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Equateur: quatre morts au cours d'une grève générale

Bruxelles, 2 octobre 1998 (CISL EnLigne): Quatre personnes ont été tuées jeudi en Equateur dans des affrontements au cours d'une journée de grève et de protestation contre une série de mesures économiques décrétées par le gouvernement. La police a par ailleurs procédé à 90 arrestations.

La grève avait été lancée à l'appel de la Confédération équatorienne des syndicats libres (CEOSL), affiliée à la CISL, ainsi que d'autres centrales syndicales regroupées dans Front Unitaire des Travailleurs (FUT).

Les grévistes et les manifestants souhaitaient protester contre un programme économique décidé le 14 septembre par le président chrétien-démocrate Jamil Mahuad, au pouvoir depuis le 10 août, prévoyant notamment la suppression des subventions publiques pour le gaz, l'électricité et le gazole, ainsi qu'une dévaluation de 15% de la monnaie nationale, le sucre.

Selon les syndicats, ces mesures ne profiteront qu'aux secteurs financiers et aux multinationales, alors qu'elles provoqueront un approfondissement des inégalités dans le pays.

Si la capitale, Quito, est restée relativement calme, les villes côtières de Guayaquil, Portoviejo (sud-ouest) et Esmeraldas (180km au nord-ouest de Quito) ont connu de violents incidents.

A Guayaquil, les organisateurs ont dénoncé la répression orchestrée selon eux par la police et les militaires qui n'ont pas hésité à utiliser leurs armes contre une manifestation populaire. Un homme a été tué par balle lors des affrontements dans la ville portuaire, alors qu'à Esmeraldas un étudiant et une ancien responsable politique ont trouvé la mort dans des circonstances encore non élucidées. Par ailleurs, un policier a été tué dans l'explosion d'un engin dans une caserne de Portoviejo (240km au sud-ouest de Quito).

La CISL était intervenue fin septembre auprès du Président Mahuad pour exiger que des mesures soient prises afin d'éviter toute provocation policière au cours de la grève et des manifestations. La Confédération avait dénoncé l'utilisation de gaz lacrymogène et l'arrestation de 35 étudiants au cours de réunions qui avaient suivi l'annonce des mesures gouvernementales le 14 septembre. Elle avait également protesté contre l'attaque dont avait été victime le 4 septembre le Président de la CEOSL, José Chavez Chavez, qui avait été intercepté par un groupe d'hommes en uniformes de police et délesté de ses documents et de son portefeuille.

Aujourd'hui un calme relatif régnait dans le pays.


Confédération Internationale des Syndicats Libres
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