CISL EnLigne...
162/160798/DD

Arrestations en Corée: les syndicats du monde entier demandent au gouvernement de respecter la législation internationale et de reprendre le dialogue.

Bruxelles, le 16 juillet 1998 (CISL OnLine): Le gouvernement coréen risque de revenir à la pratique de ses prédécesseurs en violant les normes internationales du travail par le biais du harcèlement et de l’arrestation de dirigeants syndicaux, affirment les organisations syndicales internationales. Elles demandent au gouvernement de respecter les normes internationales du travail, en particulier la convention 87 de l’OIT sur la liberté syndicale, et de reprendre le dialogue et les négociations avec les syndicats à propos des réformes nécessaires à la relance économique.

La Confédération internationale des syndicats libres (CISL) et la Commission syndicale consultative de l’OCDE (TUAC) ont reçu des informations de leurs affiliées en Corée indiquant que le gouvernement a délivré des mandats d’arrêt concernant 45 dirigeants syndicalistes au moins, y compris les dirigeants de la Fédération coréenne des travailleurs de la métallurgie (KMWF). Jusqu’à présent, trois dirigeants syndicaux ont été arrêtés: Jung Yoon-sub, Kung Chong-man et Lee Kyang-keun, et la police a envoyé 400 hommes accompagnés de véhicules, de voitures de pompiers et de tracteurs au siège de la Fédération coréenne des travailleurs de la métallurgie afin d’arrêter son président, Dan Byong-Ho. Il a pu leur échapper et a trouvé refuge dans la cathédrale de Myongdong.

Il semblerait que le gouvernement ait décidé de serrer la vis à la suite d’une grève lancée le 14 juillet par le syndicat KMWF après un rassemblement syndical organisé le dimanche 12 juillet à l’invitation des deux principaux syndicats coréens, la fédération des syndicats coréens (FKTU) et la confédération des syndicats coréens (KCTU). Le mécontentement des travailleurs augmente actuellement en raison de l’incapacité du gouvernement à mettre en oeuvre les réformes nécessaires à la relance économique, comme convenu par la commission tripartite.

Les travailleurs ont été durement frappés par la détérioration des conditions de travail et de vie engendrée par la crise financière et les programmes d’austérité qui s’ensuivirent. Le chômage a triplé depuis la fin de 1997. Les syndicats protestent tout particulièrement contre la manière dont les restructurations ont été menées dans les secteurs financiers (sans accord syndical et sans protection sociale adéquate pour les travailleurs licenciés) et contre les pratiques de travail injustes dans la plupart des entreprises.

La CISL, la TUAC et l’ORAP (l’organisation régionale de la CISL à Singapour), ont protesté auprès du président coréen et ont mis en exergue le danger de retourner aux anciennes méthodes autoritaires et l’existence et l’utilisation permanente d’une législation du travail qui empêche les syndicalistes d’entreprendre des actions syndicales légitimes. L’action du gouvernement porte très nettement préjudice à la promotion de relations du travail saines et valables, précisent les organisations syndicales. Ces dernières suivent l’évolution des choses et, le cas échéant, prendront les mesures qui s’imposent.

De surcroît, les organisations syndicales ont rédigé un courrier à l’attention du gouvernement coréen l’invitant à reprendre en toute bonne foi les travaux de la commission tripartite et à veiller au respect total de la convention de l’OIT sur la liberté syndicale. Les syndicats soulignent que le dialogue, et non le conflit avec la société civile (y compris les syndicats), est la seule manière constructive d’aller de l’avant. La CISL invite également ses affiliées dans 141 pays à protester auprès du gouvernement coréen.


Confédération Internationale des Syndicats Libres
Boulevard Emile Jacqmain 155, B - 1210 Bruxelles, Belgique. Pour plus d'informations
Contacter: Luc Demaret au: 00 322 224 0212 - press@icftu.org


CISL en ligne