CISL EnLigne
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Réfugiés
Bruxelles, 23 septembre 1998 (CISL EnLigne): La Confédération internationale des syndicats libres (CISL) a joint sa voix au concert d'indignation et de protestation qu'a provoqué le décès, hier, de Sémira Adamu, une demandeuse d'asile nigériane, alors qu'elle était rapatriée de force par les autorités belges.
Sémira Adamu, 20 ans, avait fui son pays pour échapper à un mariage arrangé par ses parents avec un polygame de 65 ans. Elle avait demandé le statut de réfugiée en Belgique, mais sa requête avait été refusée. Hier, 22 septembre, son expulsion, à bord d'un avion de la Sabena a tourné au drame. Alors qu'elle se débattait, son escorte lui a appliqué un coussin sur le visage. Elle s'est effondrée et est tombée dans le coma. Sémira Adamu décédera à l'hôpital où elle avait été emmenée.
Selon la CISL, c'est l'obstination des autorités belges à recourir, malgré les dénonciations continuelles, à des méthodes de rapatriement forcé qui est à l'origine du décès de Sémira Adamu. La Confédération internationale est intervenue auprès du Premier ministre Jean-Luc Dehaene et du ministre de l'Intérieur, M. Louis Tobback, pour exiger une enquête sur les circonstances exactes de la mort de la jeune femme et, une fois établies les responsabilités, "des sanctions sévères contre les personnes qui se seraient rendues coupables de faits répréhensibles".
La CISL rappelle par ailleurs qu'elle était déjà intervenue auprès du Ministre Tobback en août dernier dans ce dossier estimant que "les circonstances dans lesquelles les autorités belges ont refusé le statut de réfugiée à Sémira Adamu semblent constituer une violation des obligations internationales de la Belgique, notamment au titre de la Convention des Nations unies sur l'Elimination de la Discrimination contre les femmes, ratifiée par l'Etat belge et qui garantit en son article 16,§d, le libre choix du mariage".
"L'indifférence des autorités belges envers les dangers encourus à cet égard par Sémira Adamu, et la décision d'expulsion qui s'ensuivit, lui auront été fatales", considère la CISL.
Le Comité des Femmes de la CISL, qui regroupe les structures féminines des syndicats sur les cinq continents, estime, quant à lui, que "les techniques utilisées pour forcer le rapatriement de Sémira Adamu constituent une violation de la Déclaration des Nations Unies sur la violence contre les femmes qui a été adoptée par l'Assemblée générale en décembre 1993 et qui condamne la violence physique perpétrée ou tolérée par l'Etat, où qu'elle s'exerce".
En 1997, la Belgique a procédé à 3.863 rapatriements dont 295 se sont déroulés sous escorte "exceptionnelle" de la gendarmerie, comme dans le cas de Sémira. De nombreuses sources officielles ont confirmé que la "technique du coussin" est fréquente lorsque les rapatriés sont récalcitrants.
La CISL s'associe pleinement à la position adoptée par la FGTB dans cette pénible affaire.
La CISL, dont le siège est à Bruxelles, regroupe 206 centrales syndicales nationales de 141 pays, représentant au total plus de 125 millions de travailleurs et travailleuses dans le monde. La FGTB est l'affiliée belge de la CISL.
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