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La réputation de lAustralie entachée par les récentes mesures antisyndicales
Bruxelles, 30 juin 1998 (La CISL en ligne) : "La réputation de lAustralie comme pays qui respecte les normes fondamentales du travail, reconnues au niveau international, a été entachée par les récentes mesures antisyndicales du pays", a déclaré le Secrétaire général de la CISL Bill Jordan, en commentant un rapport de la CISL, paru aujourdhui.
La situation a été à son paroxysme avec les grossières tentatives antisyndicales entreprises contre les dockers australiens, le gouvernement ayant aidé les employeurs à embaucher et former des soldats pour effectuer les travaux de chargement et déchargement sur les docks et ayant ensuite essayé de licencier toute la main-doeuvre en venant tard dans la nuit sur le lieu de travail avec des gardes de sécurité accompagnés de chiens.
Dans un rapport publié par la CISL pour compléter lexamen des politiques commerciales de lAustralie par lOrganisation mondiale du commerce, également publié cette semaine, la CISL demande que lOMC octroie son attention aux infractions du gouvernement australien qui na pas honoré ses engagements lors des réunions de lOMC à Singapour en 1996 et à Genève en 1998 de respecter les normes fondamentales du travail reconnues au niveau international.
En Australie, les relations professionnelles sont réglementées par des lois fédérales et des Etats, ce qui, jusquil y a peu, signifiait une application relativement étendue des normes internationales du travail relatives à la liberté syndicale (Convention 87 de lOIT) et au droit dorganisation (Convention 98). Mais en 1996 un gouvernement fédéral très antisyndical a introduit des contrats individuels exécutoires appelés AWAs (Australian Workplace Agreements) (Contrats demploi individuels).
Ces nouvelles lois entravent les syndicats et limitent le droit de grève, contrevenant clairement à la Convention 98 de lOIT. Au cours de leur première année dintroduction, 14.000 Contrats demploi individuels (AWAs) ont été approuvés et lAustralian Council of Trade Unions (ACTU) (Conseil australien des syndicats) dispose de preuves selon lesquelles les offres demploi dépendent souvent de la signature par les demandeurs demploi de contrats individuels.
Les syndicats ont saisi le BIT de la question. En mars 1998, la Commission dexperts a soutenu leur cas en concluant que les travailleurs nétaient pas protégés contre le licenciement en raison dune discrimination antisyndicale et elle a demandé au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour y remédier. En juin de cette année, la Commission de lapplication des normes de la Conférence de lOIT a une nouvelle fois attiré lattention sur ces critiques.
Dautres questions ont été soulevées à la suite de limplication du gouvernement fédéral en 1997/8 dans un plan destiné à briser les syndicats dans les ports du pays. La CISL demande à lOMC dexaminer le complot du gouvernement avec Patrick Stevedores qui a commencé à embaucher des travailleurs de remplacement, dont certains étaient membres des Forces armées australiennes, et qui les a envoyés à Doubaï fin 1997 pour y recevoir une formation secrète. Ce plan a capoté à la suite des protestations syndicales internationales.
Patrick Stevedores a ensuite essayé, en vain, de licencier toute sa main-doeuvre syndiquée, expulsant les travailleurs de leur poste de travail, en saidant de chiens de combat tard le soir. Ensuite, lemployeur a essayé de recourir aux tribunaux du Royaume-Uni pour empêcher toute action syndicale internationale de solidarité. Cette tentative a été déjouée mais laction légale se poursuit en Australie.
Le rapport signale également des problèmes de discrimination croissante dans les entreprises australiennes. De nombreuses femmes touchent des salaires inférieurs aux hommes pour un travail identique et une segmentation entre hommes et femmes se manifeste nettement sur le marché du travail.
Les aborigènes subissent dimportantes discriminations : leurs revenus ne sont que la moitié du revenu australien moyen et le chômage dans la population aborigène est six fois plus élevé que la moyenne nationale. Les travailleurs migrants, en particulier les femmes, continuent également de souffrir de discrimination au travail.
"Le gouvernement australien devrait faire davantage pour sattaquer au problème de la discrimination au travail, en particulier au moment où le Parti ultraconservateur "One Nation" essaie de retourner en arrière, compromettant ainsi les améliorations qui ont été faites au fil des ans", a déclaré le secrétaire général de la CISL, Bill Jordan.
Le rapport indique que le gouvernement australien devrait ajuster sa législation aux normes internationales et faire des efforts particuliers pour sattaquer à la discrimination. Le rapport demande à lOMC dassurer que le gouvernement australien tienne les promesses faites à lOMC de respecter les normes fondamentales du travail et ajoute que lOrganisation internationale du travail devrait ly aider.
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