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Alors que l'on célèbre cette année le 50e anniversaire de la reconnaissance internationale de la liberté syndicale, la répression qui s'abat sur les militants syndicaux ne montre aucun signe d'accalmie. Plusieurs centaines de syndicalistes ont été tués en 1997 accuse le dernier rapport de la CISL .

Europe: transition sans rémunération (V)

Bruxelles, 12 juin 1998 (La CISL en ligne) : La Biélorussie, le Kosovo et la Serbie constituent les points noirs du continent européen en matière de liberté syndicale, mais dans beaucoup de pays d'Europe centrale et orientale des millions de travailleurs n'ont plus vu leur salaire depuis des mois.

Le régime dictatorial du Président biélorusse Lukashenko a poursuivi en 1997 sa répression du mouvement syndical indépendant. Arrestations, harcèlement, licenciements ont émaillé la vie des syndicalistes d'un pays où le vent des réformes n'a guère soufflé depuis la chute de l'Union soviétique. Ainsi, en septembre 1997, un décret a été promulgué qui prévoit des sanctions pour infraction à la "discipline du travail", un concept que l'on croyait révolu dans cette partie du monde. Les mineurs qui avaient organisé, à l'appel des syndicats indépendants, une course cycliste pour célébrer le 1er mai, se sont retrouvés au poste de police après avoir été encerclés par plusieurs dizaines de policiers. De nombreux syndicalistes se sont vu infliger des amendes pour avoir violé un décret qui interdit les rassemblements dans les rues. En même temps qu'il réprime les syndicats indépendants, le régime a tenté tout au long de 1997 de placer les syndicats officiels à l'avant-plan.

Au Kosovo, le rapport de la CISL dénonce la répression et les discriminations dont sont victimes les Albanais qui constituent 90% de la population. La CISL estime que 150.000 personnes ont perdu leur emploi, et bien souvent leur logement, à la suite d'une politique de ségrégation menée par Belgrade. Les persécutions à l'encontre des dirigeants et membres du syndicat indépendant, BSPK, se sont poursuivies en 1997.

Véritable fléau dans la plupart des pays en transition d'Europe centrale et orientale, les arriérés de salaires ont atteint des proportions alarmantes. En Russie, estime le rapport de la CISL, vingt millions de travailleurs et travailleuses n'ont pas été payés pendant plusieurs mois. Dans la région de Samara, les syndicats ont intenté, au cours des neuf premiers mois de 1997, pas moins de 2.000 actions en justice contre des employeurs et ont ainsi récupéré l'équivalent de 20 millions de dollars en arriérés de salaires. Des arriérés dont le total atteint la somme astronomique de 10 milliards de dollars pour l'ensemble du pays.

L'Allemagne, la Belgique, la France et la Norvège sont également citées dans le rapport pour des violations de la liberté syndicale. Une bonne note est décernée au Royaume-Uni dont le gouvernement travailliste a levé l'interdiction imposée pendant 13 ans aux syndicats indépendants du centre d'écoute des services secrets britanniques à Cheltenham, le GCHQ. Il reste, s'inquiète la CISL, que toutes les autres lois antisyndicales introduites par les gouvernements conservateurs sont restées dans le code du travail.

Des chiffres accablants

Citant en tout 116 pays, le rapport de la CISL révèle que 299 syndicalistes ont été tués en 1997. Les cas de violences physiques s’élèvent à 1.681. En 1997, près de 2.400 personnes ont été arrêtées ou détenues en raison de leurs activités syndicales, alors que plus de 50.000 travailleurs et travailleuses ont perdu leur emploi pour le même motif.

290 syndicalistes ont subi des menaces de mort. Trois mille militants ont été placés sous la surveillance de la police et 450 grèves ont été durement réprimées. Plus de 80 pays dressent des obstacles légaux à la liberté syndicale. Ils sont à peine moins nombreux (79) ceux dont les gouvernements s’ingèrent dans les affaires des syndicats.


Confédération Internationale des Syndicats Libres
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