales : labrogation des lois permettant les licenciements massifs et des poursuites judiciaires contre les employeurs qui avaient perpétré des licenciements massifs illégaux; des mesures pour garantir la sécurité de lemploi; des dispositions pour une aide aux chômeurs; un projet de réforme des chaebols, grandes entreprises dEtat, et une révision complète des conditions imposées par le F.M.I. Dirigeants syndicaux cités à comparaître La grève a été déclarée illégale. Le 29 mai, le procureur général en chef a émis 143 citations à comparaître pour interroger des dirigeants syndicaux. Ces citations demeurent en suspens, mais elles nont pas été mises à exécution. Les dirigeants de la KCTU ont campé dans la cathédrale Myongdong au centre de Séoul, refuge traditionnel des dissidents et des militants. Ils ont affirmé quen cas de répression ils maintiendraient la grève du 10 juin.
Le 5 juin, le gouvernement a dit quil mettrait un terme à toutes les poursuites judiciaires contre les dirigeants de la KCTU, mais la KCTU a signalé que la police continuait de porter des citations à comparaître à des syndicalistes. Les dirigeants syndicaux recherchés par la police étaient entre autres le président de la KCTU, Lee Kap-yong, son premier vice-président Yoo Deuk-sang, un autre vice-président qui est aussi le président de la fédération coréenne des métallurgistes, Dan Byung-ho, ainsi que le secrétaire général de la KCTU, Koh Young-joo. Douze dirigeants des conseils régionaux de la KCTU ont été également assignés, tout comme 81 membres de la fédération coréenne des métallurgistes. Deuxième commission tripartite Une deuxième commission tripartite a été mise en place en juin. La KCTU a refusé dy prendre part, mais a annulé la grève du 10 juin. Grèves de protestation Les travailleurs de Hyundai ont fait grève les 6 et 7 juillet. Le 9 juillet, les travailleurs des hôpitaux ont fait grève au sujet des réductions de salaires et de la restructuration. Plus de 800 policiers anti-émeutes ont été dépêchés dans les hôpitaux pour le cas où la violence éclaterait.
En juillet, tant la KCTU que la FKTU ont lancé un appel à la grève générale pour protester contre la décision de fermer cinq établissements bancaires et de privatiser un certain nombre de chaebols, ce qui menace daugmenter considérablement le nombre de chômeurs. La KCTU et la FKTU ont organisé une manifestation conjointe le 12 juillet. A partir du 14 juillet, la KCTU a fait une grève de trois jours menée par les travailleurs métallurgistes, ceux des télécom, et ceux des cinq établissements bancaires. Le gouvernement a déclaré que la grève était illégale. Mandats darrêt pour les dirigeants syndicaux Juste avant minuit le 14 juillet, le gouvernement a émis un mandat darrêt pour Dan Byung-ho. Plus de 200 membres de la police anti-émeutes ont encerclé les bureaux de la fédération coréenne des métallurgistes. La police sest rendue également dans les domiciles des responsables syndicaux dans la région de Masan-Changwon, ville industrielle et métallurgique.
Le 19 juillet, le secrétaire général de la KCTU Koh Young-joo et quatre autres syndicalistes ont été arrêtés.
Le 20 juillet, des mandats darrêt avaient été émis pour près de 100 dirigeants syndicaux de la KCTU à léchelon central, des fédérations et local, y compris le premier vice-président de la KCTU Yoo Deuk-sang, Dan Byung-ho, le président de la fédération coréenne des syndicats du secteur public Kim Ho-seun, et Kim Kwang-shik, président du syndicat des travailleurs de Hyundai Motor. Négociations avec le gouvernement Le 22 juillet a vu le début des négociations entre la KCTU et le gouvernement, et la KCTU a repoussé la grève générale prévue pour le 23 juillet. Un accord a été atteint sur huit points, et les négociations devaient continuer sur Hyundai et sur la restructuration du secteur bancaire et du secteur public. Licenciements chez Hyundai Le 17 juillet, Hyundai Motors a annoncé 1.600 licenciements. Le 20 juillet Daewoo a annoncé des licenciements. Le président du syndicat de Hyundai était inclus sur la liste, tout comme la plupart des représentants syndicaux à plein temps et des délégués syndicaux. Le 20 juillet les travailleurs ont tenu un sit-in en dépit du fait que lemployeur ait annoncé une fermeture temporaire.
Le 28 juillet, les procureurs ont annoncé quils enverraient des troupes à lusine de Hyundai à Ulsan si les travailleurs qui faisaient grève au sujet des licenciements refusaient de retourner au travail. Le 14 août, Hyundai a dit quelle suspendait la production pour une durée indéterminée. Le gouvernement a considéré que la grève était illégale et a émis 64 mandats darrêt pour des dirigeants syndicaux. Le 19 août 15.000 policiers anti-émeutes ont entouré lusine parce quaucun accord navait été atteint. Le gouvernement a envoyé des médiateurs, et un compromis a été obtenu le 21 août. La police anti-émeutes fait une descente dans les usines de Mando Machinery Les travailleurs de Mando Machinery Corp. ont fait grève le 17 août au sujet de licenciements. Le 3 septembre très tôt le matin, des milliers de policiers anti-émeutes armés de gaz lacrymogène et de canons à eau ont fait une descente dans six usines appartenant à Mando Machinery. De nombreux grévistes ont été blessés au cours daffrontements avec la police, et plusieurs centaines de travailleurs ont été arrêtés. Cétait la première fois sous la nouvelle présidence que lon avait recours à la violence contre des travailleurs en grève. Près de 500 travailleurs ont été détenus puis libérés plus tard, à lexception de 24 dirigeants syndicaux. Arrestations Le 25 août, la KCTU a annoncé que 60 syndicalistes y compris le secrétaire général de la KCTU avaient été arrêtés et mis en détention, 29 arrêtés uniquement, 127 étaient recherchés en vue de leur arrestation, le tout en relation avec le rassemblement du premier mai, les grèves générales de mai et de juillet, et les grèves dentreprises.
Dan Byung-ho a été arrêté en octobre. Dautres syndicalistes ont encore fait lobjet darrestations chez Mando Machinery et chez Hyundai, même après le règlement du conflit. La KCTU a dit que larrestation de bon nombre dentre eux sétait effectuée à peine avaient-ils quitté le sanctuaire de la cathédrale de Myongdong.
Le 8 novembre, la KCTU a organisé une manifestation contre les politiques du F.M.I. et a exigé que se tiennent des audiences publiques pour déterminer qui avait la responsabilité de la gestion économique du pays.
Un mois plus tard, le 25 novembre, la KCTU a dit que depuis le mois de mai 201 syndicalistes avaient été arrêtés et détenus. Parmi eux, Koh Young-ho, le secrétaire général de la KCTU, avait été condamné le 24 octobre, suite à un procès, à un an et demi de prison. Dautres ont été libérés ou ont eu une suspension de leurs condamnations, comme Kim Ho-seun, président du syndicat des télécommunications, qui a reçu une peine de un an et demi de prison, avec un sursis de trois ans.
Avec les 268 syndicalistes qui avaient été arrêtés mais pas détenus, et les 19 qui étaient encore recherchés en vue de leur arrestation, le chiffre total des dirigeants et membres de la KCTU arrêtés ou en passe de lêtre se monte à 588. Parmi eux, 55 sont restés incarcérés. Population: 797.000/ Capitale: Suva/ Conventions de loit ratifiées: 29-105-98 Des progrès ont finalement été enregistrés à propos de la réforme des décrets du travail de 1991. Les employeurs restent toutefois hostiles aux syndicats, surtout dans les zones franches. Les décrets du travail Les décrets du travail introduits après le coup dEtat militaire de 1987 divisaient les travailleurs selon leur race et leurs cultures. Ils rendaient toute organisation syndicale pratiquement impossible et réglementaient lactivité syndicale jusque dans les moindres détails.
Suite à la pression syndicale exercée à léchelle nationale et internationale, trois importants changements ont été apportés à ces décrets. La nouvelle constitution de Fidji, qui est entrée en vigueur en juillet 1998, a également nécessité lamendement des lois de 1991 de manière à les rendre conformes aux dispositions constitutionnelles sur la liberté syndicale et le droit de sorganiser et de négocier collectivement. Les changements-clés Les syndicats peuvent organiser des votes à bulletin secret sans supervision du gouvernement. Néanmoins, à la fin de lannée 1998, le ministre du travail navait pas amendé les réglementations. Ce qui signifie que les syndicats doivent encore informer le ministère lorsquils organisent ces votes au risque dêtre en infraction avec la loi.
Le secrétaire permanent du travail peut aujourdhui accepter de traiter des conflits créés par un syndicat qui nest pas reconnu. Néanmoins, la centrale syndicale nationale, la FTUC, a expliqué que cette mesure nétait pas encore opérationnelle. Les grèves organisées pour obtenir lhomologation syndicale ont été interdites, permettant aux employeurs de licencier les membres syndicaux ou de les intimider en les poussant à quitter un syndicat - une pratique courante dans lindustrie du textile dans les zones franches.
Troisièmement, lorsque plusieurs syndicats représentent le même groupe ou la même classe de travailleurs, seul le groupe le plus représentatif dispose de droits de négociation, bien que les employeurs puissent, sils le souhaitent, accepter dautres syndicats lors des négociations. Les restrictions restent en place Il ny a pas eu d'amendement à linterdiction du droit de grève qui frappe les associations professionnelles, auxquelles appartiennent de nombreux travailleurs fidjiens et certaines catégories de travailleurs, ainsi quà linterdiction dadhérer à un syndicat qui frappe le personnel de maîtrise. Les procédures de perception des cotisations syndicales et lélection des responsables syndicaux restent détaillées et excessives.
En outre, la législation du travail ne protège pas les syndicats contre les actes dingérence des employeurs.
La FTUC rapporte que, depuis un an, le ministère du travail na pas convoqué les réunions des commissions salariales qui fixent les salaires minimums dans les secteurs non organisés. La grève de la banque ANZ déclarée illégale Les restructurations et les réductions deffectifs ont particulièrement touché le secteur bancaire. Les travailleurs de la banque Australia Zealand Bank (ANZ) sont partis en grève le 20 mars suite à des départs forcés, des rétrogradations de carrière et la conversion de temps plein en temps partiel. Le ministre du travail a déclaré la grève illégale et a soumis le cas devant le procureur général. Un accord a toutefois été conclu peu après. Suppression des retenues à la source des cotisations Les employeurs sont devenus de plus en plus hostiles. Ils ont menacé beaucoup de syndicats de la FTUC de supprimer la retenue des cotisations à la source à moins quils nacceptent certaines de leurs exigences. En 1997, la Fidji Sugar Corporation a supprimé la retenue des cotisations après quune grève ait eu lieu dans lentreprise. Tout est ensuite rentré dans lordre après que la FTUC ait intenté une démarche auprès du premier ministre. La plupart des sociétés hôtelières ont supprimé la retenue des cotisations des employés du National Union of Hotel and catering (Syndicat du secteur Horeca) dans une tentative de paralyser le syndicat. Le système a été rétabli après de longues négociations. La question a été discutée dans un forum tripartite mais les employeurs ont refusé daccepter la réintroduction du système annulé par les décrets de 1991. La négociation collective sapée par le gouvernement Le 1er avril, le gouvernement a introduit une mesure visant à bloquer lindexation des salaires en limitant leur augmentation à 3 % pour 1998-99. Cette mesure ne tenait pas compte des dispositions prises dans les accords collectifs, incluant un accord salarial de 3 ans pour le service public.
La FTUC a expliqué quelle pourrait négocier des dispositions relatives aux salaires si le gouvernement parvenait à un accord sur les licenciements et la retenue des cotisations à la source. Dans le cas contraire, elle a déclaré quelle pourrait tenir une grève nationale le 23 avril. Le gouvernement a accepté de retirer son projet. Lors de discussions au sein du forum tripartite, on est parvenu à un accord sur les licenciements et les retenues des cotisations, mais il a ensuite été rejeté par le cabinet.
La FTUC a été à la tête du mouvement de grève. Une deuxième grève, planifiée pour le 2 juin, a ensuite été annulée après que des progrès aient été enregistrés lors dune rencontre avec le premier ministre. Un projet daccord élaboré lors de la réunion a été rejeté par la FTUC. Les difficultés dorganisation dans les zones franches Il ny a pas eu damélioration dans les zones franches où il est toujours impossible dorganiser un syndicat du fait de lhostilité des employeurs. Les conditions de travail sont mauvaises et les femmes font lobjet de harcèlement sexuel et de fouilles et doivent pointer avant daller aux toilettes et après. Les travailleuses de ces zones nont pas droit à un congé de maternité ni à un congé annuel.
En 1998, la FTUC a rapporté quune manufacture de vêtements avait forcé ses employés à travailler 36 heures dune seule traite. HONGKONG REGION ADMINISTRATIVE SPECIALE DE LA CHINE Population: 6.191.000/ Capitale: Hong Kong/ Conventions de loit ratifiées: 29-105-87-98-100 La législation du travail de Hong Kong ne protège pas correctement les droits syndicaux. En 1998, le gouvernement a ignoré les recommandations de lOIT demandant un amendement de cette législation. Le droit de sorganiser nest pas correctement protégé Les syndicalistes risquent dêtre poursuivis et licenciés sils créent des syndicats ou mènent des activités syndicales. Les syndicats gardent souvent secrètes leurs listes dadhérents pour leur éviter des représailles. Si la loi protège les travailleurs contre la discrimination antisyndicale, elle leur laisse toutefois la charge de la preuve. La législation ne contient aucune disposition relative à la réintégration des travailleurs licenciés, mais prévoit uniquement une amende pour les employeurs et une indemnité pour les travailleurs. Pas de droit à la négociation collective Les droits à la négociation collective ou à la reconnaissance syndicale ne sont pas reconnus. En outre, les autorités nencouragent pas la négociation collective et les employeurs refusent généralement de reconnaître les syndicats. Dans une certaine mesure, cela signifie que les syndicats ne peuvent servir que de groupes de pression, dorganisateurs ou de conseillers aux travailleurs.
Les conventions collectives couvrent moins dun pour-cent des travailleurs et ne sont pas juridiquement contraignantes. Le secteur public ne bénéficie pas de conventions collectives, mais ladministration précédente consultait les fonctionnaires à propos des salaires et des conditions de travail. Les grévistes risquent le licenciement Si le droit de grève est protégé par la loi fondamentale, la Constitution de la région administrative spéciale de Hong Kong (HKSAR) ne contient aucune protection relative à lexercice de ce droit. En droit commun, les employeurs peuvent licencier des grévistes pour rupture de contrat sans devoir leur verser aucune indemnité. Les employeurs peuvent également réclamer des dommages et intérêts aux travailleurs et les menacer de mesures disciplinaires, de retenues sur salaires et de rétrogradation pour dissuader les candidats-grévistes. Les piquets de grève peuvent être dispersés par la force en vertu de lordonnance sur lordre public.
Le gouverneur de Hongkong a le pouvoir de congédier ou de suspendre de leurs fonctions les employés des services publics pour « motif suffisant ». Cette prérogative a été utilisée en 1990 pour intimider les employés des postes et les amener à renoncer à la grève. La rétrocession en 1997 Promulgation de lois améliorant les droits syndicaux Après la rétrocession de Hongkong à la Chine, Lee Cheuk-yan, secrétaire de la centrale syndicale HKCTU et membre élu du Conseil législatif (LegCo), a présenté des mesures visant à offrir un cadre juridique satisfaisant aux syndicats et à veiller à ce que la législation de Hongkong respecte les conventions de lOIT. Trois ordonnances furent présentées au LegCo dans un projet de loi dun membre privé en avril 1997 et furent adoptées lors de la dernière séance sous mandat britannique en juin 1997. Les entreprises commerciales protestèrent vivement au moment de ladoption de ces lois en alléguant la menace quelles représentaient pour la compétitivité de Hongkong. Le gouverneur désigné, Tung Chee-hwa, sest engagé à rectifier les « conséquences sociales et économiques indésirables » de ces lois. Nouvelle loi suspendue Lun des premiers actes posés par le nouveau gouvernement lors de la prise de contrôle de Hongkong le 1er juillet 1997 a été de suspendre trois ordonnances « pour révision » jusquà la fin du mois doctobre. Cette décision a été prise en dépit de lengagement officiel pris par le gouvernement chinois envers lOIT dappliquer les normes de lOIT en vigueur à Hongkong avant la rétrocession et en dépit de la loi fondamentale qui contient également des garanties en ce sens. Retour au statu quo sur le plan législatif Le Conseil législatif provisoire (PLC), qui remplace le LegCo, a révoqué les dispositions les plus importantes des nouvelles lois le 29 octobre 1997. En règle générale, la législation du travail est redevenue semblable à celle qui prévalait au cours des années qui ont précédé la rétrocession.
Les aspects suivants de la nouvelle législation ont été révoqués:
Les anciennes interdictions supprimées par la nouvelle législation ont été réintroduites:
Certaines améliorations ont survécu à la révision du PLC, notamment:
Le renforcement des restrictions Lordonnance sur les sociétés et lordonnance sur lordre public ont également été amendées depuis la rétrocession de 1997 afin de brider la liberté dassociation ou dassemblée en introduisant le concept de la sécurité nationale dans ces deux textes législatifs. La police peut désormais refuser de délivrer des autorisations de manifestations si elle estime que ces dernières risquent de menacer la sécurité nationale. Lordonnance sur les sociétés a été amendée et stipule désormais que les partis politiques doivent être enregistrés et que les liens entre les organisations politiques et les groupes politiques étrangers sont interdits. Licenciements et réductions de salaires La crise économique asiatique a commencé à frapper Hongkong durant lannée. Les travailleurs et les syndicats ont été victimes de licenciements de plus en plus nombreux. Des conflits ont eu lieu lorsque des directions dentreprises ont refusé de payer des indemnités aux travailleurs licenciés, notamment à la société de confection de vêtements Triumph International, et lorsquelles ont réduit les salaires, notamment à la HK Telecom. Des rapports ont également indiqué que des travailleurs avaient été contraints de prendre des congés sans solde.
