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Nouvelles augmentations de prix et nouvelles grèves au Zimbabwe
Bruxelles, 9 novembre 1998 (CISL Info): Les travailleurs zimbabwéens observeront chaque mercredi à dater du 11 novembre une grève de 24 heures tant que le gouvernement ne sera pas revenu sur la hausse de 67% du prix du fuel, décrétée début novembre. C'est ce qu'a décidé samedi 7 novembre le Congrès des syndicats du Zimbabwe (ZCTU) qui exige que l'augmentation du fuel soit levée jusqu'à ce que le gouvernement ait pu discuter un rapport faisant état de corruption et de fraude au Conseil national du Pétrole du Zimbabwe.
Par ailleurs le ZCTU maintient sa demande d'une revalorisation salariale générale de 20% afin de compenser les augmentations récentes des prix des principaux produits de consommation. Le mois dernier, le gouvernement a en effet relâché son contrôle sur les prix, permettant au secteur privé de procéder à des hausses atteignant en moyenne 40% sur les denrées y compris la farine de maïs, nourriture de base de la population.
"Nous allons observer une grève tous les mercredis, commençant cette semaine, a déclaré Morgan Tsvangirai, secrétaire général du ZCTU, et ce jusqu'à ce qu'à ce que tous les problèmes soient résolus".
Le ZCTU rejette les affirmations du gouvernement selon lesquelles les nouveaux prix sont nécessaires pour assurer la viabilité des entreprises et pour compenser la chute de la devise locale qui a perdu plus de 50% de sa valeur par rapport au dollar américain, et ce, en moins d'un an. Pour le ZCTU les problèmes économiques que connaît le pays proviennent d'abord de la mauvaise gestion des affaires.
Déjà en mars dernier, une majorité des travailleurs du pays étaient restés chez eux pendant deux jours à la suite d'un appel à la grève lancé par le ZCTU. Le syndicat protestait contre une hausse de la TVA de 2,5%. Ce prélèvement avait pour but de financer les promesses de pension qu'a faites le Président Robert Mugabe aux quelque 45.000 anciens combattants.
Alors que le ZCTU compte 400.000 membres, sa capacité de mobilisation dépasse largement le nombre de ses cotisants. Lors des grèves de décembre 1997 et mars 1998, les observateurs estimaient que les huit dixièmes des 2 millions de travailleurs que compte la population active du secteur formel dans le pays avaient suivi les mots d'ordre de la centrale.
"Nous considérons les augmentations salariales comme des mesures temporaires, a indiqué ce week-end Morgan Tsvangirai". "Ce que nous souhaitons c'est nous asseoir autour d'une table avec le gouvernement et les employeurs afin de trouver des solutions à long terme aux problèmes que traverse le pays", a ajouté le dirigeant syndical.
Il reste à savoir si le gouvernement du Président Mugabe, de plus en plus critiqué pour son incompétence économique et son autoritarisme, saura cette fois saisir l'offre du dialogue. L'an dernier Morgan Tsvangirai a été victime d'un attentat après la première grève générale. Lors de la grève du mois de mars, les locaux du ZCTU à Bulawayo avaient été détruits par un incendie et des journaux faisaient même état d'un plan visant à "délégaliser" la centrale syndicale...
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