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La CISL se porte partie civile contre Pinochet

Bruxelles, le 24 novembre 1998 (CISL Enligne): La CISL, dont le siège est à Bruxelles, annonce aujourd’hui qu’elle se constitue partie civile devant la justice belge pour contribuer, nombreuses preuves à l’appui, à la répression des crimes contre l’humanité perpétrés par l’ancien dictateur chilien, détenu à Londres.

Cette plainte concerne des faits d’une extrême gravité commis contre des syndicalistes au Chili à partir du 11 septembre 1973, date du coup d’état militaire. "Des centaines de syndicalistes démocratiques furent en effet arrêtés pendant la dictature de la junte militaire, et des dizaines d'entre eux furent torturés ou assassinés ou encore disparurent après leur capture par l'ancienne police politique chilienne, la DINA", explique la CISL.

Comme en attestent les rapports d’activités de la CISL, publiés en 1975 et 1979 à l’occasion de ses 11ème et 12ème Congrès mondiaux, l’une des premières décisions de la junte fut de dissoudre la principale organisation syndicale du pays, la Central unitaria de Trabajadores (CUT) du Chili. Dès ce moment et jusqu’en 1978, de très nombreux syndicalistes furent arrêtés puis torturés ou soumis à des traitements cruels, dégradants et inhumains. De très nombreux syndicalistes furent également condamnés à mort par des juridictions d’exception en vertu de procédures sommaires, sans possibilité d’appel, et exécutés. Beaucoup d’autres ont également été assassinés extrajudiciairement ou en vertu d’une "loi sur le délit de fuite". De nombreux autres furent également victimes de disparitions forcées, ou condamnées à l’exil interne ou forcés de quitter le pays.

Pour étayer ces accusations, la CISL se réfère aussi au Rapport sur la "Situation syndicale au Chili" de la Commission d’investigation et de conciliation (CIC) de Bureau international du travail, achevé en mai 1975. Ce sont les nombreuses plaintes, témoins à l’appui, déposées dès le coup d’état en 1973 par la CISL ainsi que d’autres organisations syndicales internationales auprès du Comité de la liberté syndicale (CLS) du BIT qui sont à l’origine de la saisine de la CIC par le Conseil d’administration du BIT. Après enquête sur place, et notamment rencontres, parfois sur leurs lieux de détention, de nombreuses victimes de la répression antisyndicale, la CIC avait repris dans son rapport l’essentiel des allégations contenues dans les plaintes déposées par les organisations syndicales, ainsi qu’en annexe une liste de noms de plusieurs centaines de dirigeants syndicaux assassinés, torturés, détenus, disparus ou encore contraints à l’exil. Dans ses conclusions et recommandations, la CIC avait constaté un nombre très élevé de mesures répressives contre les syndicalistes.

Cette plainte devant la justice belge s’inscrit dans "la volonté de la CISL de faire absolument tout ce qui est en son pouvoir afin que la justice suive sont cours et que le Général Pinochet réponde de ses crimes devant les tribunaux", a déclaré Bill Jordan, le Secrétaire général de la CISL, qui, au lendemain de l’arrestation du général, avait également mis en garde les organisations affiliées de la CISL face à ce qu’il considère comme "la menace à peine voilée de voir les intérêts commerciaux et une soi-disant raison d’état prendre le pas sur le droit international et la moralité publique".

Quelle que soit la décision que les cinq lords britanniques chargés de statuer sur l’immunité accordée à Pinochet rendront publique demain, la CISL considère que cette plainte est une démarche importante du fait, d’une part, de sa portée symbolique et du fait, d’autre part, qu’elle s’inscrit dans les efforts entrepris par la CISL pour promouvoir une justice pénale internationale. Depuis 1997, La CISL soutient le projet de création d’une cour pénale internationale de justice.

Contacts:

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Département droits humains et syndicaux CISL (Janek Kuczkiewicz), tél.:++32 2 224 02 01 (Bruxelles).


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