CISLEnLigne…
224/991201/JD

"1er décembre, journée mondiale contre le sida" (II)

Harmony

Dans les états-majors des compagnies minières d’Afrique du Sud, on surveille les taux d’infection du personnel au VIH/sida avec presque autant d’attention que l’évolution des cours boursiers.

Bruxelles, 1 décembre 1999 (CISL EnLigne): Les régions aurifères, les "eldorados" sud africains attirent des travailleurs souvent originaires de régions pauvres et reculées ou des pays voisins (Lesotho, Swaziland, Mozambique, etc.). Dans les galeries enfouies parfois à des kilomètres sous terre, le travail est aussi rude que dangereux, mais les salaires bien supérieurs à la moyenne nationale font la différence. Ces travailleurs logent pour la plupart dans des dortoirs et ne retournent que périodiquement dans leurs familles. Dans ce contexte, l’industrie du sexe est florissante et les taux d’infection à VIH croissent de façon dramatique.

Dès le début des années 90, à la demande des syndicats, les groupes miniers ont mis en place des programmes de prévention pour les mineurs incluant la distribution massive de préservatifs, le traitement et le suivi médical des maladies sexuellement transmissibles (MST) ainsi que l’éducation à la santé. Mais cela restait insuffisant. A partir de 1996, dans la ville minière de Virginia, la compagnie Harmony -avec l’aide de différentes organisations nationales et étrangères, ainsi que de l’Union nationale des mineurs (NUM)- a initié un programme plus ambitieux. Les femmes prostituées sont impliquées dans cette nouvelle stratégie de lutte contre le VIH/sida. Certaines d’entre elles sont formées pour servir de relais entre les professionnelles du sexe et le staff médical.

Les résultats sont à ce point encourageants sur le plan médical (baisse de moitié du taux d’infection au VIH) mais aussi sur le plan économique

qu’Anglo-Gold et Goldfields, les deux leaders dans le secteur aurifère se sont joints au programme. Le projet Lesedi, comme on l’appelle aujourd’hui est désormais dirigé par un comité tripartite avec des représentants du gouvernement ,des employeurs et du NUM. Seule ombre au tableau, le marché de l’or qui n’a cessé de se déprécier ces dernières années. Sans la remontée spectaculaire au-delà de 300 $ l’once il y a quelques semaines, c’était la mort programmée pour les mines les moins rentables, des licenciements massifs dans les autres et la renégociation des avantages sociaux conquis à la fin de l’apartheid, c’est-à-dire aussi l’aide aux malades du sida.

Contact: Luc Demaret, Presse CISL, tél.:++32 224 02 12 - GSM++32 476 62 10 18. Pour plus d'informations, visitez notre site internet (Http://www.icftu.org).


Confédération Internationale des Syndicats Libres
Boulevard Emile Jacqmain 155, B - 1210 Bruxelles, Belgique. Pour plus d'informations
Contacter: Luc Demaret au: 00 322 224 0212 - press@icftu.org


CISL en ligne