CISL EnLigne
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Aux yeux des syndicats, lUE par son action commerciale passe léponge sur la mauvaise conduite de la Birmanie.
Bruxelles, le 21 septembre (CISL EnLigne): Des organisations syndicales internationales et européennes (la Confédération internationale des syndicats libres et la Confédération européenne des syndicats) ont dit être stupéfaites de laction prise par lUnion européenne dans le cadre des règles de lOMC afin dobliger lEtat américain du Massachusetts à faire des affaires avec des entreprises qui commercent avec la Birmanie, un pays où le travail forcé institutionnalisé équivaut à "des crimes contre lhumanité", selon un rapport publié le mois dernier par lOrganisation internationale du travail des Nations Unies (OIT).
LUnion européenne a déposé une plainte contre les Etats-Unis devant lOrgane de règlement des différends de lOMC en raison du refus de lEtat du Massachussetts dattribuer des contrats publics à toute entreprise commerçant avec la Birmanie du fait de la situation épouvantable de la Birmanie en matière de droits humains. Selon lEtat du Massachusetts, lentreprise Unilever, sise au Royaume-Uni, et lentreprise allemande Siemens font des affaires en Birmanie, ce qui a motivé le refus de lEtat du Massachusetts de signer des contrats avec ces entreprises. Des multinationales américaines comme le géant de lélectronique, Apple, ont également fait lobjet dune action en justice aux termes de la législation du Massachusetts.
"Si les actions de lEtat du Massachusetts, qui place les droits humains du peuple birman au-dessus des intérêts de quelques sociétés multinationales, contreviennent aux règles de lOMC, alors ce sont ces règles qui doivent être modifiées et non les actions du Massachusetts", sest exclamé Bill Jordan, le secrétaire général de la CISL.
En août de cette année, lOIT a publié un rapport de 400 pages établi par une Commission spéciale denquête sur lutilisation du travail forcé en Birmanie. Ce rapport concluait quil existait en Birmanie un recours important et systématique au travail forcé pour des projets allant du transport déquipement et de munitions pour les militaires à la construction de routes, chemins de fer, ponts et autre infrastructure. Le rapport concluait également que cette pratique "donne souvent lieu à lextorsion de fonds, à des menaces contre la vie et la sécurité des personnes qui refusent dobéir, ainsi quà des sanctions extrajudiciaires contre ces mêmes personnes". Le rapport indiquait que le travail forcé est largement imposé aux "femmes, enfants, personnes âgées, ainsi quaux personnes par ailleurs inaptes au travail".
La publication de ce récent rapport par un organisme onusien a coïncidé avec les mesures de répression prises contre Daw San Suu Kyi et dautres opposants démocratiques du régime militaire en Birmanie, suscitant une vaste condamnation de la part de la communauté internationale et européenne. Les organisations syndicales ont exprimé leur stupéfaction face à la décision de lUE de porter laffaire devant lOrgane de règlement des différends de lOMC. La semaine dernière, le gouvernement britannique a demandé que les pays de lUE examinent de nouvelles mesures destinées à décourager le commerce et linvestissement, et le 11 septembre, le gouvernement autrichien, qui assure pour linstant la présidence de lUE, a publié une déclaration condamnant la Birmanie.
"Cest extraordinaire quune branche de lUE puisse adopter des résolutions condamnant la situation des droits humains en Birmanie tandis quune autre branche de lUE favorise dans le même temps les liens commerciaux des généraux birmans avec dimportantes multinationales", ont déclaré la CISL et la CES.
"LUnion européenne risque dapparaître aujourdhui comme condamnant la répression actuelle des droits humains en Birmanie pour promouvoir les intérêts de sociétés multinationales européennes", précisent-elles.
"Plutôt que de chercher à empêcher les autres de soumettre le régime birman à une nouvelle pression économique, lUnion européenne devrait se féliciter des mesures qui soutiennent les décisions de lUE aux termes de ses propres règles régissant le système de préférences généralisées, décisions qui consistent à suspendre les privilèges commerciaux à la Birmanie en raison de ses violations des droits humains", a conclu Emilio Gabaglio, le secrétaire général de la CES.
Note : Laffaire est portée devant lOrgane de règlement des différents de lOMC à Genève le mardi 22 septembre.
Veuillez prendre contact avec la CISL ou la CES pour obtenir une copie de la lettre des syndicats adressée à Sir Leon Brittan, commissaire de lUE responsable du commerce, et Manuel Marin, commissaire de lUE responsable de lAsie.
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