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La demande du dirigeant syndical mondial à Mahathir Mohamad : libérez sans plus attendre les prisonniers politiques malaisiens
Kuala Lumpur, Malaisie, 30 septembre 1998 (CISL En Ligne) : Bill Jordan, Secrétaire général de la Confédération internationale des syndicats libres, la plus grande organisation syndicale mondiale, a demandé aujourdhui au premier ministre malaisien Mahathir Mohamad, lors dune entrevue personnelle, quil libère tous les prisonniers politiques détenus aux termes de la Loi de sécurité intérieure (ISA) de la Malaisie et assure le respect total des droits des travailleurs et travailleuses et des autres droits humains en Malaisie.
"Cette loi est un retour à lère coloniale et aujourdhui, quarante ans après laccession de la Malaisie à lindépendance, rien ne peut justifier son existence dans la Malaisie indépendante de 1998", a déclaré Bill Jordan.
"La loi de sécurité intérieure prive du droit à un procès équitable, nie laccès des détenus à des avocats et également aux membres les plus proches de leur famille et permet au gouvernement de maintenir indéfiniment des personnes en prison. Elle doit être abrogée durgence et toutes les personnes incarcérées aux termes de cette législation doivent être libérées".
Bill Jordan a tenu ces propos à la fin de la quatrième conférence du Réseau syndical Asie-Pacifique (Asia Pacific Labour Network, APLN) l qui se tient à Kuala Lumpur, où elle est lhôte du Malaysian Trade Union Congress (MTUC), en préparation de la réunion des dirigeants de lAPC là-bas les 17 et 18 novembre 1998.
Les propositions de la Conférence seront discutées au cours dune réunion avec le premier ministre malaisien.
Il est temps de sattaquer aux fonds spéculatifs (hedge funds")
La crise économique et financière mondiale grandissante a été débattue lors de la réunion avec le premier ministre malaisien. Le quasi-effondrement du fonds spéculatif (hedge fund) de la société Long-Term Capital Management (LTCM) la semaine dernière a fait comprendre à tout le monde que si lon continue à laisser aux fonds spéculatifs la liberté de risquer des sommes dargent colossales, en spéculant par rapport aux taux de change des pays qui sont victimes de leurs attaques prédatrices, cette liberté risque de coûter des milliards de dollars aux populations des pays en développement comme la Malaisie et aux contribuables des pays industrialisés qui sont priés de payer le prix de leur échec.
"Une plus grande transparence et une réglementation des marchés financiers avec des ratios obligatoires réserves/avoirs, au niveau international, sont nécessaires", a déclaré le secrétaire général de la CISL, "ainsi quune divulgation des avoirs financiers des fonds spéculatifs comme le LTCM et une taxe Tobin afin que les spéculateurs paient une pénalité fiscale pour leurs transactions en devises étrangères.
Se remettre de la crise asiatique
"Les coûts financiers et économiques en Asie ont signifié une pauvreté accrue pour des centaines de millions de travailleurs et travailleuses asiatiques et pour leur famille et ont gravement sapé le progrès fait au cours de plusieurs décennies de développement économique. De plus en plus denfants sont obligés de quitter lécole et de chercher du travail", a ajouté Bill Jordan. "La réunion des dirigeants de lAPEC à Kuala Lumpur doit adopter durgence des mesures spécifiques pour sattaquer au travail des enfants et développer des stratégies pour éliminer ce fléau".
Les programmes daustérité du FMI ont aggravé la récession et ont contribué au chômage et à lappauvrissement par une hausse des taux dintérêt, des mesures pour déréglementer les marchés du travail et des réductions des dépenses publiques et la privatisation. La conférence syndicale a déclaré que la réunion des dirigeants de lAPEC doit réclamer une réforme structurelle des institutions financières internationales afin dassurer que le progrès économique aille de pair avec le progrès social.
Leurs programmes actuels sont trop rigides dans leur conditionnalité et doivent être remplacés par des mesures pour stimuler linvestissement, la création demplois et la formation, maintenir et développer léducation ainsi que des programmes de soins de santé et de sécurité sociale et éviter la privatisation des services publics essentiels.
LAPEC doit parler aux partenaires sociaux et aux milieux daffaires
LAPEC consulte déjà régulièrement les milieux académiques et le Conseil consultatif des affaires de lAPEC. La CISL croit que pour se sortir de la crise asiatique il faut associer officiellement les syndicats à ces consultations. Au cours des dernières années, les syndicats de plusieurs pays de lAPEC ont été invités à des réunions des groupes de travail de lAPEC. Il faut maintenant que cette participation soit officielle et le Réseau syndical Asie-Pacifique de la CISL, qui représente les syndicats dans la région, doit avoir un rôle reconnu dans les arrangements de lAPEC, par le biais dun Forum syndical de lAPEC.
Les pays de lAPEC doivent décider de donner une dimension sociale adéquate à lAPEC, étant donné que leur obsession antérieure de déréglementation de léconomie narrive pas à réaliser les propres objectifs déclarés de lAPEC "substantiellement les niveaux de vie de tous nos citoyens". La Conférence a réclamé la création dun nouveau groupe de travail de lAPEC chargé de la "Dimension de lAPEC en matière sociale et de lemploi" avec la pleine participation des syndicats et dautres partenaires sociaux.
l LAPLN a été créé en 1995 pour soutenir les syndicats de la région de lAPEC. Il se compose des affiliées de la CISL des 15 pays de lAPEC, ainsi que des Secrétariats professionnels internationaux. Son point de contact est lOrganisation régionale de la CISL pour lAsie et le Pacifique à Singapour.
La CISL compte 125 millions de membres, représentés par 206 organisations affiliées dans 141 pays.
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