Cette situation a poussé le HKCTU à renouveler sa revendication concernant le droit à la négociation collective. Toutefois, en vertu de la loi fondamentale, un projet de loi dun membre privé est beaucoup plus difficile à introduire étant donné quil faut obtenir lautorisation du gouverneur si celui-ci « a une incidence sur la politique gouvernementale ». Intervention policière En mai 1998, plus de 100 policiers ont été déployés pour disperser les travailleurs qui avaient organisé un piquet de grève sur le site de construction du nouvel aéroport de Hongkong après le refus de la direction de négocier avec le syndicat.
Le 17 juin, en vertu de lordonnance sur lordre public, un membre du HKCTU, Wong Ying-yu, a été acquitté de laccusation selon laquelle il aurait « causé des nuisances sonores » lors dun piquet de grève à lhôtel Regal au mois de mars. La police lavait poursuivi pour avoir utilisé un mégaphone lors de laction menée à lextérieur de lhôtel en compagnie de travailleurs licenciés. Avertissement à un dirigeant du syndicat Yip Kwok-Yin, le dirigeant du HKCTU, a reçu deux lettres davertissement de la police après avoir organisé des rassemblements illégaux, ce qui constitue un délit au titre de lordonnance sur lordre public. Il avait organisé deux rassemblements et des piquets de grève réunissant une centaine de travailleurs à lentreprise China Overseas Holding, une entreprise de construction propriété de la Chine, pour demander le paiement des salaires des travailleurs. Danciens responsables syndicaux remportent un procès pour obtenir des indemnités En juillet, Courtney Chong, une ancienne employée de la compagnie aérienne Cathay Pacific et vice-présidente du syndicat du personnel de cabine, licenciée après une grève en 1993, a finalement obtenu une indemnité de la compagnie. Cette dernière lavait accusée de vol sur base daccusations fabriquées de toutes pièces et lavait licenciée à la veille des élections syndicales. La compagnie lui a offert une indemnité deux semaines précisément avant le début prévu du jugement, le 6 juillet 1998, soit cinq ans après le début du procès en diffamation intenté auprès des tribunaux civils.
Le gouvernement, alléguant le manque de preuve, navait pris aucune mesure légale contre la compagnie coupable de discrimination antisyndicale. Licenciement en raison dactivités syndicales Au mois de septembre, le président du syndicat général des employés de laérogare internationale de Hongkong a été abusivement licencié par la compagnie en raison de ses activités syndicales. Recommandations de lOIT Au mois de novembre, lOIT a fait plusieurs recommandations au gouvernement de la Région administrative spéciale de Hongkong. Ces recommandations incluaient la révision et le renforcement de la législation relative à la protection contre la discrimination antisyndicale, y compris lobligation de réintégrer les travailleurs licenciés en raison de leurs activités syndicales. LOIT a déploré labrogation de la législation sur la négociation collective par la nouvelle administration et a demandé que la négociation collective soit encouragée par la désignation des syndicats les plus représentatifs. Elle a demandé la révocation des lois limitant le droit dexercer des fonctions syndicales aux seules personnes travaillant dans le secteur concerné; des lois qui introduisent des restrictions sur lutilisation des fonds syndicaux; et de celles qui interdisent aux syndicats dentreprendre des activités politiques. Le gouvernement ignore les recommandations En dépit du jugement de lOIT, le gouvernement a, à maintes reprises, déclaré publiquement quil ne violait pas les normes de lOIT en question et, en outre, quil ne lui semblait pas nécessaire denvisager de quelconques amendements ni de prendre dautres mesures. Il sest uniquement engagé à examiner lopportunité dintroduire une loi donnant aux employés le droit dêtre réintégrés en cas de licenciement pour activités syndicales. Echec dune tentative de réintroduire les lois sur la négociation collective En janvier 1999, le gouvernement a rejeté une motion présentée par Lee Cheuk-Yan, secrétaire général du HKCTU et membre élu du PLC, en vue de présenter un projet de loi dun membre privé du PLC afin de réintroduire les lois protégeant les droits à la négociation collective dans la Région administrative spéciale de Hongkong. Population: 391.000Capitale: Honiara/ Convention de loit ratifiée: 29 Un différend survenu en 1997 dans lindustrie de lexploitation du bois, à la suite du refus de lentreprise Earth Movers (Salomon), de renégocier une négociation collective avec le syndicat national des travailleurs des Iles Salomon (Solomon Islands National Union of Workers, SINUW) sest poursuivi en 1998. Refus de négocier Des membres du Syndicat national des travailleurs des Iles Salomon (SINUW) sont partis en grève à la fin de septembre 1997, lorsque lentreprise Earth Movers (Salomon) a refusé de renégocier leur convention collective.
Licenciement de tous les grévistes Lentreprise a obtenu une injonction de la Cour suprême contre les 412 grévistes, et les a ensuite tous licenciés. Elle a également obtenu un décret du tribunal leur interdisant davoir accès à leur lieu de travail, de former des piquets de grève dans les locaux de lentreprise ou dans les environs de leur lieu de travail, de barrer la route aux véhicules ou aux employés de lentreprise où que ce soit dans le pays, dapprocher tout employé ou travailleur remplaçant la main-doeuvre dans lentreprise ou de singérer dune façon ou dune autre dans les activités de lentreprise. Le 15 octobre 1997, un organisateur syndical a été arrêté et emprisonné, pour avoir prétendument désobéi à linjonction de la cour. Il a été libéré un jour plus tard mais est resté en garde à vue. lentreprise a essayé dexpulser des travailleurs de leur logement dans sept camps dexploitation du bois et a entamé une procédure judiciaire contre le syndicat.
Procédures de conciliation A la suite dune pression syndicale internationale, le gouvernement a appelé le syndicat et lentreprise à une conciliation devant la Commission de règlement des différends. Au début de décembre 1997, après une procédure initiale de consultation, lentreprise a obtenu de la Cour suprême une décision qui renvoyait la question à la Cour suprême. Lentreprise a alors commencé à recourir à des tactiques pour différer une décision jusquaprès Noël, en espérant que les travailleurs seraient sous pression et reprendraient le travail pour disposer dargent pour leurs familles durant le congé de Noël.
Décision judiciaire en faveur des syndicats Le 20 mars 1998, la Commission de règlement des différends sest prononcée en faveur du syndicat en prononçant une sentence arbitrale stipulant que lemployeur devait négocier avec le syndicat concernant la reconnaissance du syndicat et les conventions collectives, que les travailleurs licenciés devaient être réinsérés avec effet rétroactif à partir de la date de leur cessation demploi et que tous les membres syndicaux devaient recevoir une augmentation de 10% de leurs salaires, allocations et primes à partir du 1er janvier. Cette sentence arbitrale a été confirmée par la Cour suprême le 22 juin 1998. en dépit de cette décision du tribunal, lentreprise na pris aucune mesure pour initier des négociations appropriées avec le syndicat et na pas réinséré les travailleurs dans leurs postes de travail. Le 17 août 1998, la Cour suprême a de nouveau pris une décision en faveur du syndicat SINUW, avec un ordre dapplication de la décision antérieure de la Commission de règlement des différends. Lordre stipule que lentreprise doit payer aux membres syndicaux tout ce qui leur est dû sur un compte en fidéicommis, qui sera gardé jusquà la résolution finale du différend, et stipule également que les travailleurs licenciés doivent être réinsérés.
Le différend sest prolongé suite à un appel interjeté par les employeurs Pour la première fois dans lhistoire des relations professionnelles du pays, lentreprise a interjeté appel contre les décisions de la Cour dappel qui a entendu laffaire les 19 et 20 octobre. Le tribunal a renvoyé laffaire à la Commission de règlement des différends. Population: 944.600.000/ Capitale: New Delhi/ Conventions de loit ratifiées: 29-100-111 Les restrictions imposées aux droits syndicaux des employés de la fonction publique sont maintenues. Cinq travailleurs du textile ont été tués par la police alors quils participaient à une manifestation pacifique. Des manifestants sont tués.
Dans lEtat de Haryana, la police a ouvert le feu sur un groupe de travailleurs du textile qui manifestaient pacifiquement en février devant lusine de textiles de Pushupati, à Dharuera, dans le district de Rewari,. Cinq personnes ont perdu la vie.
grève nationale pour protester contre la privatisation et les pertes demploi Le 11 décembre, un grève nationale massive a été organisée pour protester contre les politiques économiques du gouvernement, notamment la vente dentreprises publiques et louverture du secteur des assurances aux investisseurs étrangers. Des membres syndicaux dans des usines manufacturières et industrielles établies depuis longtemps ont continué à devoir faire face à des licenciements massifs. Dans de nombreux cas, la production a été sous-traitée à des usines non syndiquées et au secteur non structuré.
Des droits syndicaux sont niés dans le secteur agricole Les travailleurs agricoles et les ouvriers sous contrat nont pas le droit dorganisation et de négociation collective.
Restrictions des droits des employés de la fonction publique La loi fait une nette distinction entre les employés de la fonction publique et les autres travailleurs. Les employés de lEtat souffrent de nombreuses restrictions aux droits dorganisation et de négociation collective. Une loi de 1993 limite la liberté syndicale des employés de la fonction publique. Elle contient des règlements exagérément détaillés, régissant les règles et activités des associations demployés de la fonction publique. La reconnaissance octroyée à des associations peut être supprimée si elles ne se conforment pas aux critères contenus dans la loi. Aucun rapport nindique que ceci a eu lieu. La loi limite la libre élection de représentants dassociations, soumet leur statut à lapprobation préalable du gouvernement et interdit aux associations de publier un magazine ou un périodique sans laccord gouvernemental. La loi ne mentionne pas la reconnaissance des fédérations aux fins de négociation collective.
lorganisation est rendue difficile dans les zones franches dexportation Il y a sept zones franches dexportation (ZFE) en Inde. En théorie, les travailleurs des ZFE ont le droit dorganisation et de négociation collective. Toutefois, dans la pratique les syndicats y sont rares. Les organisateurs syndicaux ne sont pas autorisés dans les zones qui sont entourées par des grilles de sécurité. Chaque entreprise amène directement ses travailleurs par autobus devant lentrée de lusine et les attend à la sortie. De nombreux travailleurs des zones sont des femmes. Elles sont généralement trop jeunes et ont trop peur pour former des syndicats. Les conditions des travailleurs sont mauvaises et les heures supplémentaires obligatoires. La main-doeuvre craint des mesures de représailles de la part de la direction et ceux ou celles qui protestent sont souvent licenciés. Il est courant que des travailleurs soient employés aux termes de contrats temporaires par des employeurs fictifs plutôt que directement par lentreprise concernée.
Des jugements du tribunal déclarent les grèves illégales La Cour suprême de lEtat de Kerala dans le sud de lInde a déclaré le 28 juillet 1997 que toutes les grèves générales (bandhs) sont illégales et que tous les organisateurs de manifestations de protestation seraient responsables des pertes provoquées par des fermetures. Plus tard dans lannée, la Cour suprême de lInde a confirmé le verdict en attirant lattention sur la différence entre une fermeture complète de toutes les activités (bandh) et une grève générale (hartal). Sil est probable que le jugement a été rendu en ce qui concerne des grèves politiques, les syndicats ont déclaré que cette décision restait une menace potentielle pour leurs activités. Dautres jugements en 1997 ont également déclaré les grèves illégales et ont obligé les grévistes à payer des dommages parce que les consommateurs et le public avaient souffert durant les grèves.
Révision de la législation du travail Début 1999 le gouvernement déclarait quil mettrait sur pied une commission qui disposerait de 24 mois pour réviser la législation du travail "afin de la rendre plus pertinente et plus appropriée dans le contexte changeant de la mondialisation et de louverture de léconomie indienne". Population: 200.500.000/ Capitale: DJakarta/ Conventions de loit ratifiées: 29-87-98-100 Depuis la démission du président Suharto le 21 mai 1998, le respect des droits syndicaux sest nettement amélioré en Indonésie. Le SBSI (syndicat indonésien de la prospérité) a été reconnu et Muchtar Pakpahan a été libéré de prison. Il reste toutefois de gros problèmes, en particulier lingérence de larmée dans les questions et les conflits du travail. Lère Suharto Centrale nationale contrôlée par le gouvernement Au début de 1998, la FSPSI était la seule centrale syndicale nationale légale. Elle avait été créée en 1973, à loccasion dune restructuration du mouvement syndical ordonnée par le gouvernement, et était contrôlée et dirigée par ce gouvernement.
Le gouvernement estimait que les relations du travail relevaient de la sécurité nationale et justifiait sa mainmise sur la FSPSI par la nécessité de faire respecter la loi et lordre. Le système des relations du travail avait pour but de promouvoir le Pancasila, lidéologie nationale prônée par le gouvernement, laquelle met laccent sur le consensus, lunité nationale et la justice sociale. En réalité, cette idéologie était utilisée pour limiter la dissension, renforcer la cohésion sociale et politique et brider le développement de lopposition. Linfluence de larmée sur la FSPSI De hauts gradés de larmée, aujourdhui à la retraite, occupaient des postes de responsabilité dans la FSPSI et dans les structures locales et régionales de ses affiliées. On expliquait cela par lidéologie officielle du « double fonctionnement » qui conférait aux forces armées un rôle dans le développement économique et social du pays, au même titre que dans les questions de défense. Les autorités déclaraient également que les travailleurs ne possédaient pas léducation, lexpérience et les compétences requises pour gérer leurs propres syndicats. Les progrès enregistrés lors du congrès de la FSPSI en 1995 Selon certaines indications, le congrès de 1995 de lorganisation aurait été le premier à se tenir sans une ingérence flagrante du gouvernement ou de larmée. Lors de ce congrès, la FSPSI sest dotée de nouveaux statuts. Ceux-ci stipulaient que tout candidat à un mandat syndical devait avoir cinq années dancienneté au moins dans le mouvement syndical. Ceci fut le point de départ de la réduction, voire de lélimination de la présence du personnel militaire dans la FSPSI, mais cette disposition ne couvrait pas le problème du personnel militaire déjà en poste.
La FSPSI sest également restructurée en une fédération de syndicats dindustrie, tout en maintenant ses structures régionales et locales. Auparavant elle était structurée sur une base unitaire.
En 1997, la FSPSI a commencé à percevoir elle-même les cotisations syndicales, conformément aux changements statutaires de 1995. Auparavant, cest le ministère du Travail qui percevait les cotisations et les allouait à la FSPSI. Le nouveau système navait pas permis, jusquà ce jour, de renforcer la situation financière de la FSPSI, en particulier du fait que de nombreux employeurs ne lui avaient pas transféré les cotisations.
Les syndicats qui nappartenaient pas à la FSPSI faisaient lobjet de répression. Leurs activités étaient entravées par les forces de sécurité et par le ministère du Travail, et leurs dirigeants étaient harcelés et souvent arrêtés et emprisonnés. Lenregistrement du SBSI est refusé Le syndicat indonésien de la prospérité, le SBSI, fut créé en 1992. Le ministère de lIntérieur et le ministère du Travail refusèrent de lhomologuer à plusieurs reprises, alors que le syndicat affirmait remplir les critères. LOIT avait vivement recommandé lhomologation du SBSI. Intimidation Le SBSI a été constamment en butte aux intimidations et au harcèlement des forces de sécurité. Depuis 1992, quelque 7.500 travailleurs auraient été licenciés et mis sur des listes noires, voire emprisonnés, pour leur appartenance au SBSI. Le syndicat vit sous la crainte permanente des ingérences de larmée dans ses activités, et des hauts gradés de larmée et de la police visitent fréquemment ses bureaux. Plusieurs dirigeants de sections ont été intimidés par les forces de sécurité, jusquà la pousser à démissionner.
Le SBSI a indiqué avoir pu mener ses activités jusquà la mi-95 en étant moins harcelé par les autorités, mais a déclaré que la situation dépendait, dans une large mesure, de lattitude du commandant militaire. En 1997, la situation semblait sêtre détériorée. Pas de liberté syndicale dans le secteur public Les fonctionnaires et le personnel des entreprises dEtat, ainsi que le personnel militaire, navaient pas le droit de se syndiquer. Ils devaient adhérer au Corps indonésien des fonctionnaires, KORPRI, fondé par le gouvernement en 1971. Celui-ci nétait pas un syndicat. Il ne dépendait pas non plus du gouvernement et ne pouvait pas exercer de fonctions syndicales. Il servait plutôt de machine électorale au parti au pouvoir, le GOLKAR, et était chargé dinstaller les urnes sur les lieux de travail lors des élections et de contrôler le vote des travailleurs afin de sassurer quils votaient bien pour le GOLKAR. Le Conseil de développement central du KORPRI était présidé par le ministre de lIntérieur.
Les enseignants devaient être membres du PGRI, qui était contrôlé par le gouvernement et qui avait obtenu le statut de syndicat en 1990. Mais le PGRI nassumait pas de fonctions syndicales, il menait des activités dassistance publique et jouait un rôle important dans la gestion du système éducatif. Le syndicat indépendant des journalistes Le ministère de lInformation interdisait aux médias demployer des membres du syndicat indépendant des journalistes, lAJI, dont les membres continuent dêtre fréquemment harcelés, battus et de subir des représailles. Restrictions relatives à la négociation collective La négociation collective était très limitée. Les critères pour pouvoir être reconnu comme agent de négociation étaient établis dans la réglementation n°3 de 1993 du ministère du Travail relative aux syndicats homologués. Ces critères maintenaient le monopole de la FSPSI. Les syndicats devaient avoir 50 pour cent des travailleurs de lentreprise, 100 unités au moins au niveau des usines, 25 organisations au niveau des districts et cinq organisations provinciales, ou au moins 10.000 adhérents dans toute lIndonésie. En outre, la FSPSI devait également donner son approbation. La réglementation stipulait encore quune fédération devait réunir au moins dix syndicats pour être homologuée. Autorisation des syndicats dentreprise indépendants En janvier 1994, un décret confirmé par la direction générale du Travail en 1995, stipulait que des syndicats indépendants pouvaient être créés sur un lieu de travail et quils nétaient pas contraints dadhérer à la FSPSI. Ils étaient libres de signer des conventions collectives dans des entreprises de 25 employés au moins, pour autant que la moitié des travailleurs au moins acceptent la création du syndicat. Lorsquun syndicat dentreprise indépendant souhaitait saffilier à une fédération, il ne pouvait adhérer quà un syndicat sectoriel affilié à la FSPSI et était obligé de prendre cette décision après deux ans. Des responsables du ministère du travail ou des agents de la sécurité conseillaient souvent aux syndicats dentreprise dadhérer à la FSPSI.
