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La politique de la Hongrie en matière d’investissements étrangers est stimulée par la discrimination antisyndicale

Bruxelles, 8 juillet 1998 (Info CISL) : "Il semble que le gouvernement hongrois essaie d’attirer des entreprises étrangères en omettant d’appliquer la législation nationale relative aux droits syndicaux", a déclaré Bill Jordan, le secrétaire général de la CISL.

Un nouveau rapport de la CISL sur les droits syndicaux en Hongrie (en anglais) qui vient compléter l’examen des politiques commerciales effectué par l’Organisation mondiale du commerce sur ce pays, révèle différents cas de représailles exercées contre des syndicats par des entreprises étrangères. Le gouvernement semble croire que les investisseurs étrangers seront attirés par la facilité avec laquelle les entreprises étrangères peuvent ignorer les droits des travailleurs et travailleuses.

Dans le secteur privé en expansion, qui inclut un important secteur à capitaux étrangers, de nombreux employeurs exercent des représailles et discriminent des responsables et membres syndicaux (bien que ce soit contraire à la législation nationale qui reconnaît le droit syndical et le droit de négociation collective) ; ils y sont encouragés par le laxisme ou par une application peu empressée de la législation du travail.

Par exemple, l’entreprise américaine United Technologies Automotive Hungary a créé un comité et a nommé ses membres, plutôt que d’autoriser un syndicat ou un conseil de travailleurs, comme spécifié dans la législation du pays. Lorsqu’un groupe d’employés se mit à constituer leur propre syndicat, leurs dirigeants furent licenciés et emmenés chez eux par des gardes de la sécurité. Un tribunal du travail s’est par la suite prononcé en leur faveur et a ordonné leur réinsertion. Toutefois, craignant des représailles, les membres syndicaux ont en fin de compte préféré accepter un paiement de l’entreprise en échange de leur renonciation à leurs droits syndicaux.

Dans un autre cas, des travailleurs qui avaient décidé de partir en grève après l’échec de leurs négociations sur la privatisation avec l’usine de papeterie Piszke à capitaux étrangers, Ferenc Komoroczki, le président de la branche locale du syndicat des travailleurs du papier, fut licencié et empêché d’entrer dans les locaux de l’entreprise. Celle-ci menaça ensuite de fermer l’usine.

Une discrimination contre les femmes existe également en Hongrie. Les femmes gagnent en moyenne 25 pour cent de moins que leurs homologues masculins et dans certains cas jusqu’à 40 pour cent de moins, dans des industries où la main-d’oeuvre est principalement masculine. Plutôt que de traiter cette question, le gouvernement l’a justifiée par cette déclaration incroyablement discriminatoire selon laquelle "les hommes effectuent fréquemment des travaux plus ardus et plus difficiles et les femmes peuvent être responsables de tâches familiales et, de ce fait, on ne peut pas compter sur elles". Ce propos est particulièrement ironique si l’on sait que le gouvernement est responsable d’une réduction de 30 pour cent des garderies d’enfants entre 1994 et 1996.

Il est en outre évident que les femmes sont également les premières visées par le dégraissage dans le secteur de l’éducation. Les femmes figurent de manière disproportionnée au nombre des 10.000 professeurs d’université licenciés dans le cadre des réductions gouvernementales dans l’enseignement supérieur.

De l’avis de la CISL, le gouvernement hongrois doit appliquer des mesures qui garantissent aux travailleurs et travailleuses le droit de s’organiser; il doit également améliorer l’inspection du travail et augmenter les amendes pour les employeurs qui ne respectent pas la législation du travail. En outre, le gouvernement doit appliquer les recommandations de l’OIT pour s’attaquer au grave problème de la discrimination en Hongrie, et doit améliorer la législation relative à l’égalité de rémunération.

La CISL demande à l’OMC de veiller à ce que le gouvernement hongrois tienne les promesses qu’il a faites à l’OMC de respecter les normes fondamentales du travail et souligne que l’Organisation internationale du travail doit l’aider dans cette tâche.

Le rapport de la CISL a été élaboré sur la base d’informations fournies par les affiliées de la CISL, la Confédération nationale des syndicats hongrois (MSZOSZ) et la Ligue démocratique des syndicats indépendants (LIGA) et par d’autres sources. La CISL compte 206 organisations affiliées dans 141 pays et territoires, représentant 125 millions de membres.

Pour de plus amples informations, veuillez prendre contact avec James Howard, CISL : ++322 224 0243, ou avec Daphne Davies, attachée de presse : ++322 224 0202.


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