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Jamaïque: les femmes sont victimes de discrimination et de harcèlement sexuels dans le cadre de leur travail, affirme l’organisation syndicale mondiale

Bruxelles, le 27 juillet 1997 (CISL OnLine): Le gouvernement jamaïquain doit prendre des mesures pour régler le problème de la discrimination et du harcèlement sexuels dans le cadre du travail, affirme la Confédération internationale des syndicats libres dans un rapport complétant la révision de la politique commerciale réalisée par l’OMC.

Le rapport indique que les femmes, souvent des mères isolées, sont utilisées comme main-d’oeuvre bon marché dans la production de bananes et de cannes à sucre (deux cultures d’exportation), ainsi que dans les installations de cailloutage. Elles sont également confrontées au problème du harcèlement sexuel sur les lieux de travail. En outre, dans le secteur de l’éducation, les hommes mariés continuent de recevoir une « allocation de mariage » alors que les femmes mariées ne peuvent pas en bénéficier. L’échec du gouvernement à lutter contre la discrimination a été indiqué à plusieurs reprises à la Commission des experts de l’OIT. Les plus de 18.000 travailleurs des zones franches d’exportation de Jamaïque rencontrent également des difficultés. Bien que, en théorie, la législation du travail du pays soit censée être appliquée, il n’y a pas de syndicat ni de négociation collective dans les zones, probablement en raison de l’opposition manifestée par les sociétés multinationales, et ce sont les « comités d’entreprise » contrôlés par l’entreprise qui traitent les plaintes individuelles, tandis que la direction fixe les salaires et les conditions de travail.

En dehors des zones, les travailleurs des « services essentiels » n’ont pas le droit de faire grève et le gouvernement peut qualifier certains secteurs « d’essentiels » pour mettre fin à des grèves, comme ce fut le cas lors des arrêts de travail dans les mines de bauxite ou dans l’enseignement où le gouvernement eut recours à l’arbitrage obligatoire pour mettre un terme aux grèves. Ceci a engendré des critiques de la part de l’OIT qui a signalé à maintes reprises que la définition donnée par la Jamaïque aux « services essentiels » est trop large.

Les normes fondamentales du travail sont généralement respectées dans les autres domaines et la Jamaïque a ratifié six des sept conventions de l’OIT sur les normes fondamentales. Toutefois, la présence de nombreux enfants vendeurs des rues indique que le gouvernement devrait ratifier d’urgence la convention 138 sur l’âge minimum pour travailler et aligner sa législation sur cette dernière. Les normes internationales stipulent que l’âge minimum pour travailler est de 14 ans, tandis que la législation de la Jamaïque fixe cet âge à 12 ans.

Conformément aux engagements pris lors des réunions de l’OMC à Singapour (1996) et à Genève (1998), la Jamaïque devrait présenter à l’OIT un rapport concernant les mesures politiques et les amendements législatifs adoptés en vue de respecter toutes les normes fondamentales du travail reconnues à l’échelle internationale. Ce rapport sur le respect des droits syndicaux en Jamaïque fait partie d’une série réalisée par la CISL. Il a été préparé avec l’aide de la Confédération jamaïquaine des syndicats, l’affiliée de la CISL dans le pays.


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