CISL EnLigne…
207/011098/DD

La semaine syndicale internationale : 24-30 septembre

Bruxelles, ler octobre 1998 (La CISL en ligne) : Voici un sommaire des principales nouvelles syndicales de la semaine dernière. Les numéros à la fin des paragraphes vous renvoient à la communication en ligne se rapportant au sujet en question.

Belgique/demandeurs d’asile : La CISL a dénoncé les méthodes utilisées pour l’expulsion forcée de demandeurs d’asile et a joint sa voix aux nombreuses manifestations d’indignation suscitées par la mort de Semira Adamu, une jeune femme nigériane qui luttait pour ne pas être expulsée de Belgique par un vol Sabena, et qui est morte après avoir été asphyxiée par un coussin maintenu sur son visage alors qu’elle avait également les mains menottées. En 1997, la Belgique a effectué 3860 rapatriements et des sources officielles ont confirmé que la technique du coussin était fréquemment utilisée. Le Comité des femmes de la CISL a déclaré que les techniques utilisées pour le rapatriement forcé de Semira Adamu constituaient une violation de la Déclaration des Nations Unies sur la violence contre les femmes (En ligne 198).

Colombie : La CISL soutient la grève des employés de l’Etat : 100.000 employés de la fonction publique sont partis en grève les 22 et 23 septembre pour protester contre le programme d’austérité du gouvernement. La grève de 48 heures, convoquée par la CTC, la CUT et la CGTD ainsi que par la confédération des personnes retraitées, a paralysé les tribunaux, les établissements scolaires et les hôpitaux du pays. Les syndicats réclamaient des augmentations salariales pour compenser l’inflation de 18,5 pour cent et demandaient que le gouvernement renonce aux plans d’introduction d’une TVA de 15 pour cent sur certains articles alimentaires. La CISL a envoyé une lettre au président colombien Andres Pastrana lui demandant d’entamer des négociations avec les syndicats (En ligne 201).

Equateur : La CISL proteste contre la répression gouvernementale : La CISL a écrit au Président Jamil Mahuad concernant la répression exercée contre la population, et notamment contre des syndicalistes, à la suite des protestations contre les mesures économiques du gouvernement. Le 14 septembre, la police a interrompu une manifestation en utilisant du gaz lacrymogène et 35 étudiants ont été emprisonnés. La CISL a en outre demandé que le gouvernement ouvre une enquête pour faire la lumière sur l’agression dont José Chavez Chavez, le président de la Confédération équatorienne des organisations syndicales libres (CEOSL) a été victime le 4 septembre. Il a été attaqué et volé par des hommes en uniforme de la police, au cours d’un incident qui s’inscrit dans ce que l’on considère comme une intimidation croissante exercée contre les opposants du gouvernement.

Equateur II : Trois personnes tuées lors de la grève nationale : Trois personnes au moins ont été tuées le ler octobre durant la grève nationale d’un jour et les manifestations de protestation contre les mesures économiques du gouvernement, qui comportent le retrait des subventions octroyées pour le pétrole, l’électricité et le diesel et une dévaluation de 15 pour cent, mesures qui sont entrées en application le 14 septembre. Ce sont la CEOSL et les travailleurs du secteur public, les employés des petites entreprises, les paysans, les étudiants et les enseignants qui avaient appelé à la grève. La CEOSL a accusé le gouvernement d’avoir pris des mesures qui frappent la population au lieu de contrôler ceux qui sont responsables de la crise économique du pays - le FMI, la Banque mondiale et les multinationales.

Malaisie : La CISL réclame la libération des détenus politiques - Au cours d’une réunion avec le premier ministre malaysien, Mahathir Mohamad, le secrétaire général de la CISL, Bill Jordan, a réclamé la libération de tous les prisonniers politiques détenus aux termes de la Loi de sécurité intérieure et la garantie du respect intégral des droits des travailleurs et autres droits humains. Lors de cette entrevue, Bill Jordan a également soulevé le problème du mauvais traitement infligé en détention à Anwar Ibrahim. La CISL a aussi réclamé une réforme structurelle des institutions financières internationales pour assurer un développement économique qui aille de pair avec un progrès social. Lors d’une conférence de presse organisée après la réunion, Bill Jordan a qualifié les programmes actuels du Fonds monétaire international de trop rigides en ce qui concerne les conditions exigées pour les prêts et a déclaré que ces programmes devraient être remplacés par des mesures qui stimulent l’investissement, la création d’emplois et la formation, maintiennent et développent les programmes d’éducation, de soins de santé et de sécurité sociale. (En ligne 204).

Elections en Allemagne : Un bon résultat pour les syndicats : La DGB, la centrale syndicale allemande, et la CISL se sont félicitées de l’élection de Gerhard Schröder comme nouveau chancelier allemand. Dans la période ayant précédé les élections, la DGB avait organisé une campagne sur le travail et la justice sociale qui a, pense-t-on, contribué à amener le changement sur la scène politique allemande. Le secrétaire général de la CISL, Bill Jordan, a écrit à Dieter Schulte, le secrétaire général de la DGB, pour le féliciter du résultat, une victoire qui, a-t-il précisé, profitera selon lui à tous les travailleurs allemands.

Les propositions de la CISL aux réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale : Dans sa déclaration aux réunions annuelles du FMI et de la Banque mondiale, la CISL a fait deux propositions pour qu’une action immédiate soit entreprise concernant le non-paiement des salaires en Russie et la restructuration de l’économie asiatique bouleversée Pour la Russie et l'Ukraine, la CISL propose une nouvelle ligne de crédit à découvert, soutenue à l'échelle internationale, pour les entreprises qui garantissent le paiement des salaires.. Pour ce qui est de l'Asie, la CISL propose la création d’un nouveau fonds international pour injecter un nouveau capital-actions dans les entreprises asiatiques et pour réduire le surendettement. Financé par les gouvernements des pays industriels, le fonds fonctionnerait dans le cadre de la Corporation financière internationale de la Banque mondiale. La CISL a parlé du défi posé au FMI et à la Banque mondiale comme d’une "occasion de moderniser les institutions et les règles qui régissent les marchés financiers mondiaux, afin d’être à la mesure de la mondialisation". (En ligne 202).

La renégociation de la Convention de Lomé : Des discussions ont débuté à Bruxelles sur un nouveau partenariat entre les pays européens et les pays ACP (Afrique, Caraïbes et Pacifiques)étant donné que l’actuelle Convention de Lomé qui régit le système des dispositions commerciales préférentielles entre l’UE et les pays ACP va bientôt expirer. Une nouvelle Convention de Lomé entrera en vigueur en l’an 2000. La CISL, la Confédération mondiale du travail (CMT) et la Confédération européenne des syndicats (CES), craignent que en insistant sur l’intégration dans le marché mondial et en favorisant le secteur privé, les pays ACP n’oublient le progrès social et les aspirations de la société civile. Les syndicats insistent pour que l’on approfondisse la démocratisation des programmes et que l’on exerce une pression pour que le futur partenariat entre l’UE et les pays ACP permette la participation des organisations non gouvernementales, dont les syndicats. Les organismes syndicaux insistent également sur la nécessité d’inclure dans le Préambule de la Convention un engagement de toutes les parties à respecter les droits fondamentaux des travailleurs, tels qu’énoncés dans les sept Conventions fondamentales de l’OIT (En ligne 205).


Confédération Internationale des Syndicats Libres
Boulevard Emile Jacqmain 155, B - 1210 Bruxelles, Belgique. Pour plus d'informations
Contacter: Luc Demaret au: 00 322 224 0212 - press@icftu.org


Dépêches précédentes - CISL en ligne