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Colombie: nouvelles attaques contre des syndicalistes du secteur pétrolier
Bruxelles, 4 août 1998 (CISL Info): La Confédération internationale des syndicats libres (CISL) a été amenée à intervenir une nouvelle fois auprès du Président colombien Ernesto Samper, à quelques jours de la fin de son mandat, pour dénoncer l'enlèvement de deux syndicalistes ainsi qu' un attentat visant le siège d'un syndicat à Barrancabermeja (nord du pays).
Selon la CISL, le siège de Barrancabermeja de l'Union syndicale ouvrière (USO), a été criblé de balles dans la nuit du 29 juillet lors d'un attentat à l'arme lourde perpétré par des inconnus.
Principal syndicat de l'industrie du pétrole, l'USO est dans le collimateur des autorités colombiennes depuis qu'il mène campagne contre la privatisation de l'entreprise d'état Ecopetrol. Dix-sept syndicalistes de l'USO sont actuellement en détention préventive "sous de vagues accusations de liens avec les terroristes", vient de rappeler la Fédération internationale des travailleurs de la chimie, de l'énergie et des mines (ICEM). Selon l'ICEM, 83 travailleurs d'Ecopetrol ont été assassinés au cours des dix dernières années. "Il semblerait que des paramilitaires soutenus par l'Etat et censés protéger la sécurité publique aient été à l'origine de la violence" contre les travailleurs du pétrole, affirme l'ICEM qui fait également pression sur les compagnies pétrolières multinationales implantées en Colombie, à l'instar de BP, "pour garantir que les forces de sécurité ne servent pas à intimider les travailleurs".
Selon la CISL, la répression contre l'USO se poursuit "intensément". Outre l'attentat contre le local de Barrancabermeja, la CISL a condamné l'enlèvement le 27 juillet du dirigeant de l'USO à Casabe, Mario Jimenez, et celui, dix jours plus tôt, d'un responsable régional du syndicat à Sabana de Torres, Alexander Cardona. Ces enlèvements, dont les victimes n'ont toujours pas été retrouvées, seraient à mettre au compte de groupes d'autodéfense bénéficiant de la protection des autorités.
Cette nouvelle vague de répression intervient à la veille de l'intronisation le 7 août du nouveau Président colombien, Andrés Pastana, vainqueur des élections du 21 juin dernier. Au cours de la dernière année du mandat d'Ernesto Samper, plus de 150 syndicalistes ont été assassinés.
Confédération Internationale des Syndicats Libres
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