Ce décret contredisait les exigences légales en matière de reconnaissance des agents de négociation.
La directive 348 publiée en 1995 stipulait que lautorisation dun employeur nétait plus requise pour créer un syndicat dentreprise. A la fin de 1997, selon les chiffres officiels, environ 1.200 syndicats dentreprise nappartenant pas à la FSPSI avaient été créés. Des syndicats contrôlés par les entreprises De nombreux rapports ont indiqué que les syndicats dentreprises étaient constitués par des employeurs avec la complicité du ministère du Travail et de ses représentants provinciaux, moyennant des pots-de-vin de la part des employeurs. Les travailleurs qui voulaient créer des syndicats dentreprise indépendants étaient généralement menacés de licenciement. Participation des responsables du gouvernement aux négociations collectives Des représentants du ministère du Travail ou des membres des forces de sécurité participaient souvent à la « négociation collective » entre travailleurs et employeurs dans les entreprises. Souvent, lemployeur ne tenait nullement compte de ce quil avait signé dans la convention et, la plupart du temps, les conventions se contentaient de répéter les dispositions déjà en vigueur en matière de salaire minimum. Discrimination antisyndicale La loi protégeait mal les travailleurs contre les actes de discrimination antisyndicale. Les employeurs pouvaient invoquer un « manque dharmonie dans les relations de travail » pour renvoyer des travailleurs qui se syndiquaient. Même si la loi de 1992 interdisait lingérence des employeurs dans les affaires des syndicats, ses dispositions étaient de toute évidence restées lettre morte.
Les sections de la FSPSI ne pouvaient généralement pas être créées sans laccord des employeurs concernés qui devaient également donner leur autorisation avant que les responsables sectoriels puissent entrer en fonction. De nombreux employeurs occupaient également des postes de direction à la FSPSI à léchelon régional et national. Des restrictions au droit de grève Des procédures de médiation et darbitrage obligatoire complexes rendaient la grève pratiquement impossible. Les grèves étaient autorisées dans les entreprises privées qui nétaient pas considérées comme vitales pour lintérêt national. Presque toutes les grèves étaient des grèves sauvages auxquelles la police ou larmée mettait immédiatement fin à la demande de lentreprise. La FSPSI et ses fédérations de secteur ne lançaient jamais dactions de grève et napportaient jamais leur soutien. Lorsquun conflit éclatait, les sections datelier de la FSPSI prenaient généralement le parti de la direction. Les exemples sont légion de cas où des syndicats dentreprise affiliés à la FSPSI partaient en grève pour protester contre le non-paiement du salaire minimum et nétaient pas soutenus par les syndicats sectoriels de la FSPSI.
La plupart des grèves éclataient parce que les employeurs ne payaient pas le salaire minimum. Et, dans de nombreux cas, lorsque le salaire minimum était payé, les employeurs réduisaient dautres allocations. Les conflits concernaient aussi souvent la reconnaissance des syndicats de la FSPSI dans les entreprises.
Des membres de ladministration locale et des agents de la sécurité surveillaient les travailleurs durant les grèves, participaient aux négociations et interpellaient, arrêtaient et interrogeaient les militants. Intervention de larmée Larmée continuait dintervenir durant les grèves. Lintervention de larmée dans les conflits du travail sest encore accentuée en 1997. La plupart des employeurs avaient des liens étroits avec les unités locales de la police et de larmée. En janvier 1994, le gouvernement avait révoqué une série de dispositions qui permettaient à larmée dintervenir dans les conflits du travail; mais, elle pouvait néanmoins intervenir en vertu dun décret de 1986 « en particulier dans les cas relevant de grèves, de contrats de travail, de licenciements et de changements dans le régime de propriété dune entreprise ».
Un décret de 1990 stipulait que lagence de sécurité intérieure, Bakorstanas, pouvait intervenir dans les grèves dans lintérêt de la stabilité politique et sociale. Une nouvelle législation ignorant les recommandations de lOIT Une nouvelle législation du travail avait été adoptée en septembre 1997 et devait entrer en vigueur le 1er octobre 1998.
Cette nouvelle législation ne respectait aucune des trois principales recommandations formulées par la mission de contact direct de lOIT qui sétait rendue en Indonésie en 1993 concernant lajustement de la législation indonésienne aux conventions de lOIT. Ces recommandations demandaient: de consolider la législation du travail et la législation syndicale actuelle particulièrement compliquée; de garantir la transparence de la législation; de respecter les droits syndicaux fondamentaux.
La loi stipulait que les syndicats pouvaient être créés au niveau de lentreprise et des fédérations, mais quils devaient être enregistrés auprès des autorités, conformément aux réglementations légales en vigueur. Ceci renvoyait à la réglementation n°3 du ministère du Travail de 1993 qui instaurait le monopole de la FSPSI.
Les conventions collectives ne pouvaient être conclues quau niveau de lentreprise et seuls des syndicats homologués pouvaient être parties à un accord. La loi semblait dire que les syndicats ne pouvaient pas partir en grève au sujet dune convention collective.
Elle stipulait des procédures fastidieuses avant de pouvoir organiser une grève et interdisait des grèves au niveau de lindustrie, des protestations massives de travailleurs, des rassemblements de travailleurs et des grèves de sympathie. Des grèves ne pouvaient être menées que dans lentreprise concernée. Un syndicat devait donner un préavis de grève à lemployeur et à la division locale des affaires du Travail. Les grèves ne pouvaient pas perturber « la sécurité et lordre public ».
Le rôle des syndicats se limitait à la négociation dune convention collective et à être partie à un différend du travail.
La loi ne protégeait pas adéquatement les travailleurs contre les actes de discrimination antisyndicale, ni contre lingérence des employeurs.
Dans plusieurs sections, la loi était assujettie à la promulgation dautres réglementations sur les syndicats en ce qui concerne: les procédures délaboration, lextension et lamendement dune convention collective, les procédures relatives à la grève, et les détails concernant les contrats demploi temporaires. Les militants en prison Muchtar Pakpahan Au début de 1998, Muchtar Pakpahan, le président général du SBSI était toujours emprisonné. Il avait été arrêté à la fin de juillet 1996 sous linculpation davoir organisé les émeutes du 27 juillet qui avaient éclaté lors de la répression de lopposition par la police. En mars 1997, il avait été libéré de prison pour être transféré à lhôpital en raison dune détérioration de son état de santé.
Pakpahan était inculpé aux termes de deux sections de la loi contre la subversion et risquait une peine pouvant aller de huit ans de prison à la peine de mort, mais également, aux termes du code pénal pour avoir suscité la haine contre le gouvernement, ce qui est passible dune peine de sept ans de prison.
Le gouvernement semblait résolu à sassurer quil soit lourdement condamné et à se débarrasser du SBSI dans le cadre dune stratégie largement considérée comme faisant partie dune tentative pour réprimer lopposition avant les élections de 1997 et 1998.
En octobre 1996, comme elle semblait incapable de préparer des arguments solides contre Pakpahan, la Cour suprême réimposa sa condamnation à quatre ans de prison en rapport avec les grèves de 1994 à Medan. Or Pakpahan ne se trouvait pas à Medan à ce moment-là.
La décision de la Cour suprême était sans précédent, présentait un vice de procédure et fut prononcée à la suite dune manipulation politique. La Cour suprême avait infirmé le jugement en septembre 1995 (le juge adjoint de la Cour suprême qui avait infirmé la condamnation fut par la suite licencié)
Le procès de Pakpahan sétait ouvert en décembre 1996 et était manifestement un procès spectacle. Le juge violait de toute évidence léthique des procès, avait tendance à la partialité et essayait dintimider la défense qui neut pas lautorisation dinterroger les témoins. Il était manifeste que Pakpahan était poursuivi parce quil présidait le SBSI et pour ses opinions politiques.
En mars 1997, Pakpahan était trop malade pour que le procès se poursuive et il fut donc différé.
En août 1997, il demanda à la Cour suprême une révision judiciaire de sa condamnation pour les émeutes de 1994 à Medan. La Cour suprême refusa. A la fin du mois, le procès reprit, mais Pakpahan était trop malade et il fallut le reporter une fois de plus. Il reprit ensuite, mais le 10 octobre, Pakpahan perdit connaissance dans la salle du tribunal.
A la fin de 1997, lEtat navait pas prouvé ses accusations contre lui. Le procès devait se poursuivre lorsque létat de santé de Pakpahan le permettrait. Dita Sari Dita Sari, dirigeante du PPBI, une organisation détudiants qui coopère avec les travailleurs pour les aider à organiser des grèves et des manifestations, fut également emprisonnée au début de 1998. Elle avait été condamnée à six ans de prison pour subversion le 22 avril 1997, mais la peine fut réduite à 5 ans lors du procès en appel.
Elle avait été arrêtée après une manifestation de masse organisée par le PPBI à Surabaya, dans lest de Java, le 8 juillet 1996, pour réclamer une augmentation du salaire minimum, des prix moins élevés et un contrôle indépendant des élections de 1997-1998. Cette agitation sociale fut imputée à un nouveau parti politique, le PRD, qualifié de marxiste par les autorités. Ses dirigeants furent accusés de subversion. Le PPBI est lié au PRD. Coen Husein Pontoh Coen Husein Pontoh, un dirigeant de lorganisation des agriculteurs du PRD, avait également été emprisonné au début de 1998 et purgeait une peine de trois ans et demi de prison. Il avait été accusé de subversion pour avoir été à linitiative de cette même grève et avait été condamné pour sêtre écarté des directives de la politique de lEtat et les avoir manipulées et entravées. Dita Sari et lui-même avaient déclaré quils interjetteraient appel de leur condamnation et que leur procès avait été truqué. Ils furent maintenus en cellule isolée et ne furent pas autorisés à avoir des livres ou à étudier.
Le 29 septembre 1997, le PRD, ses organisations associées, dont le PPBI, et dautres organisations furent interdites.
Janvier-mai 1998 La crise économique La crise financière et économique grave qui a frappé lIndonésie a engendré des troubles sociaux et politiques croissants en 1998. Le programme du FMI na pas réussi à stabiliser léconomie du pays. De nombreuses manifestations ont eu lieu au cours des premiers mois de lannée pour protester contre le gouvernement et demander une réforme politique, ainsi quune réduction des prix.
Au début de 1998, six responsables syndicaux de la société Megah Yota, au nord de Jakarta, furent menacés de licenciement. La société emploie essentiellement des femmes et fabrique des vêtements de sport pour Adidas et Kappa, lesquels sont exportés aux Etats-Unis, en France, en Italie et au Canada. Les responsables syndicaux avaient participé à une réunion à la division locale du ministère du Travail en vue de régler un conflit du travail. Le 23 janvier, en présence des représentants du ministère du Travail, le directeur du personnel de lentreprise a envoyé aux six responsables syndicaux une lettre de licenciement prenant effet le lendemain. Les responsables du ministère du Travail nont pas réagi. Les responsables syndicaux ne furent pas autorisés à pénétrer dans lentreprise. Il semblerait que lentreprise ait eu lintention de les remplacer. Mesures de répression contre les militants Des mesures de répression ont été prises contre le SBSI et dautres militants immédiatement avant les élections présidentielles du 11 mars, qui virent la réélection du président Suharto par lAssemblée populaire consultative (MPR).
Le bureau du SBSI à Jakarta fut visité par une trentaine dofficiers de police et le SBSI fut condamné à fermer ses portes jusquà une date ultérieure aux élections. Arrestations Le 9 mars, Yudi Rahmat, président du comité exécutif du SBSI, et Yudi Hermanto, président du SBSI à Padang, furent arrêté dans la région de Tanjung Priok, au nord de Jakarta, parce quils étaient suspectés dorganiser une réunion illégale et de distribuer des pamphlets pour le SBSI. Le pamphlet invitait à une manifestation pacifique devant lAssemblée populaire consultative pour demander la fin des licenciements; des réductions sur le prix de neuf produits de base; la suppression de la collusion, du népotisme, des monopoles et des oligopoles; la libération de Muchtar Pakpahan et lhomologation du SBSI en tant que syndicat. Des rapports indiquent quils ont subi un traitement par électrochocs lors de leur détention. Ils ont ensuite été libérés dans lattente de leur procès.
Le 9 mars, Sukirman, un membre du SBSI, a été arrêté pour avoir essayé de créer une section du SBSI au niveau de lentreprise à Lampung Utara, au sud de Sumatra. Sanusi, un membre du SBSI à Tanjung Priok-Jakarta, a été arrêté le 10 mars pour avoir participé à la préparation dune manifestation.
Le 9 mars, Farah Diba, une militante du SBSI et trois autres personnes ont été arrêtées tandis quelles participaient à une manifestation devant le grand magasin Sarinah, au centre de Jakarta, pour protester contre des licenciements et lire une liste de revendications de réforme politique. Elles ont été libérées sous caution et ont été jugées le 5 mai sous linculpation davoir enfreint le décret présidentiel n°5/1963, qui navait pas été utilisé pendant des décennies, et interdisait toute activité politique à lexception de celles menées par les agences du gouvernement. Elles encourraient une peine pouvant atteindre jusquà 5 années de prison. Farah Diba fut finalement acquittée par un tribunal le 12 juin.
Le 10 mars, trois militants du SBSI, Suseno, directeur de la section de Serang du SBSI; Sumantri, secrétaire de section; et Mahmud Hadi, directeur de section adjoint, ont été arrêtés dans la ville de Serang, à louest de Java. Des documents du SBSI furent également confisqués. Grèves Des grèves massives ont eu lieu au début du mois de mai lorsque les subventions pour le carburant, lélectricité et les prix des transports ont été supprimées, conformément aux conditions du FMI. Des millions de travailleurs ont été licenciés. La valeur de la roupie indonésienne a continué de chuter. Le prix des biens de consommation de base se sont envolés. Des milliers de travailleurs émigrés sont rentrés au pays lorsque les entreprises des pays voisins ont réduit leur effectif. Les usines et les entreprises de taille petite ou moyenne, frappées de plein fouet par la crise monétaire, ont réduit les heures de travail, diminué leur production, et réduit leur personnel et ont obligé les travailleurs à fonctionner en équipes pour réduire les coûts. Emeutes Des émeutes ont eu lieu à Jakarta à la mi-mai. Elles ont été déclenchées par de graves pénuries alimentaires et par une inflation élevée. Quelque 1.200 personnes ont été tuées lors des protestations contre la mauvaise gestion de la crise économique par le président Suharto. Le 21 mai, le président Suharto a démissionné.
Lère post-Suharto La libération de Pakpahan Le nouveau président, B.J. Habibie, a été élu le 21 mai. Le jour même, il a annoncé la libération de Muchtar Pakpahan, auquel il a octroyé une amnistie. Plusieurs autres dirigeants et membres du SBSI ont également été libérés de la prison de Cipinang à Jakarta, mais certains militants, tels que Dira Sari et Coen Pontoh, sont restés en prison. Pakpahan a été libéré le 26 mai. La levée du monopole de la FSPSI Un nouveau ministre du Travail a été élu. Le 26 mai, il a déclaré que, désormais, les travailleurs seraient libres de créer leurs propres syndicats pour autant quils soient établis conformément à la loi et à la doctrine de Pancasila. Il a promis que le gouvernement nutiliserait plus jamais la force militaire pour intervenir dans les conflits du travail. Le 27 mai, il a promulgué la réglementation ministérielle n°5 de 1998 relative à lhomologation des syndicats. Cette dernière abroge la réglementation ministérielle n°3 de 1993 qui entérinait le monopole de la FSPSI. Le président a donné son consentement au décret le 3 juin. Reconnaissance syndicale Le nouveau décret autorise lhomologation et la reconnaissance des syndicats, ainsi que la formation et le développement de syndicats indépendants. Les nouveaux syndicats dentreprise et dindustrie doivent être homologués par les autorités. Les syndicats dentreprise et dindustrie existants doivent se faire enregistrer dans un délai de 90 jours. Le décret prévoit également que les syndicats dentreprise doivent organiser des élections syndicales lorsque cela na pas encore été fait. Les fédérations et les confédérations doivent uniquement notifier leur établissement au ministère du Travail. Le décret permet lhomologation de plusieurs syndicats par lieu de travail ou établissement.
Aux termes de la nouvelle loi, les syndicats dentreprise ou dindustrie de la FSPSI ont été obligés de renouveler leur enregistrement et la centrale nationale a dû informer le ministère du Travail de son existence. La plupart des postes de direction de la FSPSI à léchelon local, provincial et national étaient toujours détenus par des membres du GOLKAR, danciens responsables militaires et danciens fonctionnaires, et, dans certains cas, par des employeurs et des hommes daffaires.
Le gouvernement a déclaré quil reconnaîtrait le SBSI qui pouvait maintenant enregistrer légalement ses syndicats membres. Plusieurs nouvelles confédérations syndicales ont vu le jour après la promulgation de la nouvelle loi.
Toutefois, le gouvernement a déclaré quil nétait pas disposé à permettre au Corps indonésien des fonctionnaires , KORPRI, de devenir un syndicat en tant que tel, bien quil ne soit plus obligatoire den être membre. Ratification de la convention n° 87 de lOIT Le 2 juin, le gouvernement a déclaré quil ratifierait la convention n°87 de lOIT relative à la liberté syndicale et au droit dorganisation. Le président a signé un décret à cette fin le 5 juin.
Des délégués du SBSI faisaient partie de la délégation indonésienne qui a participé à la conférence annuelle de lOIT à Genève. Violence Au début du mois de juin, des affrontements violents ont eu lieu à Surabaya entre les forces de police et des grévistes qui revendiquaient des salaires plus élevés. Réouverture de laffaire Marsinah Le 19 juin, des rapports de la police de lest de Java indiquaient quun capitaine de larmée avait admis que Marsinah, une syndicaliste qui avait subi des sévices sexuels et avait été assassinée en 1993 pour avoir organisé une grève, avait été torturée et tuée par des militaires de Sidoarjo. Le ministère du Travail a déclaré que laffaire serait réexaminée. Larmée intervient lors de grèves Quelque 10.000 travailleurs de lusine de confection de chaussures Kasogi International, à Surabaya, ont fait grève le 21 juin. Larmée a doublé ses effectifs sur place. Le 30 juin, les militaires ont tiré des balles en caoutchouc lors dune violente manifestation syndicale organisée à lusine sidérurgique de PT Ganung Garuda, à Bekasi, à lest de Jakarta. Les travailleurs demandaient des augmentations de salaires, de meilleures conditions de travail et le droit de créer un syndicat. Il y eut 104 arrestations et 26 personnes furent blessées par balle.
