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Une semaine pour les jeunes, avenir du syndicalisme (5)

Le 30 octobre a été déclaré journée mondiale d'action pour les jeunes travailleurs et travailleuses. A cette occasion la CISL et l'Union internationale des jeunes socialistes (IUSY) ont lancé des initiatives dans plus de cent pays visant à promouvoir les droits des jeunes au travail. CISL EnLigne, le service de dépêches de la CISL, distribuera tout au long de cette semaine des articles sur la situation de jeunes travailleurs. Pour vous joindre à cette campagne visitez notre page jeunesse.

Philippines
(Par Natacha David)

Bruxelles, 5 Novembre 1998 (CISL EnLigne): "Les employeurs utilisent la crise pour licencier des travailleurs à leur guise. C’est un prétexte qui leur permet de se restructurer à peu de frais. Il y a beaucoup de cas d’employeurs qui licencient des travailleurs sous contrat régulier pour les remplacer peu après par des travailleurs sous contrat temporaire. Cela leur coûte évidemment beaucoup moins cher puisqu’ils ne doivent payer que le salaire mais aucune charge sociale. Aux Philippines, les travailleurs temporaires n’ont pas droit à la sécurité sociale, comme d’ailleurs ils n’ont pas le droit de se syndiquer. Pour les licenciements, les employeurs appliquent la règle: derniers arrivés, premiers partis. Résultat, ce sont les jeunes qui se retrouvent en premier sur le pavé", explique Alex Aguilar, porte-parole du TUCP et chargé des questions relatives à la jeunesse. Alex a rejoint le TUCP après une première expérience de travail marquante dans le secteur du nettoyage, "un milieu de travail très dur, avec des salaires inférieurs au salaire minimum, sans la moindre sécurité d’emploi, et où les gens attendaient beaucoup des syndicats".

"Au point de vue national, le TUCP négocie avec les employeurs pour tenter de limiter l’ampleur des licenciements. Il demande aussi au gouvernement d’allouer des ressources financières à la formation des jeunes car il y a un fossé dramatique entre l’éducation fournie à l’école et la demande de l’industrie. Récemment, le comité jeunesse a lancé une campagne de lettres pour demander au FMI et à la Banque mondiale de dégager des fonds qui soient spécifiquement attribués aux jeunes, particulièrement aux jeunes femmes. On demande aussi au gouvernement de lancer des programmes de créations d’emplois sur base d’activités à forte intensité de main-d’oeuvre pour absorber une partie des jeunes sans emploi".

"Dans les zones franches comme ailleurs, ce sont les derniers, ou plus souvent les dernières engagées qui sont renvoyées les premières. Les jeunes femmes (18-25 ans) y représentent 90% de la main-d’oeuvre. Les employeurs les préfèrent pour leur grande dextérité et aussi parce qu’elles leur paraissent plus passives, moins susceptibles de chercher à se battre pour améliorer leurs salaires et obtenir des avantages sociaux. Le TUCP a mis sur pied une équipe formée de jeunes femmes spécialisées pour organiser les zones franches. La stratégie est originale en ce sens que l’on n’organise pas sur le lieu de travail même mais on contacte les travailleuses dans leurs foyers. Après le travail, on fait du porte à porte. C’est plus difficile mais on n’a pas le choix, on doit s’adapter à la réalité du terrain. Et cela marche! Malgré les très nombreuses restrictions à la syndicalisation des zones franches, on est parvenu en deux ans à y créer 27 syndicats.Il n’en existait aucun auparavant".


Confédération Internationale des Syndicats Libres
Boulevard Emile Jacqmain 155, B - 1210 Bruxelles, Belgique. Pour plus d'informations
Contacter: Luc Demaret au: 00 322 224 0212 - press@icftu.org


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