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GRAND ANGLE

Le Sommet parallèle de la francophonie ,  POUR UN ESPACE FRANCOPHONE A VISAGE HUMAIN.

Par Valérie Michaux/InfoSud Belgique

Pendant que se tenait à Moncton (Nouveau-Brunswick, Canada) le VIIIème Sommet de la Francophonie, un Sommet  alternatif mettait l’accent sur les violation des droits humains et syndicaux, deux thèmes absents de l’ordre du jour du Sommet officiel.

Bruxelles, le 7 septembre 1999 (CISL EnLigne): Dans les sous-sol de l’église du Christ Roi, d’un quartier populaire de Moncton, cinq groupes sociaux, syndicaux et organismes de développement international -parmi lesquels Amnesty International, le Congrès du travail du Canada (CTC), affilé à la CISL, et Oxfam Canada-, ont organisé un " contre Sommet " consacré au développement, face à la mondialisation, et aux droits de l’homme.

L’objectif : " dénoncer l’autre côté de la médaille en Francophonie. Nous voulons soulever certains aspects qui resteront inaperçus des chefs d’Etat : les droits humains et les droits syndicaux ", explique Bertrand Bégin, Représentant du CTC, et  participer ainsi au " développement d’un espace francophone à visage humain, où les intérêts économiques et sociaux de la population seraient la priorité des États membres ". Car actuellement, sur les 52 États membres de ce que l’on nomme désormais l’Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), 35 apparaissent sur la liste noir d’Amnesty International et, selon Reporters sans Frontières, 15 ne respectent pas la liberté d’expression.

et les travailleurs…

Le problème de la violation des droits syndicaux était également à l’ordre du jour du Sommet parallèle. Jean Oulatar, responsable de la coordination de la Francophonie syndicale à la CISL, y a d’ailleurs rappelé que les droits des travailleurs reconnus par les conventions internationales, telles que celles de l’Organisation internationale du travail (OIT) sont régulièrement violés, notamment dans les pays d’Afrique de l’Ouest membres de l’espace francophone. Ainsi par l’intermédiaire du CTC, la CISL demande que " la Francophonie institue une place pour les syndicats comme cela existe déjà pour les employeurs avec le Forum francophone des affaires ".

Le Sommet parallèle n’avait certes pas la prestance ni l’envergure du Sommet officiel : pas de mesures de sécurité, ni de réceptions officielles mais, organisé en marge d’un Sommet où les problèmes du respect des droits de l’homme ont déchaîné les passions, il n’est pas passé inaperçu. La presse canadienne l’a largement suivi, la presse internationale s’en est emparé également et Don Boudria, le ministre canadien de la Francophonie par intérim, a reçu la coalition et promis de remettre leur déclaration aux différentes délégations. " Pour nous, c’est une première étape importante ", explique Gilles Halley, de l’ONG " Développement et Paix ", un des cinq organismes de la coalition. " Ce qui importe, c’est que nos revendications circulent ".

Intégration au Sommet

Dans leur document final, les groupes sociaux, syndicaux et les organisations non gouvernementales ont demandé à être associés de manière significative aux prochains Sommets de la Francophonie. " Mais pas n’importe comment ", souligne Anne Sainte-Marie, porte-parole de la section canadienne francophone d’Amnesty International. " Nous n’accepterons pas qu’on nous fasse une place dans le Sommet officiel pour nous empêcher d’organiser un Sommet parallèle. Ce que nous souhaitons, c’est que la société civile soit intégrée à la Francophonie par l’intermédiaire de nos organisations, comme c’est le cas aux Nations unies ou au Commonwealth par exemple, où Amnesty International a un rôle d’observateur. Tant que nos revendications ne seront pas entendues, nous continuerons à mettre en place de telles initiatives ".

La question reste de savoir de quelle marge de manœuvre disposeront ces organisations lors du prochain Sommet, qui doit se tenir à Beyrouth. Car force est de constater qu’un tel projet aurait été inconcevable il y a deux ans à Hanoi, où le seul membre d’Amnesty International était alors sous les verrous!


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