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Colombie: La CISLsoutient la grève des fonctionnaires

Bruxelles, le 25 septembre 1998 (CISL En Ligne): Des centaines de milliers de fonctionnaires colombiens se sont mis en grève mercredi et jeudi pour protester contre le programme d’austérité du nouveau Président Andres Pastrana. A l’appel des trois centrales nationales (CTC,CUT, CGTD) et de la Confédération des pensionnés, cette grève de 48 heures a eu pour effet de paralyser le système judiciaire, scolaire et hospitalier .Les services essentiels, tels que les services hospitaliers d’urgence, les télécommunications et la production pétrolière, n’ont toutefois pas été touchés par la grève.

Les syndicats demandent des augmentations de salaires qui tiennent compte des 18,5% d’inflation annoncés par la banque centrale, contrairement au gouvernement qui voudrait les limiter à maximum 14%.

Les syndicats demandent aussi que le gouvernement maintiennent les taux d’intérêt bas et abandonne le projet d’introduire une TVA de 15% sur certains produits alimentaires de base.

Les syndicats entendent aussi s’opposer à la volonté du gouvernement de dégraisser les services publics. Le chômage urbain atteint déjà 18,5%, un record depuis 20 ans, et les dirigeants syndicaux considèrent que toute perte d’emplois publics ne ferait qu’aggraver le mécontentement social grandissant et conduirait des milliers de familles au désastre.

Le gouvernement appelle pour sa part le peuple colombien à la patience et évoque l’ingratitude de l’héritage déficitaire laissé par l’ancien président Ernesto Samper. Le ministre des Finances, Juan Camilo Restrepo, justifie en outre ce plan d’austérité par la crise financière mondiale et l’augmentation des coûts des capitaux étrangers qui rend particulièrement difficile le financement de tout déficit par des capitaux étrangers.

Les syndicats ne l’entendent pas ainsi et avertissent que cette grève de 48 heures pourrait être suivie d’un arrêt de travail illimité à l’échelle du pays si le gouvernement ne revient pas sur son plan d’ajustement fiscal. Les leaders syndicaux affirment comprendre le besoin du gouvernement d’opérer de sérieuses corrections fiscales mais ils refusent que ce soit sur le dos des travailleurs, considérant que les travailleurs, déjà pénalisés par une inflation à deux chiffres et des taux d’intérêt qui flambent, n’ont pas à se sacrifier davantage au vu des scandales de corruption qui ont émaillé les quatre dernières années. Un sondage Gallup publié cette semaine dans un hebdomadaire en vue semble confirmer ce sentiment. 92% des Colombiens sont d’accord avec le fait que la situation économique de leur pays est mauvaise et qu’il faut l’améliorer. Mais 62% des Colombiens interrogés ne sont pas prêts à faire des sacrifices personnels pour soutenir cette économie.

La CISL a pour sa part adressé hier une lettre au président colombien pour manifester son soutien total aux grévistes. La CISL invite le président Pastrana à ouvrir le dialogue avec les centrales syndicales et les fédérations de la fonction publique afin de parvenir à un accord sur les augmentations de salaires qui tienne compte de l’inflation et afin aussi d’éviter de faire grimper le prix des articles de première nécessité, ce qui aurait immanquablement pour effet d’aggraver plus encore la situation des secteurs les plus défavorisés de la société colombienne, déjà durement affectés par la crise économique. La CISL exprime en outre le souhait que les forces de l’ordre adoptent durant les manifestations une attitude qui soit conforme aux principes de droit d’une société qui se revendique de la démocratie.


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