A la fin du mois de juin, des milliers de travailleurs de quatre usines de Maspion PT, une chaîne qui fabrique des produits électriques, ont participé à une manifestation pacifique pour réclamer des augmentations salariales. Nombre dentre eux furent grièvement blessés par des soldats usant de matraques en rotin et de crosses de fusil pour essayer de les empêcher de participer à la manifestation. Un travailleur, Lasimo, est décédé à lhôpital. Avertissement à Pakpahan Au début du mois de juillet, le gouvernement a menacé dintroduire une loi limitant les manifestations et imposant lobtention dune autorisation préalable dans certains cas. Muchtar Pakpahan a été mis en garde par le ministère de la Justice quil pourrait être à nouveau arrêté sil sengageait dans des activités illégales. Des rapports ont également indiqué quil circulait des pamphlets établissant un lien entre Pakpahan et le parti communiste. Des grévistes attaquées Les 15 et 16 juillet, 600 travailleuses de lusine de PT Mayora Indah ont fait la grève. Elles ont été attaquées par des hommes de main et menacées dactes de violence et de licenciements si elles poursuivaient la grève.
A Bandung, des travailleurs de lhôtel Horizon ont fait grève du 17 au 23 juillet pour défendre leurs droits à la négociation collective. Des soldats sont intervenus pour interrompre la grève. Intervention de larmée Le 23 juillet, le SBSI a déclaré quil avait lintention dorganiser un rassemblement de 10.000 travailleurs le lendemain pour se rendre au Parlement et demander la démission du président Habibie. Il voulait également demander lorganisation dune réunion de réconciliation nationale pour discuter du processus de réforme, ainsi que dune réunion de lAssemblée populaire consultative. Un porte-parole de larmée à Jakarta a indiqué que les manifestations seraient vivement réprimées. Le lendemain, des soldats armés ont encerclé le bureau du SBSI à Jakarta. Le SBSI a annulé son appel à la manifestation en signalant quil voulait éviter une confrontation avec larmée. 25.000 soldats furent déployés et empêchèrent plusieurs autobus transportant des travailleurs dentrer dans la zone.
Le SBSI décida de poursuivre son action en organisant une petite manifestation de 200 personnes. Des soldats armés ont alors bloqué les rues tandis que les manifestants approchaient du Parlement. Le commandant des forces armées de Jakarta a menacé de « mutiler » les manifestants sils poursuivaient leur marche.
Au mois de juillet, le chef des forces armées, le général Wiranto, a prononcé un discours dans lequel il a reformulé la double fonction de larmée en parlant de partage du pouvoir et des responsabilités, ainsi que de «guide en coulisses ».
Le 23 juillet, le propriétaire de lusine de bois tropicaux Indotama, à Deli Serdang, qui exporte des meubles vers les Pays-Bas, la Belgique, lAllemagne, les Etats-Unis, la Corée, la République tchèque, et la Chine, et les responsables militaires, ont intimidé des membres du syndicat SBSI nouvellement établi. Ils ont été arrêtés pendant cinq heures et plusieurs dentre eux ont été contraints de signer des lettres de démission. Libération de Coen Pontoh Le 24 juillet, Coen Pontoh a été libéré de prison. Grèves et pertes demploi Le 27 juillet, des travailleurs ont fait grève à la société PT.HJ & Ever Cortex à Balaraja, dans le Tangerang, pour sopposer au licenciement de six travailleurs lors dune grève précédente. Ces travailleurs avaient été battus par le directeur de lusine. Les forces armées sont intervenues pour mettre un terme à la grève.
Les grèves et les protestations se sont poursuivies, essentiellement dans le parc industriel autour de Jakarta. Les travailleurs manifestaient ainsi leur mécontentement en raison des pertes demplois et demandaient des augmentations salariales pour pouvoir faire face à la flambée des prix et à une inflation élevée. Des estimations indiquent que, à la fin de lannée, plusieurs millions de travailleurs auraient perdu leur emploi. Le droit de sorganiser dans les entreprises publiques Au mois daoût, les syndicats avaient obtenu le droit de sorganiser dans les entreprises publiques, mais pas dans ladministration publique. Le gouvernement a annoncé une augmentation de 15 pour cent du salaire minimum à partir du 1er août. Grévistes licenciés Quelque 1.700 travailleurs de lusine textile PT Tyfountex de Solo, dont le siège se trouve à Hongkong, organisés au sein du KRKB, le comité de la classe ouvrière pour la réforme, ont fait grève le 3 août pour obtenir le paiement de lallocation légale aux travailleurs malades, ainsi quune augmentation de salaire, conformément à laugmentation récente du salaire minimum. La direction a bloqué lentrée de lusine aux travailleurs, les a licenciés et a engagé des travailleurs pour les remplacer. Le tribunal du Travail a ordonné la réintégration des grévistes, mais la société a ignoré cet arrêt. Des grévistes battus par la police Le 25 août, la police armée de matraques en rotin a battu des travailleurs de lusine textile qui protestaient contre leur licenciement. Les policiers les ont ainsi empêchés de se rendre au bureau de lOIT. Quatre dentre eux ont dû être hospitalisés.
Au mois daoût, larmée est intervenue dans les grèves aux usines PT Deli Food et PT Mayora Indah à Jatiuwung, dans le Tangerang, le 3 août, au restaurant Coca Suki à Surabaya, à PT Freeport Indonesia à Timika, dans lIrian Jaya, et à PT Sinar Baru à Majalaya, dans la région de Bandung. Larmée est priée de ne pas singérer dans les conflits du travail En septembre, le ministre du Travail a annoncé quil avait écrit au mois de juin au ministre chargé de la coordination de la Politique et de la Sécurité, ainsi quau ministre de la Défense, en leur demandant dordonner au personnel militaire de ne pas singérer dans les conflits du travail. Il a indiqué quils avaient donné leur accord et que les forces armées, ABRI, prépareraient un règlement interdisant à ses membres dintervenir. Il a également signalé que le personnel militaire ne pouvait plus participer aux négociations collectives et à la négociation de solutions aux conflits du travail. Aucun amendement de la loi ne permet à larmée dintervenir dans les conflits du travail. La législation du travail de 1997 doit être amendée Le 8 septembre, le ministre du Travail a annoncé que lentrée en vigueur de la loi du Travail de 1997, fixée au 1er octobre 1998, serait différée dun an. En effet, la loi nétait pas conforme à la convention n°87 de lOIT, ratifiée par lIndonésie, et le gouvernement a déclaré quelle devait être amendée après consultations. Il a également indiqué que deux projets de loi sur les syndicats et sur le règlement des litiges du travail avaient été rédigés. Les syndicats des services publics sont autorisés Un représentant du ministère du Travail a déclaré à une mission de la CISL qui visitait le pays au début du mois doctobre que les fonctionnaires des services publics pourraient désormais créer des syndicats, comme cela avait été recommandé par la mission de contact direct de lOIT en août 1998. Le KORPRI devait organiser un congrès en février 1999. Le représentant a indiqué que lABRI naurait plus le droit dintervenir dans les conflits du travail, sauf en cas de grave perturbation de lordre public. Scission de la FSPSI Les protestations et les troubles se sont multipliés et la situation économique est restée instable. Linflation annuelle a atteint plus de 80 pour cent.
La FSPSI sest divisée en septembre. Obstruction à lhomologation des syndicats Au début du mois doctobre, le SBSI a déclaré quil éprouvait des difficultés à obtenir lenregistrement des syndicats à léchelon des entreprises. Dans certains cas, les tentatives dhomologation des syndicats ont mené au licenciement de tous leurs membres. Les autorités, lors du rejet des demandes dhomologation, ont déclaré que les syndicats devaient obtenir une lettre dautorisation délivrée par lentreprise, devaient avoir des statuts et un règlement intérieur séparés, et que leurs statuts devaient respecter la Constitution indonésienne de 1945 et lidéologie de Pancasila. Des balles en caoutchouc tirées contre les grévistes Le 23 octobre, la police de Medan a mis un terme à une grève en tirant des balles en caoutchouc et en utilisant des gourdins, blessant au moins neuf travailleurs. Les travailleurs de lusine Latexindo, qui fabrique des gants en caoutchouc, demandaient une augmentation salariale et la réintégration des collègues qui avaient été licenciés lors des protestations précédentes. Dautres travailleurs de lindustrie plastique, BPLP, se sont rassemblés devant le Parlement de Medan pour demander des augmentations salariales, ainsi quune enquête relative aux mauvais traitements infligés par la police à certains de leurs collègues.
Le 29 octobre, une centaine de travailleurs ont manifesté devant le bureau du procureur général pour demander la libération de Dita Sari, la fin du rôle joué par les militaires dans la politique, et une réduction du prix des produits de base. Ils affirmaient que larmée avait toujours pris parti pour les employeurs dans les conflits du travail. Dita Sari En novembre, le gouvernement aurait déclaré à Dita Sari quelle pourrait être libérée de prison si elle acceptait de ne pas se rendre à létranger avant lan 2002 et de ne pas faire de politique. Elle a refusé. Des manifestants blessés Des travailleurs de lusine de fabrication de chaussures PT Emperor Footwear ont déclaré quils avaient été blessés tandis quils organisaient une manifestation pacifique dans lusine à Bantar Gebang, dans le Bekasi, pour protester contre des licenciements. Des hommes de main ont dispersé le rassemblement des travailleurs. Recommandation en faveur de la libération de syndicalistes En décembre, le ministre du Travail a déclaré quil avait recommandé la libération de Dita Sari et de sept autres syndicalistes. Parmi les syndicalistes toujours emprisonnés figurent Samsunar, Romli Izaque et Misbakhul Zakaria. Des projets de loi à présenter au Parlement A la fin de lannée, le gouvernement a indiqué que le projet de loi sur les syndicats était sur le point dêtre envoyé au Conseil des ministres et quil serait examiné par le Parlement au début de 1999. Le projet relatif au règlement des conflits du travail devrait être terminé au début de 1999. Un calendrier a été établi pour la révision de la loi sur le travail de 1997. Population: 125.400.000/ Capitale: Tokyo/ Conventions de loit ratifiées: 29-87-98-100 Les droits syndicaux fondamentaux dans les secteur public et de lEtat au Japon continuent dêtre enfreints. Restrictions des droits dans les secteurs public et de lEtat Le droit à la négociation collective des employés publics aux gouvernements national et local, dont les enseignants, sont fortement limités. Le gouvernement fixe les salaires dans le secteur. Les grèves des employés du secteur public sont interdites. La cour suprême du Japon a décrété que linterdiction de grève est constitutionnelle. Les employés du secteur public qui incitent à la grève sont passibles de licenciement et de peines demprisonnement. La centrale syndicale nationale RENGO a indiqué que plusieurs employés gouvernementaux , dont des enseignants, ont introduit une action en justice pour licenciement abusif. Les employés des entreprises dEtat ne peuvent faire grève et ne peuvent négocier sur des questions relatives à la gestion et au fonctionnement des entreprises.
Les sapeurs-pompiers sont toujours privés de leurs droits syndicaux fondamentaux Les sapeurs-pompiers ne sont pas autorisés à sorganiser librement et négocier collectivement leur contrat et conditions demploi, bien quen 1995 la loi ait changé et les autorise à créer des comités du personnel dans les unités de sapeurs-pompiers afin de participer à la fixation de leurs conditions de travail. Population: 16.820.000/ Capitale: Almaty/ Conventions de loit ratifiées: Les violations des droits syndicaux ont continué à la fois dans la loi et dans la pratique. Des protestations au sujet darriérés de salaires ont mené à un tabassage de travailleurs par la police, à la liquidation de deux syndicats, à des arrestations et à la mort dun travailleur qui faisait une grève de la faim. Dirigeant syndical persécuté En 1997 lAgence de sécurité nationale a lancé une enquête criminelle contre Leonid Solomin, le président de la Confédération des Syndicats Libres du Kazakhstan (KSPK), parce quil aurait enfreint la législation sur les devises en payant le personnel syndical en dollars, et violé une disposition de la constitution de 1995 qui interdit aux syndicats de recevoir des fonds de létranger, y compris de la part dorganisations syndicales internationales.
On pense généralement que les charges retenues contre Solomin auraient été motivées par le fait quil avait dirigé des manifestations de protestation contre la crise économique. Après avoir poursuivi Solomin pendant plusieurs mois, les accusations ont été abandonnées en raison dun manque de preuves. Syndicat menacé de fermeture A la fin de 1997, le procureur général du Kazakhstan a menacé le KSPK de fermeture temporaire pour avoir agi au delà du champ daction prévu dans sa charte fondatrice et pour avoir demandé de laide à des pays étrangers, ce qui a été rendu illégal par les dispositions de la constitution de 1995. Le gouvernement refuse de signer un accord Au début de 1998 le gouvernement a refusé de signer lAccord Général pour 1998. Au cours de lannée il a aboli des droits anciens, comme par exemple le droit à la retraite, et a élevé lâge minimum de la retraite. Protestations au sujet darriérés de salaires Le non-paiement de salaires demeure une problème majeur et de nombreuses protestations ont été organisées au début de lannée, notamment à Kentau et à Zhanatas dans le sud du pays. A Zhanatas, les travailleurs de lentreprise minière ZAO Fosforit (phosphore) ainsi que ceux de lusine de fertilisants AO Karatau ont entamé une grève de la faim illimitée pour protester contre des arriérés de salaires de deux ans. De nombreux travailleurs ont dû être emmenés à lhôpital, et lentreprise les a immédiatement remplacés. Une manifestation de protestation en continu sest tenue devant limmeuble de la mairie.
Le 4 février, le procureur général a donné une conférence de presse au cours de laquelle il a dit que lEtat réprimerait toutes les protestations qui ne seraient pas sanctionnées par les autorités, et toute diffamation à légard du président Nazarbayev. La plupart des manifestations en vue de protester contre le non-paiement des salaires navaient pas reçu une autorisation des autorités et ont donc été dispersées par la police.
Le 6 février, 70 travailleurs qui faisaient une grève de la faim ont dû être emmenés à lhôpital. Ils avaient entamé une marche vers la nouvelle capitale, Astana. Un jeune travailleur est mort. Un des dirigeants de la protestation, K. Shaldarbekov, a disparu après avoir été emmené pour être interrogé par des agents de la sécurité.
Au cours dune autre protestation, la police a battu les travailleurs de lusine de phosphore, ainsi que des femmes et des enfants qui avaient bloqué une gare de triage à Zhanatas le 16 février. Ils ont été dispersés par des agents de la sécurité et par la police anti-émeutes. Dix mineurs ont été mis en détention. Accusations forgées En février, à Uralsk dans le nord du Kazakhstan, après lapparition dans la ville dun graffiti antigouvernemental, deux travailleurs ont reçu des peines de prison de deux ans et demi, ensuite suspendues, et un troisième a écopé de un an. Lun dentre eux, Ionur Kurmanov, avait été impliqué dans des grèves tenues dans cette ville lannée précédente. Il a fait une grève de la faim pendant deux mois, se défendant davoir quoi que ce soit à voir avec ce graffiti. Les trois accusés ont passé trois mois en prison en attente de leur procès, subissant les pires traitements. Étant donné quil ny a aucune preuve contre eux, on pense que le procès a été faussé.
Au début du mois de mars, un des vice-présidents du KSPK, Gennady Nikitin, avait à répondre de six accusations de délits, dont lune relative à la possession dopium qui avait été dissimulé sur lui pour lincriminer. Des rapports font état de lenlèvement de sa fille. Des agents locaux de la sécurité ont dit au KSPK quils avaient reçu lordre de fermer la confédération dans les six mois, et ont pu produire un fax envoyé par le gouvernement pour le confirmer. Des travailleurs arrêtés lors de manifestations Le 8 juin, une manifestation de travailleurs appuyée par la section locale du KSPK a quitté Kentau pour se rendre à lancienne capitale, Almaty, pour exiger le paiement de salaires dont les arriérés allaient de six mois à trois ans. En quittant Kentau, ils ont été stoppés par un cordon policier, et 200 travailleurs ont été arrêtés. Une audience durgence du tribunal sest tenue, au cours de laquelle cinq dentre eux ont été condamnés à 15 jours de prison, huit à 10 jours, et une personne à sept jours. Syndicats liquidés Le 15 juin a eu lieu louverture dun procès contre deux syndicats dune usine métallurgique à Kentau, lAssociation des syndicats indépendants de Kentau et le Syndicat indépendant des mineurs de lusine Achpolymetal, pour avoir participé à des manifestations pour protester contre le non-paiement de salaires.
Le 25 juin, la cour darbitrage a statué quils avaient violé systématiquement les lois interdisant les manifestations et les défilés non autorisés, et a institué un comité de liquidation des syndicats. Le comité sest mis à la tâche sans attendre le résultat de lappel présenté par les syndicats. Les syndicats ont dit quil y avait une infraction à la loi parce que la procédure de liquidation est réservée normalement aux entreprises commerciales et ne sapplique pas aux organisations sociales.
Dautres chefs dinculpation retenus contre les deux syndicats portaient sur des erreurs mineures dans la documentation soumise lors du ré-enregistrement de syndicats, et au sujet de linfraction à la disposition constitutionnelle relative aux fonds en provenance de létranger et aux visites à dautres pays faites par les dirigeants de syndicats indépendants.
On a estimé quil pourrait sagir là du point de départ dune action de plus grande envergure pour attaquer les syndicats indépendants à léchelon national.
