CISL EnLigne
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Deuxième grève générale au Zimbabwe, nouvel appel au dialogue de la CISL
Bruxelles, 18 novembre 1998 (CISL EnLigne): Le Zimbabwe est à nouveau paralysé ce mercredi (18 novembre) par une grève générale, la deuxième en deux semaines, observée à l'appel de la Confédération des syndicats zimbabwéens (ZCTU) qui réclament des augmentations de salaires, des suppressions de taxes et l'annulation des augmentations des prix des carburants.
Dans un message adressé ce jour au Président Robert Mugabe, la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) exprime son soutien inconditionnel au ZCTU qui, selon elle, "exprime les préoccupations légitimes des travailleurs et travailleuses du Zimbabwe". La Confédération internationale prie instamment M. Mugabe d'intervenir pour faciliter l'ouverture de "négociations sérieuses et authentiques avec le mouvement syndical" qui fait preuve, souligne-t-elle, d'un sens aigu des responsabilités et jouit de par son esprit constructif d'une estime dépassant largement les frontières du pays.
La CISL réclame aussi des mesures pour éviter toute répression rappelant que la grève de la semaine dernière avait fait un mort et plusieurs blessés au cours d'une intervention musclée de la police à Mutare ( dans l'est du pays, à proximité de la frontière mozambicaine).
Comme mercredi dernier, les zones industrielles et les chantiers de Harare sont aujourd'hui déserts, les banques fermées et la majorité des petits commerces ont tiré leur rideau de fer. Dans les autres grandes villes du pays, Bulawayo (sud-ouest) et Mutare la situation est semblable. Les forces de sécurité, armée et police, patrouillent dans les rues des principaux centres pour prévenir tout incident. Forte de 400.000 adhérents, la ZCTU démontre une fois de plus que sa capacité de mobilisation dépasse largement le nombre de ses membres et que ce sont des pans entiers de la population qui soutiennent ses revendications
La grève générale a d'ailleurs provoqué, pour la première fois, une alliance objective entre la ZCTU et l'Institut des Directeurs (IOD - patronat) qui estiment tous deux que le président Robert Mugabe est responsable du déclin économique du pays.
Les deux organisations critiquent également l'intervention coûteuse du Zimbabwe dans la guerre en République démocratique du Congo (RDC) aux côtés des forces de Laurent-Désiré Kabila alors que la population souffre d'une dégradation de ses conditions de vie.
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