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Alors que l'on célèbre cette année le 50e anniversaire de la reconnaissance internationale de la liberté syndicale, la répression qui s'abat sur les militants syndicaux ne montre aucun signe d'accalmie. Plusieurs centaines de syndicalistes ont été tués en 1997 accuse le dernier rapport de la CISL.

Moyen-Orient: démocraties en défaut (VI)

Bruxelles, 12 juin 1998 (La CISL en ligne) : Le Moyen-Orient reste une région où les syndicats libres ne sont qu’une infime exception. Ils sont totalement bannis dans de nombreux pays tandis que d’autres créent des syndicats fantoches sous le contrôle du gouvernement. Cette situation, estime la CISL, crée un régime de relations professionnelles arbitraire et souvent cruel, en particulier à l’égard de la main-d’oeuvre migrante et des gens de maison auxquels on nie souvent les quelques droits dont jouit la main-d’oeuvre indigène.

Le gouvernement libanais, l’un des rares gouvernements arabes à autoriser des syndicats libres, semble avoir perdu son sang-froid face à la campagne menée par la centrale syndicale, CGTL, contre la corruption et la mauvaise gestion: 2.500 soldats ont été déployés durant les élections de la CGTL pour veiller à ce que les "bons" candidats occupent les postes à pourvoir. Pour en être doublement sûrs, les "mauvais" candidats (du point de vue du gouvernement) ont été enfermés durant les élections.

Israël, est une nouvelle fois montrée du doigt par la CISL. C'est la deuxième fois que ce pays est inclus dans le rapport. Mais ce ne sera sans doute pas la dernière si l’on en juge par la situation en 1997. Au cours de la grève générale qui a paralysé le pays en décembre 1997, le ministre des Finances n'a pas hésité à qualifier les grévistes "d’ennemis de l’Etat" et à les comparer à des "bombes vivantes".

Le tribunal national du travail a publié des arrêt ordonnant aux grévistes de retourner au travail et a accusé des responsables syndicaux de la centrale nationale, la Histadrout, d’outrage à la cour pour les avoir ignorés.

Même le recours à l'armée avait été envisagé dans les cercles gouvernementaux, souligne le rapport international. Finalement, une solution négociée est intervenue mais, constate la CISL, "l’attitude du gouvernement israélien a gravement sapé la réputation du pays comme une démocratie et un lieu où les droits des travailleurs sont bien respectés".

Luc Demaret

 

Des chiffres accablants

Citant en tout 116 pays, le rapport de la CISL révèle que 299 syndicalistes ont été tués en 1997. Les cas de violences physiques s’élèvent à 1.681. En 1997, près de 2.400 personnes ont été arrêtées ou détenues en raison de leurs activités syndicales, alors que plus de 50.000 travailleurs et travailleuses ont perdu leur emploi pour le même motif.

290 syndicalistes ont subi des menaces de mort. Trois mille militants ont été placés sous la surveillance de la police et 450 grèves ont été durement réprimées. Plus de 80 pays dressent des obstacles légaux à la liberté syndicale. Ils sont à peine moins nombreux (79) ceux dont les gouvernements s’ingèrent dans les affaires des syndicats.


Confédération Internationale des Syndicats Libres
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