Le KSPK a été cité à comparaître devant le tribunal de Astana le 8 octobre, en relation avec la déclaration de décembre 1997 du procureur général qui avait menacé de fermer le KSPK pour avoir violé linterdiction de recevoir des fonds de létranger. Une enquête judiciaire a produit 73 cassettes enregistrées secrètement de conversations téléphoniques de Leonid Solomin, avec un total de 152 heures, pour être utilisées comme preuves pendant le procès. Finalement laccusation a dû être abandonnée en raison du manque de preuves. Restrictions juridiques et administratives La loi ne protège pas le droit à la négociation collective, pas plus quelle ne protège les travailleurs contre la discrimination antisyndicale.
Des autorités locales ont eu recours à de nombreux obstacles administratifs pour entraver lenregistrement de syndicats, et les syndicats doivent payer des frais denregistrement très élevés.
En juin, le gouvernement a adopté une nouvelle loi sur la sécurité nationale qui mentionne dans la définition des menaces à la sécurité nationale « les rassemblements non sanctionnés, les réunions publiques, les défilés, les manifestations, les piquets de grève illégaux et les grèves » qui perturbent la stabilité sociale et politique. Harcèlement et persécution Les syndicats indépendants ont fait état de harcèlements constants de la part des autorités centrales et locales. Toutes les actions de protestation, grèves ou piquets sont réprimées, et les organisateurs de telles manifestations sont poursuivis en justice. Des dirigeants et des membres de syndicats indépendants sont victimes dintimidations, notamment par des appels téléphoniques à leur domicile les menaçant de licenciement à moins quils ne quittent le syndicat. Une demande de transfert du syndicat officiel pour rejoindre un syndicat indépendant ne peut quentraîner un licenciement. Lorgane de sûreté nationale KNB et les autorités fiscales ont maintenu une étroite surveillance des bureaux centraux du KSPK à Astana et à Almaty.
Des pressions contre la formation de syndicats et des persécutions ont été signalées par: le syndicat indépendant des mineurs, le NPG, à la mine de Kentenskaya à Karanganda; le syndicat Betonshchik de la société boursière mixte Tranzhelezobeton à Astana, dont le président Y. Pervushin et dautres membres ont été licenciés en septembre; le syndicat Zheleznodorozhnik dans loblast (préfecture) de Kostanaisk, et par E.N. Baltaev du ShNOS à Shymkent.
Parmi les dirigeants syndicaux persécutés, citons Izatulla Mukhitov, Ibadula Baimukhambetov, G. Koshkarbaev, M. Turisbekova, S. Djavanov et G.S. Nikitin, du syndicat indépendant de Kentau, dont lappartement a également été fouillé. Ils ont été interrogés par des enquêteurs spéciaux du KNB et ont été victimes de menaces, de chantage et de calomnies.
V.P. Filipchenko, dirigeant du syndicat indépendant des travailleurs de lénergie à la station électrique TET de Pavlodarsk, a reçu de constantes menaces de licenciement. La direction a refusé de conclure une convention collective avec le syndicat.
Suite à une manifestation le 12 novembre du personnel du syndicat de laviation civile à Kostanai par solidarité avec lAssociation kazakhe des syndicats du personnel navigant, le dirigeant syndical Alexei Viktorovitch Tishin et sa famille ont été victimes de persécutions. Il a été gardé au poste de police et inculpé le lendemain par une ordonnance administrative. Signature dun accord général Un accord général a finalement été signé au début 1999, et le gouvernement a dit quil allait restaurer la possibilité dune retraite anticipée pour certains travailleurs. Le KSPK est partie à laccord général. Il était également représenté dans le comité tripartite sur le partenariat social et dans dautres groupes de travail nationaux. Nouvelle législation du travail Le gouvernement a également annoncé la rédaction dune « loi sur lemploi dans la république du Kazakhstan » au début de 1999 qui doit remplacer le code du travail actuel qui est un héritage de lère soviétique. Population: 20.581.000/ Capitale: Kuala Lumpur/ Conventions de loit ratifiées: 29-98-100-138 La loi limite considérablement les droits syndicaux fondamentaux. Le directeur général des syndicats et le ministre des Ressources humaines disposent de très amples pouvoirs en matière de réglementation des affaires syndicales. La loi limite les droits à la liberté syndicale et à la négociation collective La loi sur les syndicats de 1959 et la loi sur les relations du travail de 1967 , ainsi que leurs amendements ultérieurs, limitent sévèrement la liberté syndicale et la négociation collective. La loi sur les syndicats réglemente sévèrement la plupart des aspects liés à lactivité syndicale.
Aux termes de celle-ci, un syndicat ne peut représenter les travailleurs que « dans un commerce, une activité ou une industrie en particulier, ou dans des commerces, des activités ou des industries similaires, ou dans une entreprise ou un établissement particulier ».
Le Directeur général des syndicats a invoqué ces dispositions pour ordonner à des syndicats industriels de rayer plusieurs milliers de membres de leurs effectifs, leur refusant la reconnaissance et le droit de négociation collective.
La multinationale américaine General Electric, la japonaise Hitachi et Mitsumi Electronics ont réussi à convaincre le Directeur général des syndicats de faire en sorte que leurs employé(e)s ne soient plus aptes à rester membres de lElectrical Industry Workers Union (syndicat des employés de lélectricité), affilié au MTUC.
Des employés dun fabricant malaisien de meubles, Artright, nont pas été autorisés à adhérer au syndicat des ouvriers métallurgistes) parce que lentreprise utilise du métal et du bois pour fabriquer ses produits.
Les travailleurs rayés des effectifs syndicaux dans les circonstances décrites ci-dessus ne sont pas autorisés à adhérer à tout autre syndicat existant. Ils doivent établir des syndicats maison distincts, ce qui est souvent très risqué et prend beaucoup de temps. Cet aspect de la loi reste un sérieux obstacle aux activités de syndicalisation menées par les syndicats. Un membre du gouvernement peut « diriger et contrôler » les syndicats La loi accorde au directeur général des syndicats, un responsable du gouvernement, le droit de « superviser, diriger et contrôler les syndicats ». Chaque syndicat est tenu de se faire enregistrer dans un délai dun mois (ou dans un délai prolongé, le cas échéant, par le directeur général des syndicats) à partir de la date de sa création. Le syndicat qui ne se fait pas enregistrer dans le délai fixé sera jugé illégal.
Le directeur général peut refuser denregistrer un syndicat sil a la conviction quil existe déjà un syndicat similaire. Lindustrie de lélectronique Depuis le début des années 1970, cette loi interdit au personnel des multinationales de lélectronique, soit 16.000 travailleurs dont une majorité de femmes, de sorganiser en syndicat national, leur unique possibilité étant dadhérer à des syndicats internes à lentreprise.
Les travailleurs qui créent des syndicats internes dans le secteur sont fréquemment confrontés à lhostilité, voire à des menaces de licenciements, de la part de la direction. Les syndicats internes à lentreprise En règle générale, le gouvernement et les employeurs encouragent la création de syndicats internes. Les amendements apportés en 1989 à la loi sur les syndicats permettaient la création de syndicats dans lentreprise, indépendamment de lexistence éventuelle dun syndicat déjà enregistré. Les difficultés dorganisation Les syndicats signalent quils éprouvent toujours des difficultés à sorganiser. De nombreux employeurs, y compris certaines multinationales, mettent tout en oeuvre pour leur refuser lhomologation et éviter la négociation collective. Ils sopposent souvent aux directives gouvernementales accordant lagrément et refusent de respecter les arrêts rendus par le Tribunal du Travail lorsquil sagit de réintégrer des travailleurs licenciés abusivement. Le secteur public Les syndicats du secteur public peuvent sorganiser par ministère, département, profession ou activité. Ces syndicats peuvent adhérer aux fédérations. Le personnel des organes statutaires ne peut adhérer quaux syndicats internes, lesquels peuvent toutefois saffilier à la fédération des services publics ou à la centrale syndicale nationale. Autres restrictions La loi émet des restrictions concernant les candidats habilités à assumer des fonctions syndicales.
Le ministre des Ressources humaines a déclaré que les travailleurs étrangers ne peuvent devenir membres des syndicats, bien que la loi stipule uniquement que seuls les ressortissants malais sont autorisés à assumer des fonctions syndicales. Lune des conditions mentionnées sur les permis de travail délivrés aux travailleurs étrangers par les autorités stipule quils ne sont pas autorisés à adhérer à des « associations ».
Le ministre des Ressources humaines peut ordonner la suspension, pour une période maximale de six mois, de tout syndicat qui, à son avis, « a été créé ou est utilisé à des fins préjudiciables ou contraires aux intérêts, à la sécurité ou à lordre public de la Malaisie ou de lune de ses régions ».
Les syndicats ne peuvent pas utiliser leurs avoirs à des fins politiques. La loi établit une liste exhaustive de toutes les questions qui peuvent être considérées comme des « thèmes politiques ». Le ministre des Ressources humaines peut ajouter dautres thèmes à la liste.
Un syndicat doit obtenir lautorisation préalable de la direction générale des syndicats avant de pouvoir saffilier à léchelle internationale. Des restrictions légales relatives au droit de grève Des restrictions légales empêchent pratiquement lorganisation dune grève légale.
Deux tiers des membres doivent voter en faveur de la grève dans le cadre dun scrutin secret.
Le scrutin doit contenir une résolution qui précise « la nature des actes à accomplir ou dont il faut sabstenir au cours de la grève ».
On a cité des cas où, bien que le syndicat ait procédé à un scrutin secret et reçu un mandat de grève, la direction générale des syndicats a refusé den tenir compte parce que la résolution ne lui donnait pas satisfaction.
Les syndicats ne peuvent pas faire grève concernant des litiges liés à la reconnaissance dun syndicat et à des licenciements abusifs.
Le ministre des Ressources humaines peut imposer aux parties en conflit davoir recours à larbitrage.
Les procédures pour obtenir lautorisation de faire la grève sont longues.
Les services essentiels font lobjet dune définition particulièrement large et les syndicats sont soumis à des restrictions supplémentaires en matière de grève dans ces industries, y compris lobligation de donner un préavis de grève de 21 jours. Des restrictions en matière de négociation collective La loi sur les relations du travail exclut des conventions collectives lembauche et le licenciement, les transferts et les promotions, ainsi que la réintégration. Dans le secteur public, un conseil consultatif limite le pouvoir des syndicats à la liberté « dexprimer leur point de vue » sur les principes régissant les salaires et les conditions de travail. Il est pratiquement impossible de faire grève dans ce secteur.
La loi sur les relations du travail interdit également la négociation collective dans les entreprises « pionnières ». Il y a quelques années, le gouvernement a déclaré quil avait officiellement approuvé le retrait des dispositions de la loi sur les relations du travail du statut de « pionnier » et avait pris des mesures pour supprimer ces dispositions. Mais rien na été fait jusquà présent. Autres lois Des lois telles que la loi sur la sécurité intérieure de 1961, qui autorise lemprisonnement en labsence de jugement, la loi sur les secrets dEtat, la loi sur la presse écrite et les publications, et la loi sur la sédition, peuvent être et ont été invoquées pour limiter lexercice des droits syndicaux. Le code pénal malais stipule quil faut une autorisation de police pour organiser un rassemblement de plus de cinq personnes. Tentative de discrédit du MTUC Au mois de mai, des rapports de presse ont indiqué que le gouvernement avait réalisé une cassette vidéo censée démontrer que le secrétaire général du MTUC avait « répandu à létranger des mensonges concernant le pays ». Le ministre des Ressources humaines a projeté la vidéo lors dune réunion qui sest déroulée aux Etats-Unis en 1996. Durant la réunion, le secrétaire général du MTUC aurait déclaré que certaines entreprises avaient essayé détablir des syndicats maison et de placer des cadres importants dans des postes de dirigeants. La controverse et les attaques publiques se seront poursuivies jusquà ce que le MTUC remette des documents justificatifs pour établir le bien-fondé de son rapport. Population: 3.602.000/ Capitale: Wellington/ Conventions de loit ratifiées: 29-105-100-111 Le gouvernement néo-zélandais a totalement ignoré les recommandations de lOIT lui demandant de modifier la loi de 1991 sur les contrats demploi. Cette loi a démantelé le système existant des conventions collectives et des salaires minimums convenus pour la remplacer par des contrats demploi individuels. La loi sur les contrats demploi En 1994, lOIT a décrété que la loi sur les contrats demploi était incompatible avec la liberté syndicale et avec la défense et la promotion de la négociation collective. Elle a recommandé que la loi soit à nouveau rédigée à la suite de discussions tripartites. Elle a en outre recommandé que les grèves portant sur les accords collectifs entre plusieurs employeurs, grèves interdites par la loi de 1991, soient légalisées. LOIT a réitéré ses recommandations au gouvernement néo-zélandais en 1996.
La loi sur les contrats demploi fut lun des principaux instruments des politiques de déréglementation du marché du travail du gouvernement néo-zélandais. Elle a remplacé le processus de négociation collective par des contrats demploi individuels. Elle stipule que les relations de travail doivent être établies par le biais de contrats ayant force légale entre les travailleurs individuels et leurs employeurs, à moins quil en soit décidé autrement.
Si des travailleurs souhaitent être couverts par un contrat négocié collectivement, ils doivent le dire explicitement et peuvent choisir dêtre représentés par un négociateur, quil sagisse ou non dun syndicat, lors de la négociation dun contrat collectif. Lemployeur est tenu de reconnaître ce négociateur, mais il nest pas obligé de négocier.
La loi sur les contrats demploi a diminué de moitié le nombre de travailleurs couverts par des contrats collectifs et les salaires réels ont baissé. Lincidence de cette loi a été encore plus lourde dans les petites entreprises. Les travailleurs sont contraints de signer des contrats individuels Le Conseil néo-zélandais des syndicats (NZCTU) a déclaré que les travailleurs avaient été contraints de signer des contrats individuels qui leur avaient été soumis unilatéralement par leurs employeurs même lorsque les travailleurs concernés avaient autorisé un syndicat à négocier en leur nom. Restriction au droit de grève Le droit de grève a également été limité par la loi, en particulier lorsquelle interdit les grèves visant à étendre la portée dune convention collective à plus dun employeur. Cette interdiction entérine légalement lattitude des employeurs qui imposent unilatéralement la négociation au niveau de lentreprise à lexclusion de toute autre. Population: 23.209.000/ Capitale: Tachkent/ Conventions de loit ratifiées: 29-105-98-100-111 Le pays et ses institutions sont toujours gouvernés par un régime présidentiel puissant et paternaliste. La FTUU reste la seule centrale syndicale. Le rôle des autorités Des représentants des gouvernements national et local ou des employeurs siègent aux comités exécutifs des syndicats à tous les niveaux et exercent des pouvoirs de décision importants.
Les syndicats et les ministères coopèrent étroitement lors du choix des candidats aux postes de direction syndicale.
La FTUU négocie un accord général à léchelon national avec les autorités et les employeurs, lequel sert de modèle aux accords entre les sections et les ministères et les autorités locales. Pas de grève Les grèves ne peuvent avoir lieu en raison de « mécanismes didentification et de règlement des conflits par le biais des procédures de conciliation existantes». Population: 140.000.000/ Capitale: Islamabad/ Conventions de loit ratifiées: 29-105-87-98-111 Les droits syndicaux fondamentaux sont sévèrement réprimés. La situation sest encore détériorée en octobre 1998 lorsque le gouvernement a déclaré que le projet hydroélectrique Ghazi Barotha était un service essentiel. A la fin de lannée, larmée a été chargée de la gestion de la compagnie publique des eaux et délectricité, WAPDA, et le syndicat de la compagnie a été suspendu. Restrictions au droit dorganisation Un large éventail de travailleurs na pas le droit dadhérer à un syndicat, notamment certaines catégories de fonctionnaires, les enseignants, le personnel hospitalier, les travailleurs agricoles, les employés des chemins de fer, les travailleurs de nombreuses entreprises liées à la défense, le personnel de maîtrise et le personnel de direction, les travailleurs forestiers, ainsi que les travailleurs des zones franches dexportation.
Dans certains cas, ces travailleurs, bien que nayant pas le droit de se syndiquer, sont autorisés à sassocier. Mais il leur est alors interdit de négocier collectivement ou seulement dans certaines limites. En outre, il leur est interdit de faire grève ou dadhérer aux fédérations.
Certains employeurs ont accordé des promotions fictives aux travailleurs dans la sidérurgie, les chemins de fer, ainsi que dans les secteurs bancaire et financier, de manière à les assimiler au personnel de direction et les priver ainsi de la faculté dadhérer aux syndicats.
En juillet, les autorités du Pendjab ont annoncé quelles avaient décidé de limiter les activités des syndicats et des associations, en particulier celles de lassociation All Pakistan Clerks Association (APCA), parce quelles avaient le sentiment quelles gênaient lordre public. Les autorités ont déclaré quelles hésitaient à introduire une nouvelle législation pour les syndicats et les associations ou à les soumettre aux règles et réglementations en vigueur. Limitation des droits syndicaux dans le secteur bancaire Aux termes des amendements apportés en 1997 au décret sur les banques, toute activité syndicale est interdite pendant les heures douverture des banques. Ces amendements stipulent en outre linterdiction à légard des travailleurs de devenir membres ou responsables syndicaux dans les sociétés bancaires, hormis le cas où le travailleur est employé par la banque en question. Toute infraction à ces dispositions est passible damendes et de peines pouvant aller jusquà trois ans de prison ou les deux. Le syndicat des travailleurs des banques affilié à la centrale nationale APFTU a contesté cette interdiction devant la Cour suprême en invoquant le fait quelle serait contraire à la Constitution.
Les travailleurs des banques et des institutions financières nont pas le droit de négocier collectivement. La loi sur les services essentiels La loi de 1952 sur le maintien des services essentiels (LMSE) prévoit linterdiction de faire grève, ainsi que des exclusions et des restrictions quant au droit de négocier collectivement. Le gouvernement peut déclarer tout service ou entreprise comme service ou entreprise dutilité publique et lui imposer de ce fait les restrictions de la LMSE, ce qui implique notamment la possibilité de stipuler linterdiction de démissionner, outre la privation du recours au tribunal dans le cas dun travailleur licencié. Les dispositions de la LMSE de 1998 couvrent les services et les entreprises de lEtat, notamment la compagnie de développement de lapprovisionnement en eau et en électricité (WAPDA), la compagnie délectricité de Karachi, la compagnie aérienne internationale du Pakistan et la société fiduciaire du port de Karachi.
La loi LMSE a été introduite pour garantir la défense et la sécurité du Pakistan et assurer le maintien des fournitures et des services essentiels à la vie de la communauté. Les violations de linterdiction de faire grève dans une industrie ou un service soumis aux dispositions de la LMSE peuvent être sanctionnées par des peines allant jusquà un an de prison. Interdiction de faire grève En 1997, la Cour suprême a aboli une loi de 1978 interdisant aux employés de la chaîne de télévision pakistanaise et de ladministration de laviation civile dadhérer aux syndicats et de négocier collectivement , et a motivé sa décision par le fait quelle considérait cette interdiction comme contraire à la Constitution. Toutefois, la Cour a estimé que linterdiction de faire grève restait pleinement applicable à légard de ces travailleurs. Négociation collective et grèves interdites dans les zones franches dexportation Les travailleurs des zones franches dexportation nont pas le droit de négocier collectivement et sont exclus du droit de grève. De plus, ils ne sont pas protégés contre les actes dingérence éventuels de leur employeur, ni contre les discriminations antisyndicales. Les zones industrielles spéciales sont exclues des dispositions de la législation du travail en vertu du « Plan relatif aux investisseurs étrangers ». Aux termes de la loi de 1992 sur les finances, les entreprises qui exportent plus de 70 pour cent de leur production sont exclues du champ dapplication du droit du travail.
Les lois sur le travail sont applicables au sein des 72 zones industrielles, mais noffrent que peu ou pas de protection. La zone de Gadoon Amazi est réputée pour sa politique antisyndicale. Les vigiles sont armés de fusils dassaut. La plupart des efforts dorganisation sont réprimés avec le soutien actif des autorités locales, de la police et du ministère du Travail. Les syndicalistes licenciés sont inscrits sur une liste noire. Les conditions de travail, dhygiène et de sécurité sont déplorables. Manque de protection légale La loi ne protège pas suffisamment les travailleurs licenciés en raison dactivités syndicales ou dappartenance à un syndicat. Un arrêt de la Cour suprême de 1994 limitait le droit aux recours judiciaires aux cas de licenciements qui nétaient pas liés à des conflits du travail. Cela signifiait quil navait donc pas de possibilité de réintégration.
Selon les syndicats, les tribunaux du travail sont souvent corrompus et inefficaces. En outre, ils estiment que la législation du travail nest pas appliquée dans la pratique et que certains hommes politiques, des autorités locales et le monde des affaires sentendent pour réprimer les droits des travailleurs. Ils nhésitent pas à recourir à lintimidation et à la violence pour empêcher les travailleurs de sorganiser.
Les employeurs contournent la législation du travail en homologuant plusieurs petites entreprises, plutôt quune grande, même si les salariés travaillent dans les mêmes bâtiments. Ils font également signer aux travailleurs plusieurs contrats temporaires successifs.
Un amendement à la loi sur les services civils adopté en 1997 interdit à des centaines de milliers de travailleurs du gouvernement, des entreprises publiques, y compris des banques nationalisées, de porter plainte devant les tribunaux du travail ou devant la Commission nationale des relations sociales, en particulier lorsquil sagit de dénoncer des représailles contre des syndicalistes. Ils sont donc obligés de se tourner vers un tribunal du secteur des services. Des procédures de grève fastidieuses Les syndicats doivent suivre de longues et fastidieuses procédures avant de pouvoir lancer un mot dordre de grève. Cela explique pourquoi la plupart des grèves sont spontanées - et donc illégales. Les grèves sont souvent interrompues par lintervention de la police et utilisées comme prétexte par les employeurs pour justifier les licenciements. Le gouvernement a le droit de mettre fin à une grève à partir de son trentième jour. Obstruction de lhomologation des syndicats La procédure dhomologation dun syndicat et la procédure dappel peuvent durer des années si un employeur veut y faire obstacle. Pendant ce temps, les fondateurs du syndicat sont souvent harcelés et soumis à représailles. Les employeurs peuvent entraîner les syndicats dans des litiges longs et onéreux.
Le projet autoroutier de Daewoo reliant Lahore à Islamabad a été achevé en 1997. Durant les six années du projet, le syndicat Awami de Daewoo, affilié à lAPFOL, sest battu pour obtenir le droit dorganiser les travailleurs, mais la question de lhomologation du syndicat est restée devant les tribunaux en raison des manoeuvres légales utilisées par les autorités et la société. Le projet de centrale hydroélectrique de Ghazi Barotha Après de nombreux licenciements et litiges, un syndicat affilié à la centrale syndicale APFOL a été homologué en 1996 dans le cadre dun projet de construction dune importante centrale dénergie hydroélectrique sur lIndus par Ghazi Barotha. La multinationale italienne Impreglio est le principal partenaire du consortium dentreprises qui gèrent le projet. Des syndicalistes licenciés La direction a également homologué un syndicat parrainé par la firme. Le syndicat a remporté 90 pour cent des suffrages lors des élections pour la désignation du partenaire de négociation, et a soumis ses revendications en matière de négociation à la direction. La société a alors commencé à licencier les travailleurs et à harceler les militants syndicaux et les membres du bureau, et sest liée de connivence avec les autorités dans lespoir de voir le projet soumis aux restrictions de la LMSE.
Le syndicat a obtenu la réintégration des travailleurs licenciés, mais la direction a refusé de négocier et a menacé de licencier davantage de travailleurs. Le syndicat a ensuite obtenu une mesure interdisant un tel licenciement par arrêt du tribunal, mais 600 travailleurs furent licenciés plus tard dans lannée. Evénements en 1998 En 1998, le syndicat Ghari Barotha Awami a présenté sa liste de revendications à la direction étant donné que celle-ci lui avait laissé entendre en 1997 quelle proposerait de meilleures conditions de travail en 1998. La direction a commencé à employer des travailleurs sous contrats de sorte à ce quils ne bénéficient daucun droits syndicaux. En septembre, la direction a indiqué quelle envisageait de mettre un terme à ce projet et quil ny aurait aucune augmentation de salaires ou autres allocations. Les travailleurs ont alors entamé une grève perlée. Le 14 octobre, en consultation avec le gouvernement, la société a licencié 45 travailleurs ayant plus dancienneté. Le syndicat a obtenu une injonction de la Commission nationale des relations du travail contre ces licenciements et la direction a réduit la journée de travail de dix à huit heures. Provocation de la direction La direction a provoqué les travailleurs pour perturber lambiance de travail, notamment en leur lançant des injures. La société a appelé la police et a organisé un lock-out qui a touché quelque 5.000 travailleurs. Les travailleurs ont été expulsés du centre médical de lentreprise. Huit cents travailleurs dun chantier ont été retenus à Hatian. Le restaurant des travailleurs a été occupé par la police et les travailleurs nont pas eu le droit de salimenter ni de boire. Les moyens de transport de la société ont été interrompus afin que les travailleurs ne puissent pas atteindre le chantier occupé par la police. Arrestations Le 21 octobre, la police a fait incursion au domicile du président, du secrétaire général et dautres membres du bureau du syndicat et a harcelé, menacé et battu des membres de leur famille et volé certains de leurs biens. Le président du syndicat, Tahir Jamil, le vice-président, Waris Khan, le vice-directeur Sultan Mehmood, le secrétaire adjoint, Afser Khan, et Mohamed Saeed, le secrétaire chargé de la publicité, ont été arrêtés et incarcérés à 500 kilomètres de là. Le père du président du syndicat a également été arrêté et torturé, et son frère a été arrêté et emprisonné. Le secrétaire général, Aslam Adil, et dautres membres du bureau ont pris la route de la clandestinité.
Les bureaux des sections du syndicat Awami et le siège du syndicat à Ghazi ont été mis sous scellés. Cinquante militants ont été licenciés. A la fin du mois doctobre, 900 travailleurs avaient été licenciés.
Lentreprise a proposé une reprise du travail le 31 octobre, mais les travailleurs ont refusé de reprendre leurs activités tant que les dirigeants arrêtés ne seraient pas libérés, les fausses charges retenues contre eux retirées et tous les travailleurs réintégrés. Le syndicat a également organisé une grève de la faim. Le tribunal ordonne la réintégration Le 6 novembre, la Commission nationale des relations du travail (NIRC) a ordonné à lentreprise de réintégrer tous les travailleurs licenciés et a intimé à la police de quitter les lieux et de rouvrir les bureaux syndicaux. La NIRC a décidé de mettre un terme à la grève. Elle a convoqué le secrétaire général du syndicat, Aslam Adil, qui se tenait caché, à une audience organisée le 16 novembre et a déclaré que les autres dirigeants syndicaux et lui-même ne seraient pas arrêtés et ne feraient pas lobjet de représailles de la part de la police. Les responsables du bureau sont restés emprisonnés.
Le 22 octobre, le gouvernement a décrété que le projet était un service essentiel ce qui, en vertu de la LMSE de 1952, interdit la négociation collective et les grèves. Cette décision a été prise pour une durée de six mois renouvelable. Privatisation et déréglementation Le gouvernement a poursuivi sa politique de privatisation et de déréglementation, conformément aux politiques du FMI et de la Banque mondiale. Cette politique concernait des services publics nationaux tels que le WAPDA, les chemins de fer, le fonds fiduciaire du port Karachi, et le gaz et les télécommunications. Suppression des droits syndicaux à la compagnie des eaux Le 22 décembre 1998, une ordonnance présidentielle a supprimé les droits syndicaux des 130.000 travailleurs de la WAPDA en suspendant le syndicat des travailleurs de la centrale hydroélectrique du Pakistan WAPDA, affilié à la centrale nationale APFTU, en tant quagent de la négociation collective pour une durée de deux ans afin de ramener la discipline au sein dun « personnel indiscipliné ». Lordonnance stipulait que la direction de la WAPDA devait être transférée aux forces armées. 30.000 à 50.000 officiers subalternes et 250 officiers environ furent incorporés. Un haut gradé de larmée fut nommé président de la WAPDA. Lordonnance permettait également le licenciement des employés sans aucune raison particulière.
Le syndicat a fait campagne contre la privatisation dune partie de la WAPDA et a lancé une grève le 3 novembre. Violente descente de police dans les bureaux syndicaux En avril, la centrale syndicale nationale, lAPFTU, a déclaré que son bureau de Lahore avait été démoli par la police le 16 avril. La police avait battu les travailleurs qui avaient manifesté une résistance. Le secrétaire général, le secrétaire général adjoint et cinq autres membres de la centrale ont été arrêtés. Le syndicat a déclaré quil avait fait campagne contre la privatisation. Les perspectives pour 1999 Les syndicats pakistanais estiment que le gouvernement a lintention de licencier des dizaines de milliers de travailleurs dans le cadre de la privatisation des entreprises publiques au début de 1999 et de demander à larmée de les gérer.
Un projet de loi sur le travail et les syndicats annoncé au début de 1999 devrait accorder aux employeurs des pouvoirs importants en matière de licenciement des travailleurs. Population: 4.400.000/ Capitale: Port-Moresby/ Conventions de loit ratifiées: 29-105-98 En 1998, le gouvernement a aboli le financement des principales institutions chargées des relations du travail, mais il est ensuite revenu sur sa décision après des protestations syndicales. Tentative dabolition des institutions chargées des relations du travail Le 16 novembre, le gouvernement a dévoilé son budget pour 1999, lequel ne prévoyait aucune enveloppe financière pour les principales institutions chargées des relations du travail, y compris le comité tripartite national, le conseil de prudhommes et la cour darbitrage, le bureau des salaires minimums, le bureau de lenregistrement des sociétés et le conseil national de la formation.
La centrale nationale, la PNGTUC, a organisé un arrêt de travail le 19 novembre et avait décidé de faire grève si le gouvernement napportait pas de modifications au budget. Le gouvernement a fait marche arrière et a octroyé un financement aux institutions concernées.
Restriction au droit à la négociation collective Le gouvernement peut annuler les sentences arbitrales et invalider les accords salariaux sils sont contraires à la politique du gouvernement ou à lintérêt national. Le gouvernement a indiqué à lOIT que ces deux lois étaient sur le point dêtre révoquées. La législation du travail du pays est actuellement en cours de révision.
La PNGTUC a déclaré que le gouvernement avait lintention damender la loi sur le travail afin de permettre aux employeurs dintroduire unilatéralement, dans lensemble des secteurs industriels, un système de salaire à la pièce dans le cadre du processus dajustement structurel draconien actuellement en vigueur dans le pays.
Loi sur la sécurité intérieure Aux termes de la loi de 1993 sur la sécurité intérieure, le gouvernement peut incarcérer des personnes et interdire des organisations jugées contraires à lintérêt public. La police dispose de pouvoirs illimités lui permettant darrêter des personnes sans chef dinculpation, de les détenir sans jugement et de perquisitionner sans mandat. La loi a également inversé la charge de la preuve de telle sorte quune personne accusée doit faire la preuve de son innocence. La centrale syndicale PNG a décrit la loi comme une menace pour la démocratie et les droits syndicaux. Population: 69.282.000/ Capitale: Manille/ Conventions de loit ratifiées: 105-87-98-100-111-138 Les zones franches dexportation, les zones industrielles spéciales et les centres industriels régionaux appliquent la règle selon laquelle « pas de syndicat, pas de grève ». Les zones franches dexportation - Pas de syndicat, pas de grève Les syndicats sont extrêmement rares dans les zones franches dexportation, dans les zones spéciales et dans les centres industriels régionaux toujours plus nombreux.
Bien que la législation du travail sapplique à ces zones, qui emploient environ 175.000 personnes, elles obéissent à la règle « pas de syndicat, pas de grève », mise en oeuvre par les investisseurs étrangers, ladministration locale et les administrateurs des zones. Comme ailleurs, les travailleurs de ces zones sont de plus en plus employés sur la base de contrats à court terme. Cette pratique sest encore accentuée en 1998 sous le prétexte de la crise économique, ce qui a permis aux employeurs demployer du personnel en sous-traitance sans devoir assumer dobligations envers eux. En outre, ces employés ne bénéficiaient pas de droits syndicaux.
Les pratiques antisyndicales dans les zones vont de lintimidation du personnel aux menaces de licenciement et de fermeture de lusine. Les entreprises préfèrent souvent déménager plutôt que de permettre létablissement dun syndicat. Les responsables et recruteurs syndicaux sont licenciés et victimes de discriminations. Ils sont également mis sur des listes noires dans les autres sociétés. Les rassemblements de travailleurs sont souvent empêchés, hormis sur le lieu de travail.
Les autorités neffectuent que peu dinspections. Le ministère du Travail se montre peu enclin ou inapte à faire appliquer la loi dans ces zones. Des syndicats homologués dans la zone de Cavite Dans la zone franche industrielle de Cavite, près de Manille, neuf syndicats ont été homologués en 1997 en dépit de la règle « pas de syndicat, pas de grève » et deux conventions collectives au moins ont été signées. La zone emploie quelque 35.000 travailleurs dont 75 pour cent de jeunes travailleuses. Les usines sont principalement des sociétés coréennes, japonaises, taïwanaises et allemandes. Lors de lembauche, les travailleuses doivent signer un document précisant quelles acceptent dêtre licenciées si elles se marient. Les licenciements de travailleurs syndiqués, les heures supplémentaires obligatoires et les conditions de travail déplorables y sont monnaie courante. Encore plus de zones sans syndicats Les syndicats sont absents de la zone franche industrielle de Mactan qui occupe près de 21.000 travailleurs. Ces derniers sont surveillés et ne peuvent participer à des rassemblements. Les recruteurs syndicaux nont pas le droit de pénétrer dans la zone. Les syndicats sont également absents dans la zone de Baguio City.
La zone franche dexportation spéciale de Subic Bay a été déclarée « zone interdite aux syndicats ». Un « centre du travail » a été créé. Il serait censé régler les conflits du travail et aider les travailleurs à faire valoir leurs droits. Mais les travailleurs disent quil ne sert quà promouvoir les syndicats dentreprise. Des vigiles ont empêché des inspecteurs du ministère du Travail de procéder à des inspections indépendantes à lintérieur des usines. 1998 - Une percée à Victoria Wave En novembre, la centrale syndicale nationale (TUCP) a déclaré quelle avait mis un terme à linterdiction de toute présence syndicale dans la zone franche privée de Victoria Wave Ecozone à Manille, après la victoire du syndicat du transport PTGWO lors dune élection tardivement homologuée à la Christo Wood Industries. Le recrutement avait débuté en août 1997. Des responsables syndicaux, y compris le président, et des membres du syndicat avaient été licenciés immédiatement après la déclaration du ministère du Travail selon laquelle des élections allaient être organisées.
Il est assez courant que les employeurs sopposent aux demandes syndicales dorganiser des élections dhomologation pour sétablir eux-mêmes en tant quagents des négociations collectives, en licenciant des travailleurs et en détruisant les syndicats dès que les élections dhomologation sont en cours. Des pilotes grévistes licenciés Le 18 juin, Philippines Airlines (PAL) a licencié 660 membres du syndicat des pilotes, ALAP, qui avaient fait grève le 4 juin après que la compagnie eut menacé de mettre à la retraite tous les pilotes de plus de 45 ans. Le personnel au sol et le personnel de cabine du syndicat PALEU ont menacé de faire grève lorsque la compagnie a licencié 1.400 membres du personnel de cabine et 3.400 membres du personnel au sol le 16 juin, en imputant la mauvaise situation financière de la compagnie à la grève des pilotes.
Cette compagnie aérienne, privatisée en 1993, a la réputation dêtre totalement opposée aux syndicats. Précédemment dans lannée, la Cour suprême avait déclaré que la compagnie avait enfreint la loi lorsquelle avait licencié les membres du comité exécutif du PALEA en 1994. Suppression du plan daustérité Le 25 juin, lALPAP a reçu un ordre de reprise du travail daté du 7 juin. Lorsque les travailleurs ont voulu reprendre le travail le lendemain, la compagnie le leur a interdit.
Le 10 juillet, le ministère du Travail a donné lordre dempêcher le personnel au sol de faire grève. Les travailleurs ont défié linterdit et on fait grève le 22 juillet.
Le 26 juillet, un accord a été signé entre le PALEA et la compagnie aérienne lorsque le PAL a retiré son plan daustérité en faveur dun système négocié. Suspension de la compagnie aérienne En août, la compagnie aérienne a été suspendue par lIATA, linstance de réglementation de laviation civile internationale, pour non-paiement de factures. La compagnie avait enregistré des pertes considérables en raison de la crise financière asiatique et dune mauvaise gestion. Signature dun accord Au mois de septembre, la compagnie a offert au PALEA un régime dactionnariat en échange de la suspension de conventions collectives pendant une période de dix ans. Elle a affirmé que lalternative nétait autre que la fermeture. Lorsque le syndicat a rejeté la proposition, la compagnie a annoncé quelle fermerait ses portes le 23 septembre à minuit.
Le président des Philippines est alors intervenu et a amélioré loffre. PALEA a soumis la proposition au vote et ses membres lont rejetée. Après la fermeture de la compagnie, un accord a été dégagé et PAL a pu rouvrir ses portes. Grève interdite En septembre, le ministère du Travail a interdit une grève du syndicat des travailleurs du progrès PTT et du NAFLU et a transmis le litige à la Commission nationale des relations du travail (NLRC) pour arbitrage. Le syndicat avait introduit un préavis de grève au mois daoût concernant essentiellement le licenciement de 249 travailleurs dans le cadre dun programme de réduction du personnel. Le syndicat avait ensuite organisé des actions de protestation nationales le 28 septembre.
Au début du mois doctobre, un membre de la Chambre des représentants du Parlement philippin a introduit un projet de loi relatif à une interdiction temporaire des grèves dans les industries vitales en temps de crise. Lobjectif déclaré était daider le pays à se remettre de la crise économique régionale en préservant lemploi et en garantissant la fourniture des services essentiels. Le président du pays a vivement soutenu le projet de loi. Grévistes attaqués Les travailleurs grévistes sont susceptibles dêtre intimidés par la direction et attaqués par les gardes de la sécurité, en particulier lors des piquets de grève.
Les membres du syndicat du secteur de lhôtellerie et de la restauration, NUWHRAIN, ont fait grève en novembre 1997 à lhôtel Manila Diamond, qui appartient aux Japonais. Plus tôt dans lannée, ils avaient demandé leur reconnaissance en qualité dagent de négociation et avaient souhaité une négociation relative à une convention collective. La direction avait alors commencé à harceler le syndicat.
Lorsque le syndicat a fait grève, la direction a engagé des gardes de sécurité pour aider les jaunes à passer les piquets de grève. Le 10 décembre, 150 gardes de la sécurité ont attaqué des syndicalistes et six de ces derniers ont dû se rendre à lhôpital. La police a assisté à lincident et a arrêté les grévistes après lattaque.
En avril 1998, le ministère du Travail sest déclaré compétent dans le cadre de ce litige et a ordonné la réintégration des grévistes aux mêmes conditions que celles qui prévalaient avant la grève. Toutefois, le directeur de lhôtel a réussi à transformer laccord avant son entrée en vigueur en une « réintégration sur la liste du personnel » ce qui implique le paiement du salaire des travailleurs, mais sans les charges sociales, et noblige pas le patron à les réintégrer.
Plus tard dans lannée, la société a essayé doffrir aux travailleurs un accord financier en vue de les pousser à démissionner, mais ils ont refusé et continuent de se battre pour obtenir leur réintégration. Limitations législatives Un syndicat ne peut se faire enregistrer que sil représente au moins 20 pour cent des travailleurs dune même entité de négociation. La loi impose un nombre de syndicats beaucoup trop élevé pour pouvoir créer une fédération ou une centrale nationale. Les responsables syndicaux doivent être employés dans lentreprise dont ils représentent les travailleurs.
Les ressortissants étrangers ne peuvent ni constituer un syndicat ni y adhérer, sauf dans le cas dun accord réciproque avec leur pays dorigine.
Le ministre du Travail peut imposer un arbitrage obligatoire et ordonner aux grévistes de reprendre le travail si il/elle estime que les grèves sont contraires à lintérêt national.
Les responsables syndicaux peuvent être licenciés et emprisonnés pour une durée maximum de trois ans en raison de leur participation à des grèves illégales.
Les travailleurs du secteur public jouissent de droits de négociation collective limités et ne peuvent pas faire grève. Population: 3.384.000/ Capitale: Singapour/ Conventions de loit ratifiées: 29-98 Les restrictions légales concernant les négociations collectives sont maintenues. Reconnaissance des conventions Les conventions collectives doivent être certifiées par la Cour darbitrage du travail avant de pouvoir entrer en vigueur. La législation précise que la Cour peut refuser une convention collective si elle estime que celle-ci ne contribue pas à lintérêt public, même si aucun rapport nindique que ceci sest déjà produit. La législation limite le champ des matières pouvant faire lobjet de négociations collectives. Les conventions collectives dans les nouvelles entreprises Les conventions collectives signées dans les nouvelles entreprises ne peuvent octroyer des conditions plus avantageuses que les conditions légales minimales fixées par la loi sur lemploi. En 1997, le gouvernement a déclaré que cette disposition serait révisée. Depuis plusieurs années déjà, la centrale syndicale nationale, NTUC, clamait que cette législation était caduque et demandait que le gouvernement la révoque étant donné que des exemptions ont déjà été accordées et que les conventions collectives dans les nouvelles entreprises dépassent souvent le minimum légal. Population: 18.100.000/ Capitale: Colombo/ Conventions de loit ratifiées: 29-87-98-100-111 Des réglementations durgence ont été utilisées pour mettre fin à une grève du secteur postal en 1998. Les syndicats rejettent un projet de loi insatisfaisant La Charte nationale des travailleurs adoptée en 1995, qui garantit et protège les droits dorganisation et de négociation collective, na pas été appliquée.
Un groupe de travail présidentiel a bien été mis en place pour rédiger une nouvelle loi sur les relations industrielles qui devait intégrer les dispositions de la charte, mais le projet de loi a été jugé inacceptable par les syndicats. Un comité spécial tripartite a été créé en 1998 en vue de procéder à une révision du projet de loi. Certains employeurs se sont exprimés contre la mise en uvre de la Charte, et tout particulièrement de sa clause en matière de reconnaissance des syndicats Protection législative inadéquate La législation du travail noblige pas les employeurs à reconnaître les syndicats aux fins de la négociation collective. Les lois protégeant les travailleurs contre la discrimination antisyndicale et contre les actes dingérence des employeurs sont inadéquates et peu appliquées.
Les lois durgence autorisent le Président à déclarer essentiel tout service et à interdire ou mettre fin à une grève. Bien que ne jouissant pas du droit de grève, certains fonctionnaires dEtat font grève quand même. Liberté syndicale réprimée dans les zones franches dexportation La législation du travail nest pas appliquée dans les zones franches dexportation qui emploient quelque 96.000 travailleurs, principalement des femmes. Quiconque essaie de former un syndicat ou de saffilier à un syndicat est licencié et expulsé des zones et la police empêche les travailleurs de se rassembler dans les zones ou aux alentours. Les zones franches dexportation sont étroitement gardées et les organisateurs syndicaux ne peuvent pas y entrer. Les employeurs engagent des agents de sécurité pour surveiller la main-duvre et on aurait relevé également la présence de forces de sécurité paramilitaires privées.
Les salaires et les conditions de travail dans les zones franches dexportation sont fixées par le Conseil gouvernemental des investissements (Board of investments, BOI). Celui-ci préside également les réunions obligatoires de comités paritaires de travailleurs et demployeurs. A la demande des employeurs, les représentants du BOI interviennent dans les conflits du travail de ces zones et agissent souvent de concert avec la police si une grève a lieu. Grèves dans les plantations de thé Près de 400.000 travailleurs syndicalisés des plantations de thé ont fait grève le 6 février 1998 pour exiger une augmentation de salaire. Il y a eu des incidents isolés de violence, du gaz lacrymogène a été utilisé lors dune manifestation à Hatton dans lest de la capitale, Colombo. La grève a pris fin le 13 février, suite à une intervention du gouvernement et à la signature dune nouvelle convention collective couvrant tous les travailleurs du secteur. Règlements durgence utilisés pour mettre fin à une grève Le 24 avril, le gouvernement a déclaré que les postes et les télécommunications (PTT) étaient un service essentiel conformément aux règlements durgence de 1994, afin de mettre fin à une grève du zèle lancée par le syndicat des travailleurs postaux UPTO. La grève avait commencé en mars autour dune liste de 17 revendications du syndicat. Les règlements ont été appliqués le 25 avril avec un déploiement des forces armées et policières dans les bureaux de poste. Les travailleurs risquaient dêtre ramenés au travail par la force, sous escorte militaire, ou arrêtés sils nobéissaient pas à lordre de reprendre la travail. Arrestations et intimidations Le secrétaire général de lUPTO, N.P. Hettiarachchi, son secrétaire général adjoint, Jayaratne Banda, et dix autres personnes ont été arrêtées et détenues dans des postes de police des alentours de Colombo. Un arrêt de travail spontané sest effectué au centre de tri postal principal pour exiger leur libération. Ils ont été libérés sous caution après avoir été interrogés par la police, et ont comparu devant les tribunaux deux jours plus tard. Le magistrat les a acquittés.
Le 30 avril le secrétaire général a été de nouveau arrêté. Il a été libéré sous caution, et laudience de laffaire a été fixée au 24 juillet. Près de 270 travailleurs qui avaient manifesté devant leur lieu de travail ont reçu des notifications signalant que leur poste de travail était à pourvoir. Dautres travailleurs ont été transférés.
Suite à une manifestation du premier mai pour soutenir les travailleurs des PTT, et a un arrêt de travail de deux heures, il a été signalé que le ministère des Postes et Télécommunications avait engagé 300 personnes munies de différentes armes pour se rendre au centre de tri postal principal de Colombo afin dintimider les travailleurs. Accord En mai un accord a été obtenu. Lordre stipulant la qualité de service essentiel a été retiré le 13 mai. La police et larmée ont été retirées des bureaux de poste, les transferts punitifs ont été annulés, et il a été convenu que les grévistes nallaient pas être poursuivis et que les plaintes à leur égard seraient abandonnées. Population: 21.479.000/ Capitale: Taipei/ Conventions de loit ratifiées: Un projet de loi pour autoriser les employés de la fonction publique et les enseignants à former des syndicats na pas encore été adopté. Les droits syndicaux continuent de faire lobjet dimportantes restrictions légales.
Une seule fédération nationale est autorisée La loi nautorise pas plus dun syndicat dans une même zone géographique et une seule fédération syndicale nationale est autorisée sur le territoire. Les autorités ont refusé denregistrer une deuxième fédération en 1994 et ont rejeté un appel de cette décision.
Pas de syndicats pour les employés de la fonction publique ou les enseignants Les employés de la fonction publique, les enseignants et les personnes qui travaillent dans lindustrie de la défense ne sont pas autorisés à former des syndicats ou à y adhérer en dépit dun jugement du tribunal en 1995 déclarant que le droit dorganisation est protégé par la constitution. Le gouvernement a publié un projet de loi en 1996, destiné à amender la loi syndicale et autorisant les employés de la fonction publique et les enseignants à former des syndicats et à établir des syndicats multientreprises. Toutefois, aucun rapport na indiqué que ce projet de loi avait été adopté.
Restrictions légales Aux termes de la loi du travail, les règlements et les statuts des syndicats doivent être soumis aux autorités pour examen. Les syndicats peuvent être dissous par les autorités sils ne satisfont pas aux exigences dagrément ou si leurs activités portent atteinte à lordre public. Le droit de grève est soumis à de nombreuses restrictions, lesquelles rendent difficile la tenue de grèves légales. Les autorités peuvent imposer une procédure de médiation ou darbitrage durant laquelle toute grève est interdite. La loi taïwanaise concernant le droit de réunion interdit les manifestations qui nont pas été approuvées par les autorités. Les travailleurs peuvent être poursuivis en justice et emprisonnés sils organisent des protestations sans autorisation à la suite de différends du travail.
protection inadéquate La protection contre la discrimination antisyndicale est inadéquate étant donné quil ny a pas de dispositions légales réprimant les infractions. Population: 58.700.000/ Capitale: Bangkok/ Conventions de loit ratifiées: 29-105-100 Les tentatives visant à amender la loi sur les relations de travail dans la fonction publique afin de rétablir les droits syndicaux dans ce secteur sont une fois de plus restées lettre morte. Les syndicats sont convaincus que le gouvernement a intentionnellement fait échouer ladoption du projet de loi. Les pratiques antisyndicales se développent dans le secteur privé. Les travailleurs de la fonction publique nont pas le droit de se syndiquer La loi de 1991 sur les relations du travail dans la fonction publique abolit les syndicats dans le secteur public. Elle a privé les syndicats de plus de 200.000 travailleurs à lépoque (aujourdhui 330.000) et a ainsi réduit de moitié le nombre total de membres.
En vertu de cette loi, adoptée sous un régime militaire, les syndicats de la fonction publique sont remplacés par des associations représentant le personnel des entreprises de lEtat qui ne peuvent pas mener de négociations collectives ni faire grève. Ces associations ont un rôle consultatif restreint. Les biens des syndicats ont été transférés à ces associations.
Les associations ne peuvent pas créer de fédérations nationales, ni sallier aux centrales syndicales ou aux syndicats du secteur privé existants. Toutefois, elles ont créé un organe de liaison, le comité du personnel des entreprises de lEtat, bien quil ne puisse assumer aucune fonction syndicale.
Il faut un nombre minimum élevé de travailleurs pour pouvoir créer une association et il ne peut y avoir quune association par secteur.
Les tentatives lancées ces dernières années pour amender la loi de 1991 sont restées lettre morte. Projet de loi de réforme saboté En janvier 1998, un projet de réforme de la loi sur les relations du travail dans la fonction publique amendé par le Sénat, la chambre haute du Parlement, toujours largement influencé par les militaires, a été rejeté par la Chambre.
Le 8 octobre, la Chambre avait adopté une version précédente du projet de loi, laquelle aurait partiellement rétabli les droits syndicaux dans le secteur des entreprises publiques. Toutefois, une disposition y a été ajoutée avant son adoption, permettant ainsi au Sénat de renvoyer le projet au tribunal constitutionnel des questions juridiques, ce qui fut fait le 13 octobre.
Le 12 novembre, le tribunal a déclaré que le projet de loi ne respectait pas la procédure dadoption des projets de loi au Parlement et que son adoption était donc inconstitutionnelle. Le parti au pouvoir avait ajouté une disposition dans le corps du texte du projet de loi lors de son passage devant la Chambre le 8 octobre, contre le voeu et les conseils de lopposition. Le Sénat a considéré que le projet de loi sur les relations du travail dans la fonction publique devenait ainsi un nouveau projet de loi quil navait pas eu loccasion dexaminer. Il a recueilli les signatures nécessaires pour renvoyer le projet de loi devant le tribunal constitutionnel, lequel a donné raison au Sénat.
Aucune des dispositions du projet de loi na été considérée comme inconstitutionnelle, laspect inconstitutionnel résidait uniquement dans lajout dune disposition dans le corps du projet plutôt que dans son préambule. La décision relative à lendroit où il convient de placer cette disposition a été entièrement laissée à la discrétion du gouvernement.
Le SERC a déclaré que le gouvernement avait tenté de saboter le projet de loi. De nombreux observateurs sont convaincus que le gouvernement a effectivement utilisé ce problème juridique pour empêcher ladoption du projet de loi à une période où il accélérait la privatisation des industries de lEtat. Dernière tentative de réforme en suspens Le gouvernement a indiqué quil tenterait une fois de plus de promulguer le nouveau texte de loi. A la fin du mois de novembre 1998, il a réintroduit le projet de loi qui a fait lobjet dune seconde et dune troisième lecture à la Chambre en janvier 1999 et devait passer en première lecture au Sénat le 29 janvier. Des craintes avaient toutefois été manifestées que le Sénat y apporte des amendements importants. Syndicat des fonctionnaires interdit La loi de 1975 sur les relations du travail interdit aux fonctionnaires de se syndiquer. Les fondateurs de syndicats dénués de protection Dans le secteur privé, la loi protège les travailleurs contre toute action antisyndicale discriminatoire, mais elle ne protège pas ceux qui organisent de nouveaux syndicats qui ne sont pas encore officiellement homologués. Dans la pratique, les syndicalistes du secteur privé sont victimes de discrimination et de licenciement arbitraire. Les procès intentés en vue dune réintégration peuvent durer de un à trois ans. Les employeurs peuvent engager dautres travailleurs pour remplacer les grévistes. Autres restrictions Aux termes de la loi de 1975 sur les relations du travail, chaque représentant syndical doit travailler à plein temps dans lusine ou il/elle a été élu(e) pour représenter le syndicat, ce qui empêche les syndicats demployer des syndicalistes élus à plein temps.
Le décret 54, qui a également été introduit par le régime militaire en 1991, oblige les syndicats du secteur privé à faire agréer leurs conseillers par les autorités. Il stipule quun syndicat peut avoir deux conseillers qui doivent être agréés par les autorités tous les deux ans. Le gouvernement peut refuser de leur accorder lagrément. Toute personne agissant en tant que conseiller sans y être officiellement autorisée risque une peine allant jusquà un an demprisonnement.
Le décret prévoit également des modalités de vote strictes en matière de grève.
La loi donne une large définition des « services essentiels » dans lesquels les grèves sont interdites. Le ministère du Travail peut interdire la grève ou ordonner la reprise du travail si la grève « risque de perturber la sécurité nationale ou davoir des conséquences négatives graves sur la population dans son ensemble ».
Des rapports continuent dindiquer que le ministère du Travail et des Affaires sociales est soit réticent soit inapte à mettre en oeuvre la législation du travail. 1998 - licenciements et manifestations La Thaïlande souffre toujours des conséquences de la crise économique régionale et des centaines de milliers de travailleurs ont été licenciés en 1998. En juillet, le gouvernement a estimé que deux millions de travailleurs avaient perdu leur emploi depuis le début de la crise en juillet 1997. Un rapport publié en septembre par la Banque asiatique de développement indiquait que les entreprises réduisaient les salaires plus vite quelles ne licenciaient les travailleurs.
Une violente manifestation des travailleurs a eu lieu en janvier à la société thaïlandaise Summit Auto Parts Industry Co. lorsque la direction a déclaré quelle réduirait les primes. De nombreux travailleurs ont été arrêtés et blessés, la police ayant eu recours à la force pour disperser les manifestants.
En avril, le SERC a menacé dorganiser des manifestations et des arrêts de travail pour protester contre le projet du gouvernement daccélérer la privatisation des industries de lEtat (un élément essentiel de ses mesures de réforme économique). Arrestation de dirigeants syndicaux Le 12 avril, neuf travailleurs de la société Century Textiles Co. Ltd à Samut Prakan près de Bangkok, ont été blessés lorsque 100 policiers ont pénétré dans lusine pour disperser une manifestation pacifique. Les travailleurs faisaient grève depuis deux mois pour obtenir une augmentation salariale et une prime annuelle. Quatre organisateurs de la grève ont été arrêtés. Des membres fondateurs dun syndicat arrêtés En décembre, 16 membres fondateurs du syndicat ont été licenciés à lusine Asia Fiber, après la première réunion annuelle du syndicat. Avec laide du Labour Congress of Thailand, lune des centrales syndicales nationales, le syndicat a déposé une demande auprès de la Commission tripartite des relations professionnelles (LRC), établie par la loi du travail de 1975 pour régler les litiges du travail, afin quils soient réintégrés.
Le LRC a demandé à lemployeur de réintégrer tous les membres fondateurs, mais lemployeur a refusé et a été en appel devant le tribunal central du travail. La décision devait tomber en 1999.
La direction a envoyé un informateur à la réunion générale du syndicat. Bien que le syndicat ait déposé une demande dhomologation auprès du ministère du Travail, il navait pas encore soumis la liste des membres de son comité. Lemployeur a saisi cette occasion pour les licencier tous. Ils nétaient pas protégés par la loi parce que le syndicat nétait pas homologué. Utilisation de la loi à des fins antisyndicales Durant lannée 1998, les employeurs ont de plus en plus eu recours à la loi sur la protection du travail pour interdire des syndicats nouvellement créés. La loi permet à lemployeur de mettre des travailleurs en repos pour la moitié de leur salaire, sans devoir donner aucun motif et sans limite du nombre de jours. Des militants ont été mis en congé à durée illimitée jusquà ce que leur situation financière les oblige à trouver de nouveaux emplois.
A Tedaram, un sous-traitant de Nestlé (Thaïlande), un syndicat a été créé en octobre, une primeur dans le réseau de production thaïlandais de Nestlé. Les treize travailleurs du comité fondateur sont devenus membres du comité exécutif. Peu de temps après, Nestlé a écrit à la société Tedaram pour linformer que les commandes pourraient baisser entre octobre et décembre et quelle devait mettre 22 travailleurs, dont le nom était précisé, en congé illimité avec la moitié de leur salaire. La liste mentionnait notamment les membres du comité exécutif. Finalement, ils ont tous dû quitter Tedaram en raison de difficultés financières croissantes et ils ont cherché de nouveaux emplois. Le syndicat a disparu. De nouvelles restrictions des droits syndicaux en vue Au début de 1999, le gouvernement a publié un projet damendement de la loi de 1975 sur les relations du travail, lequel limitait encore davantage les droits syndicaux fondamentaux. Cette loi noffre pas une protection suffisante contre la discrimination antisyndicale, ne permet pas aux fonctionnaires publics et autres employés de lEtat de se syndiquer, interdit les grèves dans la majeure partie du secteur privé, demande un vote à la majorité des employés pour pouvoir organiser une grève, et impose que les candidats à des fonctions syndicales soient des ressortissants thaïlandais. Population: 61.800.000/ Capitale: Ankara/ Conventions de loit ratifiées: 29-105-87-98-100-111-138 Les violations des droits syndicaux fondamentaux se poursuivent tant dans la loi que dans la pratique. Bien que les fonctionnaires aient désormais le droit de constituer des syndicats, ils ne peuvent pas négocier collectivement ni faire la grève. Les fonctionnaires La constitution turque a été amendée en 1995 de manière à accorder aux fonctionnaires le droit de constituer des syndicats et de négocier collectivement, conformément aux dispositions de la loi de mise en oeuvre.
En juin 1997, la loi a été partiellement amendée en vue de laligner sur la constitution et doctroyer aux travailleurs désignés sous le terme de « fonctionnaires », le droit de créer des syndicats et de sy affilier. Ces changements concernent de nombreux travailleurs manuels, ouvriers municipaux, enseignants, infirmières, policiers, militaires, ainsi que le personnel contractuel. Mais cette loi ne leur accorde pas le droit de négocier collectivement ni de faire la grève.
Avant la légalisation des syndicats des fonctionnaires, plus dun demi million de travailleurs de ce secteur appartenaient à des syndicats non officiels qui avaient fait leur apparition dès 1990.
Le projet de loi de 1998 sur les syndicats de la fonction publique Au début de 1998, le gouvernement a présenté au parlement un projet de loi concernant les syndicats de la fonction publique. Le projet noctroyait pas le droit de négocier collectivement ni de faire la grève et contenait de nombreuses interdictions et restrictions. Il autorisait la négociation collective sans aucun effet contraignant et permettait donc seulement aux syndicats de discuter avec les employeurs au nom de leurs membres. Il stipulait que tout accord devait obtenir lapprobation du Conseil des ministres. Le projet de loi interdisait également le droit dorganiser les fonctionnaires employés dans les forces armées et les gardiens de prison. La violence Au début du mois de mars, lorsque le parlement a entamé le débat sur le projet de loi, la confédération des fonctionnaires, la KESK, a organisé une manifestation nationale à Kizilay Square, à Ankara, en guise de protestation. Le premier jour de la manifestation, la police a déclaré quelle était illégale et a violemment attaqué les manifestants à laide de canons à eau, de gaz lacrymogènes et de matraques. Trente travailleurs ont dû se rendre à lhôpital. Le lendemain, de nombreux membres du syndicat des transports, BTS, ont été arrêtés.
Le projet de loi a finalement été retiré en raison dune large opposition tant en Turquie quà léchelon international. Restrictions aux droits syndicaux Il reste de nombreuses restrictions aux droits syndicaux fondamentaux.
La législation noffre pas une protection suffisante contre la discrimination à légard des syndicats. Des amendes peuvent être imposées aux employeurs qui ne respectent pas les droits syndicaux, mais leur montant est insuffisant pour être dissuasif et la charge de la preuve incombe au travailleur. Les dirigeants syndicaux ne sont pas correctement protégés contre les transferts ou les licenciements.
La loi ne prévoit aucune obligation de réintégrer les syndicalistes licenciés, hormis pour les délégués syndicaux datelier, et linsécurité actuelle au niveau de lemploi contribue à aggraver le manque de protection légale. Selon les syndicats turcs, on estime à plus de 40.000 le nombre de syndicalistes licenciés pour activités syndicales dans 2.000 ateliers entre 1992 et 1998. La centrale nationale, DISK, affirme que des licenciements en raison des activités syndicales ont eu lieu dans 34 pour cent des entreprises. Restrictions à la négociation collective Pour être reconnu comme partenaire de négociation, un syndicat doit représenter plus de la moitié des salariés de lentreprise et dix pour cent de lensemble des salariés du secteur. Certaines sources dinformation ont laissé entendre que les autorités auraient manipulé les chiffres des effectifs pour pouvoir refuser à des syndicats le droit de négocier ou pour les priver de leurs droits en invoquant des irrégularités. Par conséquent, les travailleurs de nombreux secteurs ne sont pas couverts par une convention collective en raison de litiges à propos de la représentation syndicale.
Parmi les autres restrictions à la négociation collective figurent une interdiction à la négociation pour lensemble dun secteur dactivité, une interdiction à la négociation par les confédérations, une limite dune convention seulement à nimporte quel niveau, et un délai de soixante jours pour la négociation. Limitations au droit de grève La loi impose des procédures longues et fastidieuses à titre de condition préalable à la grève. Les grèves sont interdites dans de nombreux secteurs et notamment dans les banques; les études de notaire; les transports; la prospection; la production; lépuration et la distribution deau, de gaz, délectricité, de charbon, de lignite, de gaz naturel et de pétrole.
Les grèves de solidarité, les grèves générales et les grèves du zèle sont interdites.
La constitution turque permet au gouvernement de suspendre une grève pendant un délai maximum de 60 jours pour raison de sécurité nationale, dhygiène ou de sécurité publique. Les syndicats peuvent présenter une requête devant le Conseil dEtat pour obtenir la levée de la suspension. Sils sont déboutés, larbitrage peut être imposé à la fin de la période. LOIT a critiqué le gouvernement en raison dune application abusive de cette loi.
La loi sur les zones franches dexportation a interdit les syndicats dans dix zones franches dexportation pour une durée de dix ans après la création de la zone et impose un arbitrage obligatoire. Autres restrictions La loi sur les syndicats reste trop contraignante et limitative dans ce qui touche aux règlements intérieurs et aux statuts des syndicats. Un obstacle majeur à la création des syndicats réside dans lobligation imposée aux travailleurs de notifier une étude de notaire (ce qui implique le paiement dhonoraires) à la fois pour obtenir lhomologation et pour démissionner dun poste syndical. Il est par conséquent très difficile de modifier leffectif.
Les candidats à des fonctions syndicales doivent avoir travaillé pendant dix ans dans lindustrie représentée par le syndicat.
Les syndicats doivent obtenir une autorisation officielle pour organiser des réunions ou des manifestations et doivent autoriser la police à participer à leurs conventions et à enregistrer les débats. Au cours des dernières années, lEtat a également traîné la centrale syndicale nationale turque Turk-Is devant les tribunaux en prétendant que deux manifestations organisées dans la capitale, Ankara, étaient illégales et a demandé des peines de prison pour les responsables syndicaux. Levée des restrictions aux activités politiques La plupart des restrictions et des interdictions à lexercice dactivités syndicales ont été levées en juin 1997, conformément aux amendements constitutionnels de 1995. 1998 - Les syndicats ébranlés Les syndicats affirment que de nombreuses pertes demplois ont été enregistrées en 1998 en raison du déclin économique engendré par la crise économique mondiale. Au cours des dernières années, les syndicats turcs ont été ébranlés par la précarité et linsécurité de lemploi, notamment dans le secteur de la sous-traitance. Les entreprises ont subdivisé leurs opérations ou ont temporairement suspendu leurs activités pour se débarrasser des syndicats. De nombreux employeurs nont pas payé les contributions de leurs employés à la sécurité sociale. Lemploi sest également développé dans le secteur informel.
Au début du mois de février, vingt fonctionnaires, dont Emrullah Cin, un membre du comité exécutif de la confédération des travailleurs du secteur public, la KESK, des responsables du SES et des syndicats Egitim-Sen à Diyarbakir, Adiyaman, Siirt, et Agri, dans le sud-est du pays, ont été transférés vers différentes villes. Les bureaux du SES et du Egitim-Sen à Urfa ont été fermés par les autorités en novembre 1997. La KESK a déclaré que les autorités essayaient dempêcher lorganisation de toute activité syndicale dans ces villes. Licenciements massifs En février également, le syndicat Lastik-Is de lindustrie du pétrole, des produits chimiques et du caoutchouc de la société de produits chimiques REHAU, à Bilecik, a essayé dorganiser les travailleurs. Cent dix-sept des cent quatre-vingt-quatorze travailleurs ont été licenciés. Le syndicat a porté laffaire devant les tribunaux.
Le syndicat Medya-Sen a déclaré que 46 travailleurs avaient été licenciés au Turkish Daily News, toujours au mois de février, parce quils avaient adhéré au syndicat. Lemployeur a intimidé les travailleurs, a fait pression sur eux et a temporairement fermé la société. Des travailleurs poussés à quitter leur syndicat En mars, dans une tentative de détruire le syndicat Birlesik Metal-Is, le fabricant de bouteilles en verre, Sise Cam San A.S., a offert des sommes importantes aux travailleurs pour les pousser à quitter le syndicat. En octobre, le syndicat Birlesik Metal-Is de lusine de production de câbles de Siemens en Turquie, lusine de Bursa/Mudanya, a déclaré que les travailleurs qui avaient récemment adhéré au syndicat faisaient lobjet de pression de la part de leur employeur afin quils adhèrent à un autre syndicat. Un travailleur qui sy était opposé a été arrêté et 28 autres ont été licenciés, dont 10 dirigeants syndicaux. Durant ce même mois, le fabricant dautomobiles Renault a licencié 20 travailleurs à lusine de Bursa parce quils avaient adhéré au syndicat Birlesik-Is. Dautres travailleurs ont été menacés de licenciement sils nadhéraient pas à un autre syndicat. Autres licenciements de syndicalistes En novembre, le syndicat Gida-Is de la société de produits alimentaires Frigo-Pack, à Inegol/Bursa, a déclaré que 133 membres du syndicat avaient été licenciés et que laffaire avait été portée devant les tribunaux. A la Fondation TEK, Sosyal-Is a affirmé que la négociation sest terminée lorsquun nouvel employeur a repris laffaire et que les travailleurs ont été invités à démissionner du syndicat. 430 travailleurs, dont 300 étaient membres du syndicat, ainsi que 6 délégués syndicaux ont été licenciés.
En décembre, le syndicat Tekstil de la société Zumrut Orme, à Corlu-Cerkezkoy, a indiqué que trois travailleurs avaient été arrêtés en août en raison de leurs activités syndicales, que 220 autres avaient été licenciés et que lusine avait été fermée pendant plusieurs jours. Descente de police Le 15 décembre, la police a fait une descente au siège du syndicat des transports routiers, TUMTIS, affilié à Turk-Is, à Istanbul. Le secrétaire général, Yurdal Senol, a été arrêté, ainsi que dautres responsables dont le secrétaire des finances, Ramazam Atab. Aucune explication na été fournie. La police cherchait le président et dautres dirigeants du syndicat. La police a également fait une descente au bureau du syndicat à Izmir et a fait installer un cordon autour du bâtiment. Arrestations après une grève de la faim En décembre, un tribunal a ordonné aux bureaux de trois sections syndicales de fermer leurs portes à Sanliurfa, au sud-est de la Turquie. Les bureaux ont été mis sous scellés. Quarante-huit membres du syndicat ont également été arrêtés après avoir mené une grève de la faim dans les bureaux du syndicat. Le syndicat avait publié une déclaration demandant un cessez-le feu dans le conflit kurde. Population: 75.200.000/ Capitale: Hanoi/ Conventions de loit ratifiées: 100-111 La Confédération générale vietnamienne du travail (CGVT) est la seule centrale syndicale légale et demeure sous la coupe du parti au pouvoir. Une centrale nationale contrôlée par le gouvernement La relation entre la Confédération générale vietnamienne du travail (CGVT) et le parti au pouvoir est reflétée dans la législation et dans les statuts de la CGVT.
Tous les syndicats doivent appartenir à la CGVT. Il nexiste pas de syndicats indépendants.
Le code du travail de 1995 du Vietnam donnait six mois aux sections régionales de la CGVT pour établir des syndicats dans toutes les nouvelles entreprises et dans les entreprises nayant pas de syndicat. La section locale de la CGVT doit approuver tout syndicat créé par les travailleurs eux-mêmes. En 1998, les autorités de Hanoï ont défini des objectifs relatifs à la création de syndicats dans toutes les entreprises du secteur privé, en coopération avec la section municipale de la CGVT. Le code du travail de 1995 Le code assure la reconnaissance syndicale et la négociation collective, et interdit les actes de discrimination antisyndicale. Si certaines conventions collectives ont été signées, leur portée et leur contenu sont néanmoins limités. Droits de grève limité Le code confère aux travailleurs un droit de grève limité. Auparavant, les grèves étaient interdites, bien que la croissance du secteur privé au cours des dernières années ait conduit les industries à tolérer des grèves pacifiques dans les entreprises à capital étranger. Des grèves peuvent avoir lieu, mais uniquement après plusieurs étapes de procédures interminables. La CGVT ne lance pas de grèves, mais elle intervient souvent pour essayer dy mettre fin.
La majorité, voire la totalité, des grèves sont illégales. La non-application du code entraîne de nombreuses grèves sauvages, en particulier dans le secteur du textile et de la chaussure. Des conflits éclatent également à propos de retards dans le paiement des salaires ou du non-paiement des salaires, de revendications salariales, de rupture de contrat, de piètres conditions de travail, de licenciements abusifs, de longues heures de travail ou encore dexploitation et dhumiliation des travailleurs par des superviseurs étrangers. En 1998, laugmentation du nombre de licenciements en raison de la crise économique régionale a mené à des grèves pour obtenir des indemnités.
En 1997, le gouvernement a accusé les entreprises étrangères dêtre à lorigine dune agitation sociale grandissante et a déclaré que des recherches menées par le ministère du Travail avaient démontré que la plupart des conflits du travail avaient eu lieu dans de petites entreprises, propriétés en tout ou en partie de sociétés de Corée du Sud, de Singapour et de Taiwan. Les statistiques concernant les grèves officielles annonçaient en 1998 que la moitié de toutes les grèves des trois dernières années avaient eu lieu dans des entreprises propriétés de la Corée. Les employeurs étaient responsables de plus de 90% de ces grèves. Les grèves sont interdites dans les entreprises que le gouvernement définit comme des entreprises de service public et dans les entreprises essentielles pour léconomie, la sécurité ou la défense nationale. En 1996, les grèves étaient interdites dans 54 secteurs « clés ». Ces secteurs incluent leau, la production délectricité, les postes et les télécommunications, les transports publics, les transports aériens et maritimes, les banques, les travaux publics, lindustrie gazière et pétrolière, ainsi que la défense et la sécurité nationale.
Le Premier ministre peut suspendre ou mettre un terme à une grève sil estime quelle représente une menace pour léconomie ou la sécurité publique. Les zones franches dexportation Le code est dapplication dans les six zones franches dexportation qui emploient plus de 160.000 travailleurs. Des marins battus jusquà perdre conscience Durant lannée, des rapports ont indiqué que des marins vietnamiens travaillant sur des navires de pêche appartenant à lEtat coréen dans la mer dOman avaient été maltraités et battus. Plusieurs marins travaillant à bord du navire Handoo 201 ont été battus jusquà perdre conscience.
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